Affichage des articles dont le libellé est Bile noire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bile noire. Afficher tous les articles

samedi 30 mars 2013

Deathchain - Ritual Death Metal




Les Finlandais sont de retour avec un 6ème album et comme à leur habitude, leurs intentions sont affichées dès son titre. Parce que les mecs ne sont pas obtus, ils ont choisi de laisser de côté les thèmes lovecraftiens un peu surannés dont ils avaient le secret pour se lancer à l'assaut des rites mésopotamiens et de la sumérienne divinité Pazuzu.

En partant, Cthulhu a pris avec lui la plupart des saillies thrash de Deathchain qui en a rapidement fait son deuil à l'aide de riff black metal et d'atmosphères noires comme le doom des origines. Ritual Death Metal est une créature démoniaque qui a décidé de s'appliquer et de prendre son temps pour déployer ses immenses ailes. Le sextet nous surprend même avec une petite intro au piano, du jamais vu chez les mecs qui avaient jusqu'à maintenant tendance à cogner dans le tas sans s'échauffer.

La production est beaucoup plus ample que par le passé, ce qui décevra sûrement les amateurs de death sourd étouffé sous le cul d'un kraken, mais il ne pouvait en être autrement. Il fallait un son digne des ambitions du Rituel, et les Finlandais l'ont parfaitement trouvé. Et puis c'est normal de faire les choses bien quand on reçoit des invités, en l'occurrence un certain Lars Göran Petrov, échappé d'Entombed le temps d'un dru "Like Worms Upon The Land".

Après près de 10 ans d'agression death-thrash, le groupe avait besoin de se renouveler, c'est chose faite avec Ritual Death Metal, et on ne pouvait rêver meilleure mue.

En écoute ici pour un temps limité, l'album est dispo à partir du 5 avril chez Svart Records.

lundi 11 juin 2012

Foetusfoetus présente Lave Noire



www.peterbeste.com

Si je m'autorise parfois quelques écarts sous la forme de mixtape, je tiens vraiment à ce que foetusfoetus demeure un blog de chroniques et rien d'autres. Je tiens aussi à chroniquer autre chose que du black metal, bien que ce style occupe une place de choix dans mon petit <3 tout noir.

Aussi, pour vous faire partager plus de choses de manière plus simple et directe, je vous propose d'aller jeter un oeil de temps à autre sur Lave Noire, un tumblr consacré au metal noir où vous trouverez régulièrement des vidéos ainsi que des stream d'albums de black metal. Tenu par Clémence (c'est elle) et Clément (c'est moi), Lave Noire c'est aussi un compte twitter, parce qu'on est de la Génération Y ou on ne l'est pas enfoiré. 


vendredi 8 juin 2012

Mgła - With Hearts Toward None



Rien de mieux qu'un bon album d'orthodox black metal polonais des familles pour célébrer le retour de la pluie en ce merveilleux mois de juin. Tout le monde le sait, la différence entre un bon groupe de black metal et un mauvais groupe de black metal est ténue. Le bon groupe de BM, il arrive, il crache. (Le mauvais groupe de BM, il arrive, mais il crache.)

Avec Mgła pas de surprise donc. Le duo nous avoine avec un beumeu bien frais, toujours mélodique, que ce soit dans ses cavalcades les plus folles ou dans ses instants de lente souffrance. C'est carré, les boucles harmoniques se répètent à n'en plus finir et le chant bien raw fait le boulot, pour un résultat necro comme on aime. 

On ne va pas se mentir, on se fait vite chier avec With Hearts Toward None, notamment parce que ça manque de folie. Malgré la qualité technique, les compositions bien ficelées et quelques petites prises de risques, on reste dans du primitif, divertissant et même assez plaisant, mais rien de plus.




mardi 3 avril 2012

GGUW - Gegen Gravitation und Willensfreiheit





J'emmerde les chroniques et les chroniqueurs, j'emmerde les descriptions plates et les triviales histoires de production. J'emmerde le black metal et j'emmerde les mecs qui vénèrent Euronymous ou Vikernes comme de nouvelles idoles. Il n'y a pas d'idoles, pas de culte, pas de vernis. Le black metal n'existe pas. Cette musique malade jusqu'à l'os est morte le jour où elle est née. Cette musique était morte avant même d'être née. J'emmerde la Norvège, j'emmerde la forêt, j'emmerde les loups et tous ces clichés. C'est fini la neige, c'est fini les croix inversées pour faire peur à mamie.

