mardi 2 février 2010

Eternal Tapestry - The Invisible Landscape

 


http://2.bp.blogspot.com/_AEhPF8GBqVI/SrTaaDRDGoI/AAAAAAAAAXU/ar2etEhUDX0/s400/110157.jpg
 
 
Je comprendrai peut-être pourquoi un jour (ou peut-être pas finalement), mais je me trouve irrésistiblement attiré vers une musique organique (le mot qui revient sûrement le plus souvent sur ce blog, avec hybride, hanté et mélancolique). Une musique organique donc, dans la forme comme dans le fond, qui véhiculerait je ne sais comment des sensations végétales, une odeur de mousse et de flore bourgeonnante. Il est évident que l'artwork y joue énormément, et que mon appréhension de la musique passe aussi, si ce n'est avant tout, par le visuel de l'album. Pensez au crépuscule automnal de Fever Ray ou à la luxuriance humide de Ginnungagap... Cette faculté qu'ont certaines musiques à produire devant mes yeux des paysages, une faune, une flore, parfois beaux et inquiétants, désolés, arides ou éxubérants, voilà que ce que je recherche dans la musique et voilà ce que les mecs d'Eternal Tapestry parviennent à susciter. Pourtant, rien de très suggestif ici, pas de nappes discrètes ni d'ambient éthéré mais un psych rock lourd et ample. Ici, il faudrait s'imaginer un buff bluesy et tribal au milieu d'une clairière... Il fait nuit et seul un brasier au centre du cercle éclaire les musiciens. 
 
 
 
http://oregonmusicnews.com/files/2009/12/EternalTapestry.jpg 
 
Chaque morceau suit le même schéma, se basant sur la répétition inlassable d'un couple basse/guitare sur lequel croissent des soli sinueux à rendre fou le plus sage des stoïciens. Le batteur s'acharne avec hargne et les cymbales résonnent jusqu'à l'acouphène.
Eternal Tapestry parvient à assimiler un héritage psyché, des Who à Grateful Dead tout en réclamant au stoner sa puissance et ses riffs bien gras. Quelle différence avec un groupe comme Om alors? On trouve effectivement des boucles de riffs, des développements flirtant avec l'improvisation  hypnothiques et hallucinogènes, mais Eternal Tapestry choisi l'option de la profusion, du foisonnement. Se mêlent alors aux envolées mystiques d'un Cisneros un capharnaüm proto-punk qu'on sent plus inspiré de Hawkwind que de l'ascétisme d'Om.
 
Ce LP est d'une sauvagerie pure et forestière (!?) qui risque de lacérer encore quelques temps ma trompe d'Eustache.  


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