Affichage des articles dont le libellé est mutilation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mutilation. Afficher tous les articles

mardi 4 septembre 2012

Gaza - No Absolutes In Human Suffering





Gaza fait partie de ces groupes que j'ai eu la chance de découvrir en concert. Les américains ouvraient au Glaz'art pour une soirée de douceur en compagnie de Trap Them et Rotten Sound. Un vrai plaisir. Après un set très prometteur j'étais un peu resté sur ma faim en découvrant le versant studio du groupe. Difficile d'y retrouver la hargne du live, d'autant que la seule force brute de leur musique ne dissimulait que très mal le manque d'inspiration et le bourinage facile.

No Absolutes In Human Suffering marque très clairement un cap à ce niveau là. Beaucoup plus accrocheur, le bruit généré par le quatuor émerge du bordel bête des premiers efforts et tend vers un chaos dompté, marqué par une personnalité du groupe mieux définie et plus clairement affirmée.

Plus dense, plus sombre, Gaza balance au passage deux ou trois morceaux de bravoure comme This We Celebrate ou Not With All The Hope In The World (qui dépasse les 6 minutes), prouvant au passage qu'ils se démerdent plutôt bien dans un registre beaucoup plus lent (registre qu'ils exploraient plus auparavant, mais avec moins de bonheur qu'ici.)



C'est précis, ça cogne sec, et c'est sorti fin juillet chez Blackmarket Activities.


 

samedi 5 mai 2012

Marilyn Manson - Born Villain



Je n'attends plus rien de Marilyn Manson. J'ai déjà reçu tout ce que je pouvais espérer de lui. Le malaise épais de Portrait of an American Family et Smells Like Children, la géniale trilogie Antichrist Superstar, Mechanical Animals, Holy Wood et même un revirement pop-rock réussi avec Eat Me, Drink Me. Je n'attends plus rien de Manson parce qu'une grande part de la fascination qu'il exerçait sur moi a disparu après Holy Wood, quand MM est devenu humain. Cet album est pour moi le véritable chef d'œuvre de Manson, le point final d'une carrière mouvementée qui a tué l'Antichrist et n'a laissé que cendres et poussière derrière lui.

Après la parenthèse entertainment The Golden Age of Grotesque où Manson assumait pleinement son rôle d'amuseur public et de bête de cirque, il avait réussi à se réinventer en dévoilant pour la première fois son véritable visage, celui de Brian Hugh Warner, dans le romantique Eat Me, Drink Me. Difficile à partir de là de concevoir une suite au projet Marilyn Manson. La perversité, la crasse et la provocation élaguées, il ne reste à Manson que son petit être, ses peines de cœur, ses craintes, celles d'un homme normal, au mieux d'une rockstar égocentrique. L'échec total qu'est The High End of Low a néanmoins le mérite de fermer la parenthèse romantico-Caroll-Burtonienne du plus mauvais goût et vient une fois de plus tuer Manson pour mieux le faire renaître. Le résultat de cette renaissance s'appelle Born Villain.








Je n'attends plus rien de Marilyn Manson car il n'est plus envisageable pour lui aujourd'hui de ressortir les brulôts du passés. Maintenant qu'il est redevenu un homme comme les autres, Manson doit se battre contre la tentation de la facilité et se démerder comme la rockstar qu'il est pour sortir des albums de qualité. Pas des chefs d'œuvre habités, hantés par un souffle mystique, non, juste de bons albums de rock, ce qu'il réussit plutôt bien avec Born Villain. On ne trouve pas de thèmes forts comme auparavant, pas de déguisement, on sent que MM a totalement assimilé la mort de ses avatars et que c'est maintenant lui qui se livre à l'auditeur. Ne reste que la musique.

Born Villain tire un trait sanglant sur la mauvaise pop de l'album précédent et ce dès l'entrée en matière, avec l'enragé Hey, Cruel World... doigt d'honneur toutes guitares dehors, comme une profession de foi, marquant le retour à une musique plus véhémente. Je me représente cet album comme un Mechanical Animals SM, brut, punk, moins ambitieux, mais efficace. On pense aux Stooges (The Gardener), à Killing Joke (Overneath the Path of Misery) et on s'attache vite à ces 14 pistes à la fois très simples mais accrocheuses. On retrouve aussi des morceaux comme Murderers Are Getting Prettier Every Day, pas le plus réussi mais bel exemple de la rage retrouvée et de l'envie d'en découdre du Révérend en 2012. Quant à Breaking The Same Old Ground elle remet au goût du jour les ballades d'Antichrist Superstar comme The Man That You Fear, mais passées au filtre du nouveau Manson rock découvert sur Eat Me, Drink Me.