La seule vérité de cette musique elle tient dans 3 titres sans nom. J'emmerde le decorum, j'emmerde GGUW, de toute façon on ne les entendra plus. Le seul membre connu de ce putain de projet est mort le 10 mars dernier. Voilà où on en est.





dimanche 20 novembre 2011

Black September - The Forbidden Gates Beyond



Paradoxalement, foetusfoetus est resté bien muet en novembre, alors que derrière grouille un amas d'immondices qui n'attendent qu'une chose : se déverser en ces pages. Trop occupé à rattraper mon retard avant que ne soit venue l'heure des impossibles bilans, j'en ai oublié le principal : LE PARTAGE. La première offrande qui étrenne ses pages de novembre sera donc the Forbidden Gates Beyond, des américains de Black September.

Tout droit venu de Chicago sur son destrier fou, Black September crache en 36 minutes une belle petite horreur, furieuse et bien fuselée. Les deathsters vernisse leur death suédois d'un feeling necro relativement clean (on est loin des prod USBM) en maniant avec un panache un poil insolent l'art du riff qui fait mouche. Épique comme une course de lévriers enragés, TFGB tatane avec intelligence en évitant les surenchères de blast-beat et l'étourdissement de violence pour privilégier mélodie et efficacité. La basse en fer forgé et le chant féminin surnagent dans cette mélasse noire et marquent un peu plus l'identité de ce jeune groupe qui nous pond ici un effort un peu court mais indéniablement réussi.




vendredi 8 juillet 2011

Black Anvil - Triumvirate



Celui-ci s'accroche depuis des semaines et ne semble pas décidé à partir. Moderne, le metal des New-Yorkais de Black Anvil n'en oublie pas pour autant ses aïeux et balance l'air de rien un amalgame de grosses mandales et de high kick très variés qui parvient à renvoyer les pauvres petits pipous que nous sommes dans les cordes, tant par sa vélocité que par sa lenteur et ses ambiances.
 Les pères fondateurs sont présents (les mecs connaissent Celtic Frost, c'est flagrant) ce qui ne case pas pour autant  Triumvirate dans la famille grandissante du revival OSDM. Le riffing supra-efficace et lent de Celtic vient s'échouer sur des accélérations qui laissent parfois apercevoir le passif hardcore du trio. Jusqu'à ce que Black Anvil s'essaye au black metal, qu'il dope grâce à une basse ronflante et un don pour les ambiances étouffantes. Bien foutu du début à la fin, Triumvirate c'est le genre de disque qui redonne la foi bordel de cul.



mercredi 18 mai 2011

Aosoth - III



Gloire au Porteur de Lumière mes amis, il leur a montré le chemin, il a creusé pour eux l'Infâme, il les a traînés vers les profondeurs, et il a vu que c'était extraordinairement bon. Oui mes chers petits, encore du black metal, et encore un groupe français. Oui mes chères boules de vice, c'est d'Aosoth dont je vous parle.

On les connaît déjà, oui, on s'est déjà fait malmener sévèrement par les 2 précédents albums, ces murs de bruit noir ultraviolents. Comme moi, mes ouailles inverties, vous n'avez peut-être pas vraiment accroché, à cause d'un manque d'originalité, d'une brutalité vaine, d'un decorum caricatural? C'est possible, tout cela est possible. Ou plutôt était possible. Il faut dire qu'on avait la tête ailleurs, entre Blut Aus Nord et Deathspell Omega... Aosoth ne m'avait jamais paru digne de venir se tenir dans la cour des grands. Et puis III est arrivé. Comme une vilaine bête galeuse, III mord, et ne relâche jamais son emprise. Rien d'excitant, rien d'entraînant, pas de soupirs, pas de dandinement. III est monotone, lent, asphyxié. L'image de la catabase n'a jamais été aussi juste : on creuse perpétuellement, dans une terre noire avec un certain abandon mais sans jamais trouver de poche d'air, de sursis. On croit être arrivé au bout du voyage, mais on se trompe, rien n'est fait, rien n'est joué et les guitares lacèrent un peu plus ce qu'il te reste d'ouïe.

