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mardi 15 mai 2012

Crocus - Our Memories Dress Me In A Dead Lust





Crocus joue le screamo que joueraient aujourd'hui les anciens membres d'Orchid s'ils étaient liés de manière incestueuse et un peu sale avec The Fall of Troy et Beau Navire. Le talent des premiers pour agréger ultra-violence et mélodie aiguisée dans un seul riff, confronté aux arpèges jazz des espiègles seconds, sans jamais se départir du flegme délicat des derniers. 

J'avais longtemps cherché le frisson d'Orchid dans les nouveaux projets des anciens membres du groupe culte de la scène screamo, mais ni Ampere ni Panthers n'ont su retrouver ce que Crocus semble posséder sans effort, à savoir ce riffing aigu bien particulier et cette violence débridée qui entraîne chaque couplet dans une tempête de caisse claire.

Malgré les appels flagrants à Orchid ou Pg.99, les anglais savent marquer cet album d'une touche personnelle, et notamment par la richesse du jeu des guitares, la précision de la batterie malgré le chaos quasi-permanent, et un mix au poil qui laisse entrevoir la basse juste ce qu'il faut. Compact, maîtrisé, ça sort chez Holy Roar Records et ça s'écoute juste là : 




mercredi 31 mars 2010

Throatruiner #1 : Huata - Open The Gates Of Shambhala

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Ça fait un petit moment que ça dure, un poke innocent sur facebook, un tweet discret, quelques vidéos, mais ça y est, ce matin j'ai compris. Une illumination, une épiphanie : ils sont tellement 2.0 qu'on ne peut leur échapper, et leur but est de nous trépaner, tous jusqu'au dernier. Oui, en détaillant mes charts last.fm, en auscultant le contenu de mon ipod nano protection cuir de vache, j'ai Vu : L'empreinte poisseuse de Throatruiner records était partout. Quatre groupes, découverts (pour ma part) plus ou moins au même moment. Quatre poulains de Throatruiner. Quatre minichroniques.


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Le premier, Open The Gates Of Shambhala de Huata.

Huata, des bretons biberonnés au Sabbath évoluant dans un sludge doomy parés de tous les apparats propres aux satanistes de leur espèce : sorcières, inverted crosses, crânes et crucifixion, tout ça en tons sépia. Les rennais ne révolutionne rien du tout, ils s'enfoncent dans la vase et nous entraînent avec eux. Leur son, c'est Kristian Keyboard Production (Warsawwasraw) qui s'en est occupé. On l'en remercie, du son caca à souhait comme on aime. L'album est à télécharger en intégralité sur le myspace du groupe.

samedi 6 février 2010

Barn Owl - The Conjurer

 http://cdn.imposemagazine.com/__data/barn-owl-the-conjurer-lp.1.jpg

Il semble qu'Earth fasse des émules, quel que soit le style dans lequel le groupe de Dylan Carlson évolue. Vénérable ancêtre d'un drone monolithique et à l'origine de la déferlante Sunn O))), ils avaient su, avec Hex et The Bees Made Honey in the Lion's Skull, puiser dans l'americana fantomatique pour réinventer leur musique.
Il ne fait aucun doute que Barn Owl s'inspire, tout du moins s'inscrit dans la même veine désertique et crépusculaire. On retrouve ici de longues plages d'un drone-rock squelettique et inquiétant, avec cette même sensation qu'à l'écoute de la bande originale de Dead Man. Comme si, tout comme Neil Young à l'époque, le groupe avait réussi à saisir l'ensemble des nuances d'un spectre allant de la cérémonie chamanique Apache à la procession funéraire bancale, de la langueur hallucinée d'un mangeur de peyotl à la nonchalance d'un vieux charros. Plus sombre que les dernières sorties d'Earth, The Conjurer oublie parfois son jeu de guitare, pour s'égarer dans d'obscures contrées ambient, faites de larsens soutenus par des cordes, un piano ou des chœurs monotones évoquant les mantras de moines tibétains, conférant à cette country malade un ton oriental marqué. (On croit même distinguer du tanpura par instant).  Quatre longs titres comme une bande originale parfaite d'un triste western contemplatif...