Le groupe Marilyn Manson n'a rien perdu de son talent pour composer de bons morceaux et on est donc face à un bon album de rock. Reste à savoir si MM plaira autant à ses fan de la première heure maintenant que sa musique à repris une taille humaine, maintenant le supplément d'âme dont je parle souvent a disparu, maintenant que Manson fait du rock, rien que du rock.



mardi 24 avril 2012

Unsane - Wreck



Vingt ans que les mecs d'Unsane gravent péniblement leur blues urbain et saignant sur de la cire salie, plus de vingt ans aussi qu'ils s'entêtent dans une sorte de monotonie frustrée et colérique sans jamais pourtant faire de faux pas. Plus qu'un simple groupe, Unsane est une entité étroitement liée à la ville, à la crasse gory, à la vie de ses membres. C'est sûrement ce qui explique à quel point les mecs ont du mal à s'en détacher quand ils partent à l'aventure dans leurs side-project respectifs. Que ce soit avec Celan ou avec Pigs, l'ombre gluante et coagulée d'Unsane n'est jamais loin.

Par rapport à l'intensité de Blood Run ou à l'amplitude de Visqueen, Wreck peut sembler se construire légèrement en creux. Le pari de tenir une ligne directrice depuis des années et de ne jamais en dévier est à la fois ce qui fait advenir les meilleurs titres du trio et ce qui peut décourager certains auditeurs. Heureusement, Spencer et sa bande s'autorisent quelques sorties hors-sentier avec une balade bluesy et puissante (Stuck) et un titre ovni cynique et rigolard (Ha ha ha).

S'ils ne se sont pas assagis, les trois rôdeurs d'Unsane ont sans nul doute profité de leurs aventures extra-conjugales pour enrichir leur musique, intense et maîtrisée.



vendredi 3 février 2012

Bosse-De-Nage - II



La lente introduction en ouverture de II marque d'emblée cet album du sceau du minimalisme. Les notes martelées hypnotiquement laissent soudain percer un hurlement et c'est à peu près là que la moitié d'entre vous va prendre peur. Un hurlement aigu, désespéré, proche des lamentations de Silencer (bien que moins extrêmes) qui, si j'en crois les réactions de mon entourage soumis et résigné subissant ma musique glacée sans broncher, pose pas mal de problèmes. Pourtant ce chant est un des points forts de Bosse-De-Nage, ce qui en fait une entité remarquable, un groupe avec une véritable personnalité. Je vous engage donc à insister un peu, pour pas qu'on se moque de vous demain au bureau parce que vous aurez raté un des meilleurs albums de 2011. C'est dit.
Musicalement, pas de doute, c'est du black metal. #megasurprise. Les harmonies fines du suicidal-black metal sont bien là, comme pouvait le laisser penser le chant, mais on ne bascule jamais dans l'apathie de Forgotten Tomb. Au contraire, chaque morceau offre de longues phases véloces et épiques à t'en faire bander un viking. Vraiment épiques. Et par épique j'entends FUCKING EPIC. Écoutez The Lampless Hour, et ses 6 minutes de folie triste et dépouillée, moi j'en ai des frissons. 
Bosse-De-Nage est un étrange assemblage de metal noir, à la fois digne de la scène USBM tout en se démarquant par un modernisme minimaliste très attrayant. Radical et moderne, et donc, excellent.

Vous pouvez tout écouter ici : http://theflenser.bandcamp.com/album/bosse-de-nage-ii

dimanche 20 novembre 2011

Black September - The Forbidden Gates Beyond



Paradoxalement, foetusfoetus est resté bien muet en novembre, alors que derrière grouille un amas d'immondices qui n'attendent qu'une chose : se déverser en ces pages. Trop occupé à rattraper mon retard avant que ne soit venue l'heure des impossibles bilans, j'en ai oublié le principal : LE PARTAGE. La première offrande qui étrenne ses pages de novembre sera donc the Forbidden Gates Beyond, des américains de Black September.