Oui, Gloire au Porteur de Lumière, il leur a montré le chemin, et Aosoth s'est défait de ses gonds, emmenant dans sa fuite le meilleur de ces illustres confrères.



Peste Noire - Ballade cuntre lo Anemi francor



Pour patienter avant un nouvel album à l'artwork ( http://bit.ly/iE3ZDO ) prometteur, revenons un peu sur le dernier effort en date de Peste Noire (ou Kommando Peste Noire), Ballade cuntre lo Anemi francor, sorti en 2009. Peste Noire est avant tout le projet d'un homme, La sale Famine de Valfunde. Pas mal de noms intéressants sont passés par là comme Neige (Amesoeurs, Alcest) ou Sainte Audrey-Yolande de la Molteverge (Amesoeurs) mais Famine reste seul maître à bord de cette triste galère.

Ballade... est l'album le plus à vif de K.P.N, et le plus riche. Certes La Sanie des siècles - Panégyrique de la dégénérescence, le premier album, était un excellent album de black metal français, mais ici on vient se vautrer dans une toute autre fange. La production s'en ressent d'ailleurs puisqu'on est face à l'album le plus crassouille des trois. Crassouille te dis-je.

AU SUBLIME PAR LE PUTRIDE, AU SPIRITUEL PAR L’IMMONDICE

Telle est la devise du groupe, un horizon d'attente que leur musique comble parfaitement. Amalgamant ce qu'il y a de plus laid et de plus bas chez l'homme, Famine fait émerger une étrange beauté. Pourtant il est puant cet album, à la fois médiéval et urbain, paramilitaire et poétique, avec sa musique brunâtre détournant les chants nationalistes ou royalistes dans une sorte de grande farce masquée de la France d'Oïl. Un black metal rance habité par une folie punk bien sale sous les ongles, mais fier et fort malgré la fièvre. Le malin est ici laissé en arrière-plan, en creux, en cœur, au profit d'un nationalisme oldschool (mais alors vraiment oldschool). Peste Noire n'est pas un groupe NS, loin de là, mais un groupe extrême considérant le retour à la terre, l'intégrisme et les préceptes nationalistes comme continuité logique du black metal français. Ce délire malade s'enroule dans un folk cru et érudit.
Ballade est encore une fois un album très littéraire, reprenant un poème de François Villon ou un texte de Verlaine magistralement mis en musique.

L'identité de Peste Noire n'est plus à trouver, Famine a parfaitement su restituer tous les démons qui l'habitent, toutes ses peurs, ses convictions, sa hargne, en en gardant un peu on l'espère, pour l'album à venir.



mardi 19 avril 2011

Blut Aus Nord - 777 Sect(s)



Je vous laisse le soin de vous renseigner sur la genèse et le paratexte de cet album, sur la trilogie inaugurant un nouveau cycle après le chef d'oeuvre MoRT et le retour au source de Memoria Vetusta II... Le texte quant à lui est plutôt simple. 777 Sect(s) est l'album le plus facile de BAN car il fait office de synthèse générale, bien ficelée mais sans surprise. La folie de dissonances qu'était MoRT se retrouve sanglée à une ossature solide, celle des deux albums précédents (et à mes yeux les meilleurs du groupe) The Mystical Beast of Rebellion et The Work Which Transforms God. On a droit à tout ce qui fait de BAN un excellent groupe : marasme indus, décharges haineuses, ampleur cosmique dans les passages plus atmosphériques, et surtout ce malaise, omniprésent. La production est parfaite (on sent un énorme travail sur les voix), et le tout cohérent. Le feeling indus est prédominant, tant dans les leads que rythmiquement, évoquant souvent un Godflesh primaire, un Jesu rampant.  777 Sect(s) renoue avec le grand BAN, un peu éteint depuis MoRT, et annonce une suite plus electro des plus alléchante.


