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vendredi 2 novembre 2012
Title Fight - Floral Green
Bonne nouvelle emo-punk de l'année, le Floral Green de Title Fight n'est cependant pas totalement une surprise, Shed nous ayant bien prévenu l'année dernière qu'il y avait plus chez les Américains qu'un simple bouillon de hardcore mélodique.
Plus riche et patient que son prédécesseur, Floral Green se disperse aussi un peu plus, ce qui, à l'échelle de l'album relativement court (32 mn) ne pose pas trop de problèmes mais qui pourrait décourager les plus sueurs et belliqueux d'entre vous.
D'emo-punk il est toujours question ici, celui doux et nostalgique des années 90, franc comme il ne le sera plus jamais, auquel Title Fight injecte un shoegaze et une pop solaire qui rappellent parfois l'héliotropisme sautillant de Torche ou des derniers Baroness. (En mieux.)
Le premier quart d'heure est le plus réussi et justifie à lui seul l'écoute de l'album, tandis que la seconde moitié de Floral Green s'appesantit dans des mid-tempo et des ballades réussies certes mais bien moins indispensables.
Résultat, un album sur lequel on revient très souvent mais qu'on termine rarement. Rendez-vous service et écoutez Floral Green sur le bandcamp des jeunots.
mardi 6 mars 2012
The Drums - Portamento
Je vais essayer de ne pas prendre de chemins détournés pour vous parler du second album du trio (anciennement quatuor) de Brooklyn. Leur premier album sorti en 2010 était déjà un recueil lumineux de tubes indie-pop d'une évidence effarante. Déjà à l'époque le doux halo ensoleillé de surf-music se défaisait pour laisser apparaître une mélancolie (quelque peu larmoyante) remuant à la fois les Smiths, Joy Division et Gang of Four. Portamento, sorti en septembre dernier, est, si on en croit les ventes, passé un peu inaperçu. Et c'est un tort.
Portamento, à l'image de l'effectif du groupe, semble marquer un rétrécissement, un repli sur soi-même. Moins flamboyant et solaire que The Drums, il voit la noirceur des paroles du premier opus contaminer un peu plus la musique et l'ambiance générale. Vous ne trouverez pas de tube enjoué sur Portamento, pas de machine de guerre, du genre de celle qui passe bien dans une pub pour voiture. Sans tomber totalement dans la complainte lancinante, le trio parvient à équilibrer la pop enjouée de ses débuts et ce côté adolescent émo et très triste. Amours déçues, amis disparus, Portamento est un journal intime de teenager, énervant et cliché donc, mais aussi foncièrement vrai et touchant (on est tous passés par là.) La rebellion inhérente à l'adolescence trouve sa place dans la contestation de l'Église et de la religion, ce qui ne fait jamais de mal. #invertedcross #d4rk
« And I believe, that when we die, we die... »
Quand on en vient à parler de pop, mon critère premier repose dans l'évidence des morceaux et des mélodies. Pas leur simplicité mais plutôt cette sensation d'avoir écouté l'album toute notre vie, et ce dès la première écoute. Le premier album des Smiths en est un bon exemple, tout comme l'est le premier album des Strokes. Rajoutons donc à cette liste le dernier album de The Drums (et aussi le premier tant qu'on y est).
mercredi 12 octobre 2011
Gallows - Grey Britain
Je laisse de côté la petite histoire (premier album - succès - signature sur une major) pour en venir aux faits : Grey Britain est un album de punk-hardcore gominé au rock'n'roll, qui relève le défi d'une œuvre easy-listenning mais ambitieuse. Sing-along, refrains entêtants, et fil conducteur intéressant (la décrépitude de la société anglaise) en font un album riche, maladroit, humain. Grey Britain est un bon album. Tout simplement. Il est pompeux, il est racoleur, et je l'aime exactement pour ça.
vendredi 30 septembre 2011
Youth Avoiders - Demo (2010)
C'est fini. Tu n'es plus un enfant. Maintenant tu cherches du taff, tu t'inscris à la CPAM, la baguette augmente et les clopes aussi. Ta première meuf est enceinte et bientôt mariée à un Kévin juste gentil, pompier volontaire, gros con de père en fils. #seriousbusiness comme disent certains américains moyens. Maintenant et jusqu'à ce que, sur les rotules, tu décides de partir en retraite anticipée, tu vas te lever, aller bosser, boire une bière avec des gens gentils mais que tu ne connais pas vraiment, et puis tu vas rentrer chez toi, acheter un chat et mourir. Je crois que le plan se résume à ça.
