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mercredi 5 septembre 2012

Like Rats - Like Rats






Darkthrone et Entombed sont sur un bateau. Et ils font du hardcore. Sur le bateau. La mer est d'huile et le son aussi : gras et limpide. Je vais encore filer un peu la métaphore de la navigation parce que j'aimerais caser "moussaillon" et "pirate".

Like Rats est avant tout un groupe à guitare. Les affreux moussaillons nous ont tricoté de bien jolis riff et l'algue poisseuse des guitares s'étale sur tout l'album, de telle sorte que nous, petits anchois tremblotants, tombons bien vite dans leurs filets. (Ça ne veut rien dire.)

Jamais hardcore métallique n'aura sonné autant comme du bon vieux death suédois roublard. Jamais hardcore métallique n'aura sonné autant comme du bon vieux death suédois roublard. (Je l'ai dit 2 fois.) Le chant quant à lui hisse haut le pavillon du metal noir des origines, vicieux et rêche comme une gorgée d'eau de mer.

La petite demie-heure file en quelques secondes ce qui vous permettra d'écouter plusieurs fois l'album d'affilé sans vous ennuyer un instant. Pratique.

Ça se trouve chez les filous d'A389 Recordings et ça s'écoute en entier sur Deezer.


mardi 31 juillet 2012

Mudbath - Red Desert Orgy



Énorme claque sludge/doom que ce court EP de Mudbath. Trois titres seulement pour s'extirper de la fange gluante et épaisse du doom et pour modeler dans la glaise un groove stoner apathique.

Les hurlements proches d'un Mike Williams (Eyehategod) sont encore plus efficaces quand ils alternent avec des aboiements hardcore braillards (Mudjahideen). C'est lent, c'est lourd, et les seules respirations prennent la forme de lead et de solo membrés comme des aurochs.

L'ombre enfumée d'Electric Wizard se fait très très opaque, notamment dans les larsen du dernier morceau (Smells Like Teen Cunt ) mais la comparaison s'arrête là. On retrouve plutôt chez Mudbath cet acharnement au groove gras qu'on dégustait la gueule en sang chez The Abominable Iron Sloth.

L'EP est dispo gratuitement sur le bandcamp des Avignonnais et en écoute juste en dessous. Pour les dates de concert, voyez ici.



vendredi 27 janvier 2012

Diapsiquir - A.N.T.I




Stupeflip, charognard perché sur le cadavre de Peste Noire, gonflé et bleui, flottant sur un océan, même un tout petit océan, parce que y'en a marre. On va tous se retrouver pour cracher ensemble notre haine et nos viscères mais on reste coincés dans un fond tiède de pissotière et ça n'avance à rien. Diapsiquir c'est de la musique de soupeur, je vois pas en quoi on devrait se retenir. Lâche tes fluides et tes humeurs, A.N.T.I n'est que ça, un SIDA de grandiloquence bancale, de hip-hop de fin de race sous subutex, apeuré comme un chiard morveux et en colère parce qu'il ne sait pas pourquoi. Il veut faire illusion, te casser les dents, baiser ta soeur, mais au fond il se débat tout seul parce qu'il est déjà mort. Pas de morale, pas de limite, viol, violence, racisme. La crasse en icône vénérée comme chez Peste Noire, mais qui a tourné le dos au black metal musette pour embrasser le franchouillard-indus-metal et le désespoir imbibé de vieille bière et de vodka coupée à la soude. Le M.O reste le même, "dans les poubelles j'trouve des bijoux", de la crasse au sublime en léchant le béton des caves d'immeubles. Le parallèle avec l'univers de Gaspard Noé se fait de lui-même, misère sociale, désespoir omniprésent. Diapsiquir, metal banlieusard dépravé en haut de survêtement, déconseillé à tout le monde. Ça sert à rien, tout se répète, tout ce que t'aimes bien c'est dans ta tête.





vendredi 8 juillet 2011

Acephalix - Interminable Night



Je vous présente Acephalix, une grosse fratrie de charognards se repaissant sur les corps encore chauds d'Entombed et de Napalm Death. Acephalix, un monstre sorti tout droit d'un roman de Mary Shelley, assemblage nécrosé de membres crasseux dont la voix d'outre-tombe est le truc le plus flippant que j'ai entendu depuis un bout de temps. Acephalix, tu ne peux qu'aimer. Foncièrement punk, intrinsèquement death, évidemment crust, qui fleure bon la Suède des 90's sans tomber dans le plagiat, qui suinte le d-beat west coast par tous les pores de sa peau verdâtre, le monstre de Frankenstein du metal, la poupée gonflable du metalhead, la lobotomie de fin de journée. Et c'est chez Southern Lord, encore.



lundi 20 juin 2011

Peste Noire - L'Ordure à l'état pur



Ça y est il est revenu l'infâme. La Sale Famine est de retour avec le meilleur album français de l'année. Rien que ça. On l'avait laissé à ses délires médiévaux de royco à crête, en se demandant si la Famine en avait encore sous le coude. Pas de suspens, le Peste Noire nouveau est dégueulasse comme un gros beaujolais qui tâche mais continue à cultiver ses paradoxes, en chiant des étrons ignobles dissimulant un talent d'écriture et de composition indéniables. Plus raciste et vulgaire que jamais, toujours plus punk, toujours plus dérangeant, toujours plus drôle aussi.

Peste Noire aujourd'hui c'est un black metal intelligent et complètement flingué, souillé d'indus luxuriant, de passages de bravoure jubilatoires, de musette morte-née. Peste Noire aujourd'hui c'est à la fois la détresse urbaine et la chiasse des grandes villes, l'envie d'un ailleurs forestier et sauvage, et la revendication d'un terroir et d'un nationalo-royalisme fantasmé. Imaginez Les Garçons Bouchers, le punk foireux et franchouillard, qui rassemble les ratés, les maboules, les moches et les chauves, mais cette fois de l'autre côté du spectre, souillé par la sale vermine. Imaginez la précision d'un black metal, les mélodies folk et vous commencerez un peu à cerner la Bête. Impossible de pleinement apprécier l'Ordure à l'état pure sans lire les paroles de Famine, horreurs entêtantes qui parachèvent cet excellent album.