jeudi 10 mars 2011

Profanatica - Disgusting Blasphemies Against God



Black Cum
Pious Piece of Shit
Christ's Precious Blood Poisoned
Smashing Religious Fucking Statues
Fuck the Blood of the Lamb
Covered in Black Shit
No Trumpet Shall Sound
Crush All That Is Holy Defile
Excrement Sacrosanct
Angel With Cock

 Il faut bien lire la tracklist pour comprendre. Comprendre que c'est pas le disque de chevet de Ratzinger. Comprendre qu'à part patauger dans la fange, dans une merde noire en se branlant la basse comme jamais, il n'y a pas grand chose d'autre à espérer. Un black metal bas du front, la bave au lèvre, qui fonce dans le tas. Pas vraiment le même registre que Deathspell Omega on est d'accord. Mais cette basse. Cette basse elle rachète tout. Cette basse vient départager Disgusting Blasphemies du reste du troupeaux de brebis galeuses. Elle rampe sur ce disque et le contamine, on n'entend plus que ça, un poison pâteux, une purée qui tartine cette terre morte de gueuseries païennes. C'est bon à vomir.



jeudi 18 novembre 2010

Deathspell Omega - Paracletus





Groupe phare de la scène black metal française, Deathspell Omega frappe un grand coup avec Paracletus. Troisième album des poitevins, il marque la fin d'un cycle et clôt la trilogie entamée en 2004 avec Si monumentum requires, circumspice. Un dernier sacrifice, une dernière offrande comme point d'orgue, comme la sacralisation et la consécration de toute une attitude, toute une démarche d'expérimentation qui a produit certaines des plus belles pièces de black metal des 10 dernières années.

C'est avec Si Monumentum... que Deathspell Omega franchi un premier cap et pose la première pierre de son trône. Extrêmement violent, il laisse toutefois la part belle à des plages plus progressives, redéfinissant totalement la musique du groupe. Ambitieux, malsain, il lacère sur plus de 70 minutes tous les acquis de D.O, jusqu'à maintenant adeptes d'un black metal classique, de bonne facture mais pas folichon.

Son contrepoint, Fas - Ite, maledicti, in ignem aeternum, pousse encore plus loin les limites de la musique extrême en offrant l'album le plus possédé jamais produit par le groupe. Là où Si Monumentum explorait le rapport de l'homme à Dieu, Fas explore celui au Diable. Metal d'avant-garde, black metal expérimental, Fas a fait couler beaucoup d'encre et a mis en émoi un bon nombre de metalheadz obtus qui ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait. Pourtant, le message était très clair : D.O s'éloigne du black metal, D.O s'éloigne de la sclérose de la fin des années 90's pour révolutionner, à l'instar d'autres hordes gauloises telles Spektr ou Blut Aus Nord, la musique extrême.

Après plusieurs EP et collaborations diverses, Deathspell Omega revient en 2010 avec Paracletus, synthèse et dépassement des deux premiers opus. Synthèse puisqu'on y retrouve la hargne dévastatrice et franche de Si Monumentum et le chaos incontrôlable de Fas. Dépassement car on sent une maîtrise dans les compositions, dans les structures, dans la production même, qui font de Paracletus une évidence, et ce dès la première écoute. Première constatation : les parties les plus ambient de Fas ont disparues. Le D.O nouveau est plus consistant et cohérent que son prédécesseur. Paracletus s'écoute d'ailleurs comme une seule pièce, certaines pistes se faisant écho tout au long de l'album.
 La production chaude et ample assimile parfaitement le fléau brutal mais varié de la batterie (ajoutant aux blast furieux des relents presque jazz fins et ouvragés) avec des guitares cristallines et des arpèges malsains rappelant les dernières saillies de Virus. Le riffing brille par son intelligence et sa finesse, en faisant un des atouts majeurs de l'album, sûrement le plus mélodique du groupe. La basse, prédominante, repousse encore un peu plus le spectre du black metal traditionnel, et confère à l'album une étrange chaleur malade et fiévreuse.
Les syncopes et soubresauts épileptiques de Fas sont amalgamés, absorbés dans un mouvement ample et naturel permettant de passer d'instant purement carnassiers et linéaires à des mid-tempo rompus sans perturber le moins du monde.
Le chant quant à lui joue sur la puissance d'évocation des hurlements typiquements black metal et d'un spoken-word français âpre et théâtral, seyant parfaitement à l'atmosphère de l'album.