Et pour supporter ce long trajet tu as la démo de Youth Avoiders. Tout simplement. D'après les experts on serait face à un garage punk revisitant avec brio le hardcore des années 80, pour ma part j'y entends une bonne alternative au déferlement de hardcore de routier à grosses bouliches trustant mes charts last.fm ces derniers mois. Dépouillée, la musique des Parisiens s'appuie sur un chant crié sans artifice et sur des guitares claires qui alignent de très bons riffs mélodiques. L'absence de toute distorsion n'est en rien une lacune et éclaire tout ce bordel d'une pureté accrocheuse qui te permettra de passer ça en soirée sans te faire insulter. De la musique d'ado pour petits adultes, de la musique d'adultes pour grands enfants, bref, si Fonzy se faisait un tatouage sur le torse, ce serait sûrement "Youth Avoiders". Tu l'as ?
Avant d'écouter les 2 tueries, juste en dessous, sache que les YA sortiront en novembre un EP sur Build Me A Bomb records et Destructure records.
Youth Avoiders by thelightcarrier
vendredi 9 septembre 2011
Youth Lagoon - The Year Of Hibernation
Avec Youth Lagoon on risque d'en prendre pour un sacré bout de temps, jusqu'à l'écœurement, alors autant en profiter maintenant, quand le charme désuet de ces petites chansons flotte encore dans une dimension étrange, insaisissable. C'est presque inévitable, on s'en doute tous plus ou moins, la pop lo-fi du jeune homme de Boise est vouée à s'étendre, à grandir. Elle tient en elle cet étrange paradoxe, relevant à la fois d'un amateurisme et d'une innocence confinés à la chambre d'un enfant blafard, tout en se déployant sur de longues nappes dont l'immensité n'a d'égal que la grâce hantée. YL rappelle en cela certains aspects du Cerulean de Baths, micro et macro, ainsi que dans l'omniprésence d'un feeling organique (ça faisait longtemps) qui sent bon l'humus et les haut-plateaux. Les petites structures décharnées et froides s'étoffent, mutent vers le shoegaze, vers une dream-pop soutenue par la voix sous reverb d'un jeune type de 22 ans qui pourrait en avoir 16. La beauté de The Year of Hibernation est d'une telle évidence et d'une telle pureté que je vois mal comment vous pourriez vous permettre de passer à côté. Must-hear.
jeudi 30 juin 2011
Touché Amoré - Parting the Sea Between Brightness and Me
C'est en rôdant à visage masqué dans des recoins peu glorieux de tumblr (à savoir la zone contrôlée par des hordes à frange d'emo-teen US) que je suis tombé sur des extraits du nouveau Touché Amoré. Il semblerait que le lyrisme teinté de désespoir du groupe de hardcore/screamo touche particulièrement les adolescentes habituellement occupées à poster leurs seins via Instagram.
20 minutes et 13 titres qui m'ont très vite réconcilié avec le screamo. (Oui vous savez, on était un peu fâchés lui et moi depuis qu'Envy joue du Joe Dassin) Très court donc, PtSBBaM se doit de compenser en intensité, ce qu'il fait sans mal, grâce à une production très propre, des titres hardcore mélodiques ardents et surtout ce chant (parfois un peu monotone) qui mène la barque Touché Amoré avec emphase et une certaine affliction assez poignante.
On retrouve en fait deux recettes ici : le passage en force d'une part (chaotique mais pas dénué d'émotions pour autant) et des titres plus calmes de l'autre, où le tempo ralenti permet de faire entrer en scène un piano, des arpèges plus fins et de peaufiner le feeling très sombre de l'album. C'est en cela que Touché Amoré est un groupe sortant du lot des coreux tristes, en parvenant à caser des dizaines d'idées et d'émotions dans des morceaux ne dépassant que rarement les 2 minutes sans que cela soit étouffant ou bancal. Une réussite sans aucun doute.
jeudi 21 avril 2011
Kvelertak - Kvelertak
Il est l'heure de reparler du phénomène. Si tu m'aimes beaucoup et que tu as décidé de relire tous les articles de ce blog depuis le commencement, tu te souviens sûrement d'un post sur Kvelertak, il y a un peu moins de 2 ans. À l'époque malheureusement, pas d'album à me mettre sous la dent, j'avais juste évoqué le "black metal- and thrash-inspired punk rock, with a pop-oriented approach" (c'est eux qui le disent) des norvégiens, en espérant avoir rapidement quelque chose de concret. C'est fait aujourd'hui, et bien fait. Pas de surprises, c'est bien le groupe qu'on avait laissé il y a 2 ans : fondations hardcore-punk, revêtement black metal et laque rock'n'roll. Le tout produit, une fois n'est pas coutume, par Kurt Ballou.
