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mardi 10 avril 2012

Lord Mantis - Pervertor



A priori je ne devrais pas avoir grand chose à rajouter. Vous avez vu le nom du groupe, le nom de l'album, vous vous êtes sans doute attardés sur la magnifique pochette de Justin Bartlett et sans attendre vous allez lancer le player en fin de chronique pour voir ce que ça donne.

Je ne pense pas avoir à vous dire qu'ici la crasse est reine. Que le blackened sludge d'un Dragged Into Sunlight n'est qu'une excuse pour creuser jusqu'au cœur froid de Celtic Frost. Oui oui ma caille, Celtic Frost. Tu ne trouves pas ? Derrière le souffle reptilien et la chaleur tellurique de gros riffs poilus et parfois neurosiens, ne serait-ce pas en fait tout le groove cadavérique helvete qui s'immisce ? La présence de membres de Nachtmystium et (surtout) d'Avichi en est d'ailleurs une preuve suffisante.

Tout ça ne sent pas très bon, et on reste enfoncés jusqu'aux genoux pour une bonne moitié d'album dans les remugles épais d'une riffaille enrouée qui ne se met véritablement en branle que sur les dernières pistes. Réussir à recouvrir le squelette glacé du thrash de Celtic Frost d'une épaisse couche de fèces fumantes et de peaux de bête encore ruisselantes de sang chaud, c'est le pari poétique et risqué (et réussi) qu'a pris Lord Mantis. Sale.



vendredi 21 octobre 2011

Death Grips - Exmilitary




I AM THE BEAST I WORSHIP


Bricolage hip-hop assemblé au scotch noir dans le mini-van d'un rôdeur des bas-côtés, la musique de Death Grips s'auto-mutile en serrant les dents, amaigrie par les privations, par la colère et la fièvre. L'avant -garde en treillis fracasse la FM en hurlant dans une boîte de conserve rouillée, appelle à la guerilla sale et pénible. Pensez à M.I.A régurgitée par un Saul Williams des township, ou peut-être à l'oncle pervers noir sous les ongles de Tyler, the Creator. Ça brait, chien, ça se parfume avec l'essence du punk et ça craque une allumette. Haine des flics, rituels antédiluviens, réflexions métaphysiques, tout se brasse et se recrache avec la même férocité. Hardcore insurmontable. 


I AM THE BEAST I WORSHIP


 En téléchargement ici.

L'écoute en streaming est dispo ici : 
Death Grips - Exmilitary by deathgrips



vendredi 8 juillet 2011

Acephalix - Interminable Night



Je vous présente Acephalix, une grosse fratrie de charognards se repaissant sur les corps encore chauds d'Entombed et de Napalm Death. Acephalix, un monstre sorti tout droit d'un roman de Mary Shelley, assemblage nécrosé de membres crasseux dont la voix d'outre-tombe est le truc le plus flippant que j'ai entendu depuis un bout de temps. Acephalix, tu ne peux qu'aimer. Foncièrement punk, intrinsèquement death, évidemment crust, qui fleure bon la Suède des 90's sans tomber dans le plagiat, qui suinte le d-beat west coast par tous les pores de sa peau verdâtre, le monstre de Frankenstein du metal, la poupée gonflable du metalhead, la lobotomie de fin de journée. Et c'est chez Southern Lord, encore.



lundi 20 juin 2011

Peste Noire - L'Ordure à l'état pur



Ça y est il est revenu l'infâme. La Sale Famine est de retour avec le meilleur album français de l'année. Rien que ça. On l'avait laissé à ses délires médiévaux de royco à crête, en se demandant si la Famine en avait encore sous le coude. Pas de suspens, le Peste Noire nouveau est dégueulasse comme un gros beaujolais qui tâche mais continue à cultiver ses paradoxes, en chiant des étrons ignobles dissimulant un talent d'écriture et de composition indéniables. Plus raciste et vulgaire que jamais, toujours plus punk, toujours plus dérangeant, toujours plus drôle aussi.

Peste Noire aujourd'hui c'est un black metal intelligent et complètement flingué, souillé d'indus luxuriant, de passages de bravoure jubilatoires, de musette morte-née. Peste Noire aujourd'hui c'est à la fois la détresse urbaine et la chiasse des grandes villes, l'envie d'un ailleurs forestier et sauvage, et la revendication d'un terroir et d'un nationalo-royalisme fantasmé. Imaginez Les Garçons Bouchers, le punk foireux et franchouillard, qui rassemble les ratés, les maboules, les moches et les chauves, mais cette fois de l'autre côté du spectre, souillé par la sale vermine. Imaginez la précision d'un black metal, les mélodies folk et vous commencerez un peu à cerner la Bête. Impossible de pleinement apprécier l'Ordure à l'état pure sans lire les paroles de Famine, horreurs entêtantes qui parachèvent cet excellent album.



mercredi 18 mai 2011

Peste Noire - Ballade cuntre lo Anemi francor



Pour patienter avant un nouvel album à l'artwork ( http://bit.ly/iE3ZDO ) prometteur, revenons un peu sur le dernier effort en date de Peste Noire (ou Kommando Peste Noire), Ballade cuntre lo Anemi francor, sorti en 2009. Peste Noire est avant tout le projet d'un homme, La sale Famine de Valfunde. Pas mal de noms intéressants sont passés par là comme Neige (Amesoeurs, Alcest) ou Sainte Audrey-Yolande de la Molteverge (Amesoeurs) mais Famine reste seul maître à bord de cette triste galère.

Ballade... est l'album le plus à vif de K.P.N, et le plus riche. Certes La Sanie des siècles - Panégyrique de la dégénérescence, le premier album, était un excellent album de black metal français, mais ici on vient se vautrer dans une toute autre fange. La production s'en ressent d'ailleurs puisqu'on est face à l'album le plus crassouille des trois. Crassouille te dis-je.