Il souffle sur ce disque un vent de folie et de détresse encore jamais atteint par Deathspell Omega. Plongée à l'aveugle dans des profondeurs perverses, Paracletus parachève une trilogie de manière majestueuse, faisant du groupe français un jalon, un groupe charnière, crucial dans l'histoire de la musique extrême.


mardi 2 novembre 2010

Cough - Ritual Abuse / 2010



On continue dans le sludge/doom avec le dernier album de Cough. Après un Sigillum Luciferi bon mais encore trop fragile, Cough revient avec un monolithe de stoner doom qui suinte Electric Wizard de Dopethrone, avec un don pour le riffing forcément inspiré par le Malin en personne (la seconde piste, A Year in Suffering,  est une des meilleures choses qui soient arrivées au headbang depuis des années). Old Electric Wizard donc, mais avec une production bien particulière, beaucoup plus chaude, enrobante, étouffante presque. Les soli psyché sont excellents, et l'album dans son ensemble est plus travaillé que son prédécesseur. Ritual Abuse ne se cantonne pas au restrictif terrain de jeu stoner doom et explore les recoins d'un rock spatial léthargique mettant en avant des arrangements jusqu'à lors minimes. Le chant alterne entre déchirements typiquement sludge et chant clair, apportant un relief et une dynamique appréciables aux 5 titres du Rituel. L'atmosphère est bien plus sombre et pesante que celle que nous livrent aujourd'hui les anglais d'EW, ici la messe noire n'est pas sortie d'un porno rital 70's mais bien, comme les mecs du groupe l'expliquent, de leur propre souffrance. Sad doomster is sad.
Ritual Abuse est le versant violent et destructeur du Black Masses chroniqué ci-dessous et vient rassasier les amateurs de sombre violence restés sur leur faim après le dernier Electric Wizard.

Un petit extrait pour vous mes chéris :

Cough - A Year In Suffering by thelightcarrier

mercredi 31 mars 2010

Throatruiner #3 : Plebeian Grandstand - How Hate Is Hard To Define

 

Plebeian Grandstand : Eux on commence à bien les connaître, ils nous avaient déjà prévenu il y a deux ans avec un premier EP (The Vulture's Riot), revoilà le chien fou de la famille, le bâtard malade qui tente d'échapper à la violence linéaire d'un Nesseria en se tailladant les riffs à coup dissonances, en se laissant aller à des délires mathcore stridents. De la musique de chien, pour les chiens, par les chiens, la bave écumante et rouge souillant cette scène extrême française que j'évoquais précédemment. How Hate Is Hard To Define, tu ne l'écoutes pas en sautant partout comme un con. Non, tu t'assoies, tu fermes ta gueule et tu subis.


Throatruiner #2 : Nesseria - s/t


Nesseria, des Orléanais cette fois. Impossible de ne pas penser au Converge des débuts, plus violent peut être, plus direct en tout cas. Plus sombre aussi, beaucoup plus sombre. La recherche ici n'est pas dans la variation et la richesse des ambiances mais dans la tension continuelle, l'ascension pénible vers ce qui peut se faire de plus direct en terme de musique violente. Le propos est primaire mais extrêmement jouissif.