Tout droit venu de Chicago sur son destrier fou, Black September crache en 36 minutes une belle petite horreur, furieuse et bien fuselée. Les deathsters vernisse leur death suédois d'un feeling necro relativement clean (on est loin des prod USBM) en maniant avec un panache un poil insolent l'art du riff qui fait mouche. Épique comme une course de lévriers enragés, TFGB tatane avec intelligence en évitant les surenchères de blast-beat et l'étourdissement de violence pour privilégier mélodie et efficacité. La basse en fer forgé et le chant féminin surnagent dans cette mélasse noire et marquent un peu plus l'identité de ce jeune groupe qui nous pond ici un effort un peu court mais indéniablement réussi.




mardi 6 septembre 2011

New Lows - Harvest of the Carcass



Même ma grand-mère est au courant : le hardcore sombre et très énervé est à la mode. Vous avez pu le lire ici comme partout ailleurs, Southern Lord en a fait son nouveau destrier de bataille, et chaque jour apporte son lot de mecs tatoués braillards, pas vraiment tough guy mais puisant dans le metal (death ou black ou autres) des atmosphères et une inspiration enfiellée. Ce que ne sait pas ma grand-mère, c'est que la plupart du temps, cet engouement est vite démenti par la qualité des-dits groupes. All Pigs Must Die (tout frais signé sur le label de Greg Anderson), malgré un emballage de premier choix, sonne creux et déçoit. Oathbreaker a beau se débattre avec un certain panache, on s'emmerde sec passées 3 écoutes. Et puis il y a New Lows, une tribu de bostoniens qui a décidé de faire cruiser son hardcore, prenant à contre-pied les délires de vieux grind dont souffrent leurs compères de Nails. C'est la même musique qu'ils jouent tous les deux, mais quand l'un opte pour le chaos et la vitesse, l'autre va s'ingénier à tirer les rênes pour mieux baver des breakdown burnés que je ne vous ferai pas l'affront de nommer pachydermiques car ce mot est interdit. Pensez Trap Them et Nails donc, puis oubliez tout et pensez Bolt Thrower, et Discharge. Tout l'album est une punition, une lapidation en règle avec en lieu et place de gros galets des riffs aux dents longues, qui littéralement ne volent pas haut. Le Saint Groove sort de terre, noueux plus que de raison, et je vois dans mon jeu de tarot que tu vas bouger la tête en remerciant tes parents de t'avoir doté d'oreilles.



vendredi 8 juillet 2011

Acephalix - Interminable Night



Je vous présente Acephalix, une grosse fratrie de charognards se repaissant sur les corps encore chauds d'Entombed et de Napalm Death. Acephalix, un monstre sorti tout droit d'un roman de Mary Shelley, assemblage nécrosé de membres crasseux dont la voix d'outre-tombe est le truc le plus flippant que j'ai entendu depuis un bout de temps. Acephalix, tu ne peux qu'aimer. Foncièrement punk, intrinsèquement death, évidemment crust, qui fleure bon la Suède des 90's sans tomber dans le plagiat, qui suinte le d-beat west coast par tous les pores de sa peau verdâtre, le monstre de Frankenstein du metal, la poupée gonflable du metalhead, la lobotomie de fin de journée. Et c'est chez Southern Lord, encore.



mercredi 18 mai 2011

Aosoth - III



Gloire au Porteur de Lumière mes amis, il leur a montré le chemin, il a creusé pour eux l'Infâme, il les a traînés vers les profondeurs, et il a vu que c'était extraordinairement bon. Oui mes chers petits, encore du black metal, et encore un groupe français. Oui mes chères boules de vice, c'est d'Aosoth dont je vous parle.

On les connaît déjà, oui, on s'est déjà fait malmener sévèrement par les 2 précédents albums, ces murs de bruit noir ultraviolents. Comme moi, mes ouailles inverties, vous n'avez peut-être pas vraiment accroché, à cause d'un manque d'originalité, d'une brutalité vaine, d'un decorum caricatural? C'est possible, tout cela est possible. Ou plutôt était possible. Il faut dire qu'on avait la tête ailleurs, entre Blut Aus Nord et Deathspell Omega... Aosoth ne m'avait jamais paru digne de venir se tenir dans la cour des grands. Et puis III est arrivé. Comme une vilaine bête galeuse, III mord, et ne relâche jamais son emprise. Rien d'excitant, rien d'entraînant, pas de soupirs, pas de dandinement. III est monotone, lent, asphyxié. L'image de la catabase n'a jamais été aussi juste : on creuse perpétuellement, dans une terre noire avec un certain abandon mais sans jamais trouver de poche d'air, de sursis. On croit être arrivé au bout du voyage, mais on se trompe, rien n'est fait, rien n'est joué et les guitares lacèrent un peu plus ce qu'il te reste d'ouïe.

