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lundi 21 mai 2012

Occultation - Three & Seven




Witchcraft le chante depuis assez longtemps, plus récemment c'est Ghost ou Sabbath Assembly qui nous avait prévenus, la mode est au revival 70's. Black Sabbath en tête de cortège des influences, Occultation s'inscrit totalement dans cette mode poussée à l'extrême, ce mimétisme bardé d'encens et de mystique à capuche en balançant un retro-metal qui tape à la fois dans le doom à la papa, le gothic-rock #d4rk et le psychédélisme gavé de reverb.

La reverb omniprésente est sûrement ce qui va d'ailleurs décourager un grand nombre d'entre-vous. Ça et le fait que la production tente de reproduire un brillant effet de grotte immergée qui repousse les guitares vers des profondeurs abyssales, loin sous des couches d'ondulations qui amollissent l'ensemble et peuvent, au début en tout cas, laisser perplexe.

Three and Seven s'avère en fait être non pas aérien mais aquatique. La force des 2 chants féminins compense le manque de hargne et de lourdeur des cordes et si par malheur on se laisser ferrer par ce chant des sirènes, on peut très vite être entraîné vers des abîmes où il ne fait pas bien chaud. C'est tout le mal que je vous souhaite.



lundi 20 février 2012

Mondkopf - Ease Your Pain



Après l'immense Rising Doom l'année dernière, violente charge d'electro dark qui empruntait à l'EBM sa force et sa puissance tout en y insufflant un univers et une délicatesse qu'on lui connaissait déjà de Galaxy Of Nowhere, Mondkopf revient avec un court EP qui enfonce le dernier clou et scelle définitivement le tombeau. Entre les grésillements nerveux du power electronics, les arrangements gothiques et les martèlements techno, Mondkopf continue à tracer une drôle de voie sinueuse pleine de cervidés majestueux, de filles diaphanes et de cérémonies occultes. Avec deux titres originaux et un remix, on a tout juste de quoi se souvenir que ce mec est un sombre génie et que son techno-doom de chouette hulotte va rester nous hanter.

Avant de vous lancer l'EP, petit rappel visuel avec le clip de Song of Shadows :


 


mercredi 7 décembre 2011

Serpent Venom - Carnal Altar



Le disque type qui me donne envie de vous prendre tous un par un et de vous le mettre dans la tête à coup de burin. De vous regarder, mes yeux injectés de sang dans vos yeux injectés de sang et de vous baver à la tête "TU ENTENDS TU ENTENDS" puis de partir en bondissant, uniquement vêtu de ma longue barbe et de ma dague, pour sacrifier une jeune vierge blonde et anesthésiée à l'encens au bois de vétiver et aux bougies de cire noires. Plus occulte que le financement de la campagne de Balladur, Carnal Altar est un manifeste de doom psychédélique et un des albums les plus massifs et les plus bandants de l'année. 


mardi 2 novembre 2010

Cough - Ritual Abuse / 2010



On continue dans le sludge/doom avec le dernier album de Cough. Après un Sigillum Luciferi bon mais encore trop fragile, Cough revient avec un monolithe de stoner doom qui suinte Electric Wizard de Dopethrone, avec un don pour le riffing forcément inspiré par le Malin en personne (la seconde piste, A Year in Suffering,  est une des meilleures choses qui soient arrivées au headbang depuis des années). Old Electric Wizard donc, mais avec une production bien particulière, beaucoup plus chaude, enrobante, étouffante presque. Les soli psyché sont excellents, et l'album dans son ensemble est plus travaillé que son prédécesseur. Ritual Abuse ne se cantonne pas au restrictif terrain de jeu stoner doom et explore les recoins d'un rock spatial léthargique mettant en avant des arrangements jusqu'à lors minimes. Le chant alterne entre déchirements typiquement sludge et chant clair, apportant un relief et une dynamique appréciables aux 5 titres du Rituel. L'atmosphère est bien plus sombre et pesante que celle que nous livrent aujourd'hui les anglais d'EW, ici la messe noire n'est pas sortie d'un porno rital 70's mais bien, comme les mecs du groupe l'expliquent, de leur propre souffrance. Sad doomster is sad.
Ritual Abuse est le versant violent et destructeur du Black Masses chroniqué ci-dessous et vient rassasier les amateurs de sombre violence restés sur leur faim après le dernier Electric Wizard.

Un petit extrait pour vous mes chéris :

Cough - A Year In Suffering by thelightcarrier

Electric Wizard - Black Masses / 2010

 
Comme le disaient fort justement les connards de Beyond the Noize , Electric Wizard depuis Dopethrone n'a plus grand chose à dire, si ce n'est pousser à son paroxysme cet univers Weed, Necroporn & Witchcraft en enchaînant avec une certaine aisance et une facilité presque paresseuse des hymnes enfumés. L'esprit 70's analogique un peu crado, déjà présent sur le précédent effort Witchcult Today, se fait ici sentir encore plus vigoureusement. Les guitares massives sont défoncées au fuzz et le chant bien particulier de Jus Oborn nous parvient des profondeurs les plus inquiétantes de la Crypte de Drugula. Pourtant EW évolue, à son rythme certes, le rythme pesant d'une bande de doomeux, mais les anglais avancent. Black Masses est nettement plus emballé, plus vif et EW affine son art du groove heavy as fuck. Le riffing, bien que toujours simpliste semble plus réfléchi et les soli sont techniquement plus élaborés qu'avant. On peut regretter l'époque bénie des hymnes de 15 minutes, plus lents et lourds que jamais (encore qu'une des meilleures pistes de cet album, Satyr IX, n'ait pas à rougir face à ses glorieuses aïeules) mais ce serait nier l'évidence : Electric Wizard a creusé son propre chemin, celui qui mène au panthéon du metal. Massif.