On pouvait espérer une empreinte black metal plus marquée que ça, notamment à l'écoute des premières démos, mais on gagne ici en efficacité ce qu'on perd en violence. Kvelertak est un groupe solaire, à l'image de Baroness ou Torche, qui tabasse avec le sourire, bonne ambiance, tsé. On fait du metal entre potes, en famille. On retrouve d'ailleurs Hoest (Taake) et Ryan McKenney (Trap Them) derrière le micro.
On préféra mettre de côté l'étiquette de necro'n'roll pour leurs comparses de Lydia Laska (dont le premier album sorti l'année dernière chez Duplicate Records ne m'est toujours pas parvenu, mais qui fera à coup sûr l'objet d'une chronique) y préférant celle d'un blackened hardcore rutilant.
mardi 11 mai 2010
Deftones - Diamond Eyes
Je vous avoue qu'il m'a fait un peur ce nouveau Deftones. J'ai bien cru que pour la deuxième fois je serais déçu. Si l'éponyme m'avait surpris, il s'était très vite montré à la hauteur de ses prédécesseurs, ce qui n'est pas le cas pour Saturday Night Wrist qui, malgré de très bon morceaux, ne parvenait pas à trouver cette cohérence propres aux autres albums. Diamond Eyes a failli me décevoir mais il n'en est rien. On parle partout de "retour en arrière", et ce n'est pas faux, les premières écoutes sont sabordées par la production monstrueuse mettant en avant des riffs simples, ultra-plombés, mais rappelant plus la violence teenage basique de Bored ou 7 Words que la finesse des derniers albums. Après deux écoutes j'ai d'ailleurs reposé Diamond Eyes, avec la sensation de tenir entre les mains un disque bâclé (la faute ou pas aux difficultés rencontrées par le groupe sans son bassiste de toujours etc.)
Et puis je l'ai repris ce disque, quelques semaines plus tard, pour constater que derrière ses guitares de bûcherons se cachaient des arrangements ciselés et, surtout, un retour en force de Moreno et de ses lignes de chant poignantes. On ne peut pas nier un certain ralentissement dans l'évolution de Deftones, Diamond Eyes se démarquant des derniers albums par un éclat brut, direct et hargneux. Ce que j'avais pris comme un défaut lors des premières écoutes n'en est pas un. Deftones retrouve ici une cohérence que n'avait pas Saturday Night Wrist. On sent l'album habité par une présence, une aura, beaucoup plus franche que sur son prédécesseur, lui un peu trop éparpillé pour être honnête.
Coucou
Coucou
Coucou hibou coucou, vivement la suite.
Si tu ne l'as toujours pas écouté (MER IL ET FOU) voilà un petit aperçu :
jeudi 28 janvier 2010
Baroness - Blue Record
Baroness ils me font mal aux yeux. Trop de couleurs pour un daltonien comme moi. Comme cet album là, un fourre tout pouet pouet heavy as fuck, paradoxalement digeste as fuck.
"Alors, il est bon ou pas le dernier Baroness?" s'interrogeait l'autre jour un camarade à lunettes. Eléments de réponse imagés, Robert :
Baroness, faut se l'imaginer comme un adolescent blondinet. Sa tignasse blonde au vent, il dévale en tricycle une pente ensoleillée du Valhalla, en hurlant (un truc du style "wouhou" ou "yeehaa"). Baroness, dans sa tête, il est une Triumph ronflante, comme celle de son grand frère barbu, Mastodon. Mais bon, Baroness il se prend moins la tête, c'est les vacances et il s'en fout. Arrivé en bas, il se met à danser et sautille comme son cousin Torche. "Ils ont toujours eu le sens du groove ces deux là" nous confiaient leurs pères respectifs, Zozobra et Big Business. Comme tout bon adolescent qui se cherche, Baroness ne sait pas trop ce qu'il veut devenir. Heavy-fm ou sludge couillu, il sait pas. Surtout, ne vous fiez pas à ses phrases pompeuses, ni à ses vêtements criards, au fond, Baroness, c'est juste un ado un peu plus intelligent que la moyenne, qui prend son pied avec entrain, pied au plancher, et le sourire jusque là.
vendredi 8 janvier 2010
Dinosaur Jr - Farm
Ces mecs sont en avance, c'est sûrement pour ça qu'ils semblent constamment prendre leur temps.
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