Oui, Gloire au Porteur de Lumière, il leur a montré le chemin, et Aosoth s'est défait de ses gonds, emmenant dans sa fuite le meilleur de ces illustres confrères.



mercredi 31 mars 2010

Throatruiner #4 : Quartier Rouge - Les Années lumière

http://cache0.bigcartel.com/product_images/3542344/cover_low.jpg


Quartier Rouge : Et puis dans la famille Throatruiner on a Quartier Rouge. Le fils autiste enfermé à la cave depuis qu'on ne peut plus vraiment le tenir. Depuis qu'il ne sait plus vraiment ce qu'il fait. Mais aujourd'hui, il sort de la cave, il se montre, nu et frêle, il est gênant et met tout le monde mal à l'aise. Enfant surdoué, il est pourtant le plus prometteur de la famille mais il est incompris, son génie se déverse trop vite, il n'a pas le temps de tout dire, de tout expliquer : Cette voix débile, ces cris écorchés, on préfèrerai ne pas le voir, ne pas l'entendre. Ébouriffé, les ongles salis, il sort de la cave, et il nous montre la petite pièce de théâtre qu'il a montée, tout seul, en bas. 20 minutes d'une représentation barbare, cynique et débridée, rongée à l'acide, qui pue l'urine et la consanguinité. Une leçon.


Throatruiner #2 : Nesseria - s/t


Nesseria, des Orléanais cette fois. Impossible de ne pas penser au Converge des débuts, plus violent peut être, plus direct en tout cas. Plus sombre aussi, beaucoup plus sombre. La recherche ici n'est pas dans la variation et la richesse des ambiances mais dans la tension continuelle, l'ascension pénible vers ce qui peut se faire de plus direct en terme de musique violente. Le propos est primaire mais extrêmement jouissif.


Nesseria plays Trauma in Germany

NESSERIA | MySpace Music Videos

samedi 12 décembre 2009

Shining - V - Halmstad / VI - Klagopsalmer






















J'évoquais il y a peu mes difficultés à assimiler le dernier album en date des suédois de Shining. Trop de branlouille de manche heavy trilililili pour être honnêtement noir. J'avais ressorti son prédécesseur, Halmstad, pour me rendre compte que la formule n'avait en fait pas évoluée tant que ça. Un black metal franchement porté sur les guitares, inventif, mutant, heavy bien sûr mais toujours frappé du sceau de la noirceur et de la mélancolie qu'on lui connaissait depuis ses débuts.. Alors quoi? Les mêmes ingrédients, le même résultat non? Que nenni. Là où Halmstad s'imposait de par sa polymorphie et sa faculté à superposer (et non alterner) deux facettes à priori antagonistes (noirceur/ groove heavy), Klagopsalmer perd en subtilité, rompant par des soli tonitruants toutes les ambiances construites avec brio dans les morceaux. L'affaire était entendue mes braves, mais c'était sans compter un passage au Trabendo et l'immense bonté de mon patron.
Un passage au Trabendo, parce que voir la bande de Suédois m'a, comme souvent après un concert, permis de percevoir et d'appréhender leur son d'une manière différente.
La bonté de mon patron, qui tolère Klagopsalmer en boucle au bureau. Ce qui n'est pas donné à tout le monde.
Et de me dire qu'il serait dommage de passer à côté d'un tel chef d'œuvre pour quelques trifouillages de manche de mauvais goût. Car l'album en lui-même, même s'il reprend exactement les composantes de son prédécesseur, n'en reste pas moins une putain de compil' de glaviots hargneux, auréolés d'une luminosité acoustique et d'un chant clair pétrifiant, un chant puissant, ample, rappelant parfois les divagations d'un Kvohst. Un cran en dessous de son prédécesseur, Klagopsalmer semble confirmer définitivement la voie préssentie sur The Eerie Cold, et clairement empruntée sur Halmstad : celle d'une musique hybride sans aucune censure, flirtant avec une folk décharnée, un jazz malingre et froid des origines, un heavy infusé de blues mélancolique.