Nesseria plays Trauma in Germany

NESSERIA | MySpace Music Videos

dimanche 28 mars 2010

Triptykon - Eparistera Daimones


Fondamentalement, ce premier album de Triptykon n'est pas mauvais. Il est même excellent. Le problème c'est qu'il n'y a aucun intérêt à le chroniquer. Triptykon, pour ceux qui suivaient pas pendant le cours, c'est la nouvelle formation de Thomas Gabriel Fishcher, l'homme à l'éternel combo Bonnet/Eyeliner, qu'il a formé sur les cendres encore toutes froides de Celtic Frost. Il nous avait prévenu, Triptykon s'inscrirait dans la droite lignée du son de CF 2.0, à savoir le CF de Monotheist, dernier album magistral sorti en 2006. Pari réussi pour Fischer qui nous livre ici une copie conforme de Monotheist, peut être un poil plus véloce. C'est donc forcément réussi, les ambiances sont maîtrisées, les riffs simples et efficaces, et Fischer remplit la galette jusqu'à la gueule, pour finir en apothéose sur une piste de 19 minutes. Mais rien ne surprend, rien n'interpelle vraiment. On prend son pied, on bouge la tête, mais on connaît déjà. On pardonnera à Fischer ce manque de prise de risque, en se disant qu'après plus de 20 ans au sein de CF, la transition peut prendre un peu de temps. On pardonnera ce clone réussi en espérant qu'il ne s'agit ici que d'un règlement de compte final avec le passé, en se disant que le prochain album ne pourra qu'être différent. Fingers crossed. 


mardi 2 mars 2010

Darkthrone - Circle the Wagons

 Circle the Wagons


Cette fois c'est certain, on ne les retrouvera jamais. On le sentait déjà, mais maintenant on en est sûr. Petit à petit rongés par la rouille le rock'n'roll rampant, nos deux iroquois ont quittés la civilisation. Retour à l'état sauvage, là d'où ils viennent, là où ils vont crever. On le sentait déjà depuis The Cult is Alive, qu'ils nous échappaient un peu. Chaque album depuis lors n'a fait que briser les chaînes qui entravaient la musique de Darkthrone. De plus en plus crust, de plus en plus punk, de plus en plus rock'n'roll. Insouciants, bestiaux, primitifs, Fenriz et Culto ont trouvé leur voie. Difficile maintenant  de voir un autre avenir pour cette formation culte. Au rythme d'un album  tous les 15 mois, au rythme de 10 hymnes rocailleux par album, les papes du Black Metal ont tracé leur sentier, sans regarder en arrière, sans se soucier de quiconque. Fuck off and die. Non, ils ne nous sortent pas le même album depuis 5 ans, comme j'ai pu le lire ailleurs. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Darkthrone évolue toujours, chaque fois plus putride et viscéral. S'ils œuvrent toujours dans leur necropunk marqué du sceau de l'humour et de la dérision, jamais leur musique n'a été aussi sérieuse. Darkthrone joue la facilité, c'est indéniable, mais il le fait avec tant d'engouement, de conviction et d'honnêteté qu'on ne peut qu'admirer cette charogne infâme, en attendant notre nouvelle dose.

dimanche 10 janvier 2010

the Kilimanjaro Darkjazz Ensemble - Here be Dragons




Continuons avec les albums de 2009 qui aurait mérité leur place dans le top 12, avec the Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, un collectif formé autour de Jason Kohnen (qu'on connaît mieux pour ses martèlements avec Bong-Ra).On va le balancer tout de suite, ce sera fait : impossible de ne pas penser à Bohren & der Club of Gore. Normal me direz-vous puisque tKDE évolue dans les contrées peu rassurantes d'un darkjazz lancinant aux atmosphères plombées. Une fois ce rapprochement fait, intéressons nous à ce qui construit l'identité propre du groupe, et en premier lieu aux multiples influences qui font qu'on se retrouve face à une entité oscillant entre trip-hop (l'inévitable renvoi à Portishead et au chant de Beth Gibbons sur Embers notamment), electronica soyeuse et post-rock éthéré (The Mac Guffin). tKDE se démarque aussi de par une faculté sans pareil à dresser devant nos yeux des paysages brumeux étrangement lumineux. Rien de joyeux ici, mais des violons mélancoliques, des saxophones étouffés et retors desquels émergent de scintillantes mélodies.
Dépêches toi vite : c'est ici.