AU SUBLIME PAR LE PUTRIDE, AU SPIRITUEL PAR L’IMMONDICE

Telle est la devise du groupe, un horizon d'attente que leur musique comble parfaitement. Amalgamant ce qu'il y a de plus laid et de plus bas chez l'homme, Famine fait émerger une étrange beauté. Pourtant il est puant cet album, à la fois médiéval et urbain, paramilitaire et poétique, avec sa musique brunâtre détournant les chants nationalistes ou royalistes dans une sorte de grande farce masquée de la France d'Oïl. Un black metal rance habité par une folie punk bien sale sous les ongles, mais fier et fort malgré la fièvre. Le malin est ici laissé en arrière-plan, en creux, en cœur, au profit d'un nationalisme oldschool (mais alors vraiment oldschool). Peste Noire n'est pas un groupe NS, loin de là, mais un groupe extrême considérant le retour à la terre, l'intégrisme et les préceptes nationalistes comme continuité logique du black metal français. Ce délire malade s'enroule dans un folk cru et érudit.
Ballade est encore une fois un album très littéraire, reprenant un poème de François Villon ou un texte de Verlaine magistralement mis en musique.

L'identité de Peste Noire n'est plus à trouver, Famine a parfaitement su restituer tous les démons qui l'habitent, toutes ses peurs, ses convictions, sa hargne, en en gardant un peu on l'espère, pour l'album à venir.



mardi 19 avril 2011

Blut Aus Nord - 777 Sect(s)



Je vous laisse le soin de vous renseigner sur la genèse et le paratexte de cet album, sur la trilogie inaugurant un nouveau cycle après le chef d'oeuvre MoRT et le retour au source de Memoria Vetusta II... Le texte quant à lui est plutôt simple. 777 Sect(s) est l'album le plus facile de BAN car il fait office de synthèse générale, bien ficelée mais sans surprise. La folie de dissonances qu'était MoRT se retrouve sanglée à une ossature solide, celle des deux albums précédents (et à mes yeux les meilleurs du groupe) The Mystical Beast of Rebellion et The Work Which Transforms God. On a droit à tout ce qui fait de BAN un excellent groupe : marasme indus, décharges haineuses, ampleur cosmique dans les passages plus atmosphériques, et surtout ce malaise, omniprésent. La production est parfaite (on sent un énorme travail sur les voix), et le tout cohérent. Le feeling indus est prédominant, tant dans les leads que rythmiquement, évoquant souvent un Godflesh primaire, un Jesu rampant.  777 Sect(s) renoue avec le grand BAN, un peu éteint depuis MoRT, et annonce une suite plus electro des plus alléchante.


jeudi 10 mars 2011

Profanatica - Disgusting Blasphemies Against God



Black Cum
Pious Piece of Shit
Christ's Precious Blood Poisoned
Smashing Religious Fucking Statues
Fuck the Blood of the Lamb
Covered in Black Shit
No Trumpet Shall Sound
Crush All That Is Holy Defile
Excrement Sacrosanct
Angel With Cock

 Il faut bien lire la tracklist pour comprendre. Comprendre que c'est pas le disque de chevet de Ratzinger. Comprendre qu'à part patauger dans la fange, dans une merde noire en se branlant la basse comme jamais, il n'y a pas grand chose d'autre à espérer. Un black metal bas du front, la bave au lèvre, qui fonce dans le tas. Pas vraiment le même registre que Deathspell Omega on est d'accord. Mais cette basse. Cette basse elle rachète tout. Cette basse vient départager Disgusting Blasphemies du reste du troupeaux de brebis galeuses. Elle rampe sur ce disque et le contamine, on n'entend plus que ça, un poison pâteux, une purée qui tartine cette terre morte de gueuseries païennes. C'est bon à vomir.



mercredi 1 décembre 2010

Matt K. Shrugg - Gone Ashtray


Matt K. Shrugg - Hallow Scene by thelightcarrier


La petite vermine qu'il te faut avoir écoutée avant que ta panse n'explose, tant quand le froid piquant te tient encore éveillé, avant que tu ne te baffres dans les restes du festin enguirlandé. On va dans la joie et la bonne humeur, se cisailler la commissure des lèvres avec une corde de Mi, possible, car pour une fois ça pue vraiment le garage. On t'introduit le bordel dans une oreille et l'arrache par l'autre côté. On bouffe le cendrier en mâchant bien chaque mégot. Peut-être peux-tu encore danser, profites-en. Le bal de fin d'année se joue dans une cave polluée, saturée de fumigènes. Ah ça, on gigote, c'est bancal mais on se trémousse les dents serrées, et c'est Chuck Berry lo-fi fini à la pisse qui se la joue free skull music en éventrant le saxophone.

jeudi 17 décembre 2009

Nick Oliveri - Death Acoustic




Nick il est tout seul. Il est assis par terre, au milieu de son salon cradingue. Il est en slibard depuis 4 jours, il écrase ses mégots sur un tapis miteux, renverse sur son bouc de rouquin le fond de son Jim Beam Black, 8 ans d'âge. Nick c'est un putain d'apache avec une gueule d'ange qui trouvait que les Queens of the Stone Age sentaient trop le petit marseillais. Maintenant il est tout seul avec sa guitare et il tape un petit buff avant d'aller s'évanouir sur le canapé défoncé. Il reprend du Raw Power, matraque un Misfits, encrasse un peu du QotSA et se fini sur un GG Allin moisi. Nick il t'emmerde, il bave sur son micro, retourne la cassette, rallume un cul de joint et se casse.

Nick il vient de t'envoyer un Scud acoustique.