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lundi 1 octobre 2012

Beastmilk - Use Your Deluge




Sans s'attarder trop pesamment sur le line-up de Beastmilk et ses origines glaciaires, laissez moi vous préciser néanmoins que si je vous parle aujourd'hui de cet EP, c'est principalement pour la présence en son sein d'un certain Mathew McNerney/Kvohst, âme tortueuse lovée derrière Dødheimsgard, Code et Hexvessel.

Je voue depuis quelques semaines et bien malgré moi un culte extatique à la voix de cet anglais délocalisé dans les terres du nord, ce qui m'a poussé à fondre sur ce court EP, l'œil hagard et l'esprit critique en berne.

Remisés chez Beastmilk, le folk d'Hexvessel. McNerney retrouve ses potes d'Helsinki dans la batcave pour un petit jam où deathrock et post-punk portent sur leurs épaules voûtées le poids d'une noirceur mignonne, innoffensive à vrai dire, celle d'une dark-pop en somme.

Forcément infusée dans la mélasse d'années sacrifiées au métal noir, la musique de Beastmilk suinte les accords mineurs, les guitares lancinantes coupantes comme le blizzard mais planquée derrière la chaude basse et la batterie volontaire. De grandes lames de Christian Death, de Joy Division, de Southern Death Cult et d'horror-punk divers, un peu de Djerv aussi dans l'aspect le plus rock et métallique.

Paradoxe d'une section rythmique au groove chaleureux parachutée dans les profondeurs, transie sous l'épaisse couche de glace bleue du chant et des guitares. D'aucun parlerait d'un pan gothique à cette musique sombre et délicate, mélancolique aussi comme sur Children of the Atom Bomb.

Sorti chez Svart Records et en écoute ici. 

lundi 11 juin 2012

Foetusfoetus présente Lave Noire



www.peterbeste.com

Si je m'autorise parfois quelques écarts sous la forme de mixtape, je tiens vraiment à ce que foetusfoetus demeure un blog de chroniques et rien d'autres. Je tiens aussi à chroniquer autre chose que du black metal, bien que ce style occupe une place de choix dans mon petit <3 tout noir.

Aussi, pour vous faire partager plus de choses de manière plus simple et directe, je vous propose d'aller jeter un oeil de temps à autre sur Lave Noire, un tumblr consacré au metal noir où vous trouverez régulièrement des vidéos ainsi que des stream d'albums de black metal. Tenu par Clémence (c'est elle) et Clément (c'est moi), Lave Noire c'est aussi un compte twitter, parce qu'on est de la Génération Y ou on ne l'est pas enfoiré. 


mardi 10 avril 2012

Burzum - Umskiptar





Des deux derniers albums de Burzum, (Belus en 2010 et Fallen en 2011) j'avais avant tout retenu la simplicité primitive d'un art brut, comme si Vikernes avait besoin de faire un point sur sa musique après de longues années passées loin d'un genre qu'il a contribué activement à définir. La prise de risque était minime mais ces deux albums n'en prenaient pas moins la forme d'un manifeste. Le Comte Grishnack nous avait d'abord livré un album guerrier avant de peaufiner son propos dans Fallen en amenant ce qui semble être la nouvelle touche Burzum, à savoir de longs passages de narrations, de poèmes récités et de chants clairs.

C'est d'ailleurs ainsi que s'ouvre Umskiptar avec "Blóðstokkinn" et son spoken-word fleuri qui amène tout en douceur l'excellent "Jóln", parfaite extension de Fallen. Un morceau répétitif, mélodique et lent, imprégné de paganisme sauvage qui annonce un album intéressant. Et pourtant, très vite, on s'emmerde. Là où la répétition dans Belus et Fallen servait la musique, ici elle semble vaine et inaboutie. Difficile pourtant de noter une différence cruciale entre la livraison de 2012 et les précédentes, mais quelque chose ne va pas, une connexion nous échappe et on décroche assez vite.

coucou ;))))     © M.C.


Cet album est trop lent. Aucun morceau pris individuellement n'est vraiment mauvais (même si plusieurs sont fortement dispensables). D'ailleurs j'écoute volontiers cet album, mais chaque fois mon attention s'échappe ailleurs, et Umskiptar s'étire jusqu'à n'en plus finir. (Le dernier tiers de l'album est un supplice si l'on essaye de tout écouter d'une traite.) À trop vouloir explorer le côté atmosphérique de son black metal, Vikernes s'est quelque peu égaré et il manque à Umskiptar non pas un supplément d'âme (ce truc dont je parle souvent et qui fait d'un bon album un chef d'oeuvre) mais plutôt d'une flamme.

Je ne parle pas ici de violence ou de colère (qui ne sont pas nécessaires pour faire du bon black metal), disons plutôt que la musique de Burzum manque aujourd'hui d'une feu plus vivace, d'une volonté plus forte. Le concept de vieille europe et de retour aux racines du peuple norvégien tient sûrement très à cœur à Virkernes mais ne se suffit pas. Espérons que le cru 2013 sera autrement plus intéressant.



jeudi 21 avril 2011

Kvelertak - Kvelertak



Il est l'heure de reparler du phénomène. Si tu m'aimes beaucoup et que tu as décidé de relire tous les articles de ce blog depuis le commencement, tu te souviens sûrement d'un post sur Kvelertak, il y a un peu moins de 2 ans. À l'époque malheureusement, pas d'album à me mettre sous la dent, j'avais juste évoqué le "black metal- and thrash-inspired punk rock, with a pop-oriented approach" (c'est eux qui le disent) des norvégiens, en espérant avoir rapidement quelque chose de concret. C'est fait aujourd'hui, et bien fait. Pas de surprises, c'est bien le groupe qu'on avait laissé il y a 2 ans : fondations hardcore-punk, revêtement black metal et laque rock'n'roll. Le tout produit, une fois n'est pas coutume, par Kurt Ballou. 


On pouvait espérer une empreinte black metal plus marquée que ça, notamment à l'écoute des premières démos, mais on gagne ici en efficacité ce qu'on perd en violence. Kvelertak est un groupe solaire, à l'image de Baroness ou Torche, qui tabasse avec le sourire, bonne ambiance, tsé. On fait du metal entre potes, en famille. On retrouve d'ailleurs Hoest (Taake) et Ryan McKenney (Trap Them) derrière le micro.

On préféra mettre de côté l'étiquette de necro'n'roll pour leurs comparses de Lydia Laska (dont le premier album sorti l'année dernière chez Duplicate Records ne m'est toujours pas parvenu, mais qui fera à coup sûr l'objet d'une chronique) y préférant celle d'un blackened hardcore rutilant.


vendredi 11 mars 2011

Nidingr - Wolf Father



6 petits titres, 22 minutes, pour réaffirmer, comme ça, en passant, que la Norvège reste un gage de qualité en matière de black metal. Depuis bientôt 20 ans, de temps en temps, Nidingr revient pour se dégourdir un peu. C'est propre, bien foutu, assez varié pour qu'on ne s'ennuie pas. Cpt. Estrella Grasa tire son épingle du jeu avec un chant particulier, parfois parlé et très appréciable. Le riffing est intelligent, sachant faire la part belle aux dissonances tout en maintenant une grande part de riffs mélodiques. La prod est clean. Bref, un petit EP pas révolutionnaire, mais qui parvient à ranimer la flamme d'un black metal direct, sans fioritures, juste bon.