vendredi 11 septembre 2009

Depressor - Book of the Dead






On continue avec le crust (c'est dingue comme on peut coller ça à tout et n'importe quoi). Après le blackened crust, l'anarcho-crust et le hardcore-punk crustisant, on passe au death-crust industriel. Faisons simple : Depressor est une petite mare putride de vase noire, qui sent la mort, paumée au milieu d'une friche industrielle amiantée. Un peu moins indus qu'auparavant (la batterie est bien plus organique que la BAR des débuts), les ricains nous servent des petits bijoux de crasse, maîtrisant leur propos tant dans les emballements d'un death old school efficace que dans des parties lentes plus recherchées. C'est dégueulasse et on en reprendra s'il vous plaît.

mardi 21 juillet 2009

Anaal Nathrakh - In the Constellation of the Black Widow



Aufan, mais qui sont ces mecs? Que leur a fait subir leur maman (ou leur tonton Gérard) pour qu'ils nous vomissent une telle haine? Leur dernier opus (Hell Is Empty And All the Devils Are Here) m'avait un peu laissé dubitatif : toujours extrêmement violents, les britons avaient néanmoins mis de l'ordre dans leur capharnaüm (structures couplet/refrain), aseptisé (tout est relatif) leur son et saupoudré leurs compos d'un riffing plus thrash et catchy un peu déconcertant. Il semble que ce travers soit aujourd'hui oublié :

Pour ce qui est du son clean et chirurgical, ItCotBW se pose là, enterrant définitivement les gargouillis de vieilles raclures de rouilles de The Codex Necro. La prod est encore plus propre que sur le précédent, mais elle est cette fois mise au service de compositions beaucoup plus brutales. Anaal Nathrakh est en roue libre, plus violent que jamais, et tabasse d'un bout à l'autre de ces (courtes) 35 minutes. La recette est la même que d'habitude : black, death, grind et tamère, blasts intersidéraux, chant varié (growl, hurlements saturés de maniaque totalement cramé) sur des titres cette fois assez courts.
On notera avec plaisir l'usage plus modéré du chant clair heavy et épique rappelant Ihsahn ou Thebon (Keep of Kalessin) ainsi que ce don (retrouvé) pour conjuguer ultraviolence et mélodies entêtantes. Ajoutez à cela un titre d'album avec "black" dedans, une pochette avec un corbeau, un squelette et une faux et on est en droit de se dire qu'on a là un putain de bon cd.


vendredi 17 juillet 2009

James Blackshaw - The Cloud of Unknowing


J'ai toujours eu du mal avec les petits prodiges. Sans doute à cause de ce dangereux écueil qu'est la démonstration pure, la technique sans âme. Alors ce James Blackshaw, 28 piges et une petite dizaine d'albums à son actif, tout seul lui et sa guitare 12 cordes, y'avait de quoi se poser des questions. L'album s'ouvre sur un long morceau-titre poignant qui pose les bases du son Blackshaw : un finger-picking de virtuose complexe et mélodique assez bluffant. JayBee tisse lentement une toile harmonique dense mais cristalline atteignant de véritables moments de grâce. Les boucles graves servent de support à une mélodie ouverte et évolutive quasi-obssessionelle qui rappelle parfois le drone acoustique de certains travaux de Six Organs of Admittance, voire même un Ginnungagap fiévreux et élancé. Plus concises et lumineuses, les 2eme et 4eme pistes dévoilent une autre facette du jeu de Blackshaw, parfois accompagné (notamment par un glockenspiel), moins répétitive, mais tout aussi intense. La piste centrale, la plus courte, tranche de par sa construction (cette fois très proche des expérimentations de Ginnungagap) mêlant sonorités asiatiques et bruitages en tout genre (on flirte ici avec la musique concrète). Enfin, dans une symétrie parfaite, l'album se clôt sur un long titre proche du 1er de par sa construction en spirale, avec cette fois le soutient de violons stridents achevant le morceau dans le chaos le plus total.

Écueil évité donc pour JB, qui tout en faisant montre d'une dextérité et d'une technique parfaite, parvient à nous pondre des morceaux chargés d'émotions. Une franche réussite lui ayant d'ailleurs permis de capter l'attention d'un certain M.Gira et de son label, Young God Records, sur lequel est sorti son dernier album en date (The Glass Bead Game).