Affichage des articles dont le libellé est hématite. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hématite. Afficher tous les articles

vendredi 18 février 2011

Virus - The Agent that Shapes the Desert


Music in a silent universe

Il y a cette basse potelée, plastique, qui coule et rebondit. C'est elle qui décide. Derrière elle se débattent dans la rouille et l'acide, des guitares d'acier, sûrement pas désaccordées, mais dissonantes. Elles s'enroulent autour de la Basse originelle, l'enserrent, la cisaillent, et répètent à l'infini leurs riffs alien, pour lui voler le premier rôle, s'imposer comme le squelette de ce baladin des enfers.
Il y a cet étrange désert rouge, martien, veiné de torrents de poix noire, fleuves léthargiques, coulants telle une lave fatiguée. Cette musique est née dans le soufre et le feu, hasardeuse et pourtant implacable. Au milieu des étendues stériles chante l'histrion, lyrique, enflammé, fou. Il chante seul, prêcheur abandonné de tous, et raconte les villes en ruines, le soleil cuisant, les reflets mouillés sur le sol desséché.
Ça y est, tu le tiens le véritable jazz noir, la soul empoisonnée.



samedi 9 janvier 2010

Altar of Plagues - White Tomb






POSTROCK


Non je rigole, revenez revenez. C'est l'heure de la dithyrambe hebdomadaire. Aujourd'hui White Tomb, d'Altar of Plagues. Qui devrait figurer dans tout bon top 10 (12) 2009. Oui, j'ai oublié de le mettre... Minichronique à l'infinitif :


Réussir à trouver le dosage exact entre l'amplitude émotionnelle du postrock/core et les déchirements de violence propres au black metal n'est pas chose aisée. Parvenir à en faire quelque chose d'hybride, à la croisée de Wolves in the Throne Room et de Callisto ne l'est pas non plus. S'en sortir avec des phases de black doom bruitistes et torturées (Khanate?) autant qu'avec des samples atmosphériques qui sentent bon l'acier et la rouille, pas facile facile. Garder tout au long de 4 titres une intensité et une cohésion sauvage sans jamais ennuyer ni trébucher. Être scintillant sans être lumineux. Être postrock sans être chiant. Être organique et minéral. Être vivement recommandé.

dimanche 27 septembre 2009

Der Blutharsch - Deutsch Nepal : Apocalyptic Climax II (1999)



Quand un maître de l’indus martial rencontre un génie de dark ambient, ils deviennent potes et ils font de la musique. Pour le coup, on est plus en présence ici d’un disque de Deutsch Nepal que de Der Blutharsch. Ne vous attendez pas aux fières trompettes de Julius, mais plutôt à un album étrangement calme, apprivoisant les silences et les détails. Un soin minutieux est apporté aux superpositions de loops et de nappes, les sample inquiétants de rires d’enfants sèment le trouble sur ces longues plages d'ambiances catatoniques. Seul le dernier morceau réveille ici le monstre industriel avec ses percussions primaires, ses explosions saturées et son chant typique d’un DB. 

Der Blutharsch : First (1996)





S’il s’agit ici des premières expérimentations en solitaire d’Albin Julius, First s’inscrit dans la droite lignée des précédents travaux de l’autrichien avec The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud. A savoir un entremêlement sinueux de samples militaires, d’ambiances martiales et symphoniques morbides, tout du moins extrêmement sombres. Pas un titre ne surnage dans ces frimas de violons indus crépitant et de percussions guerrières et l’on s’abandonne dans les plages d’ambient rythmées par des discours de militaires enflammés. Le propos est maîtrisé et Julius torture l’auditeur avec précision et lenteur en misant sur la répétition de boucles lancinantes, cependant il manque encore une identité propre à ce side-project qui ne devait être qu’une expérience unique.

vendredi 11 septembre 2009

Depressor - Book of the Dead






On continue avec le crust (c'est dingue comme on peut coller ça à tout et n'importe quoi). Après le blackened crust, l'anarcho-crust et le hardcore-punk crustisant, on passe au death-crust industriel. Faisons simple : Depressor est une petite mare putride de vase noire, qui sent la mort, paumée au milieu d'une friche industrielle amiantée. Un peu moins indus qu'auparavant (la batterie est bien plus organique que la BAR des débuts), les ricains nous servent des petits bijoux de crasse, maîtrisant leur propos tant dans les emballements d'un death old school efficace que dans des parties lentes plus recherchées. C'est dégueulasse et on en reprendra s'il vous plaît.

jeudi 10 septembre 2009

Counterblast - Balance of Pain


Il suffit de l'intro pour se faire prendre au piège. Trois accords simplistes, et des cris féminins à te foutre la chair de poule. C'est tout ce dont ce cd à besoin pour te chopper par les couilles et ne pas te lâcher. Ici, on a beau appartenir à la scène suédoise mid-90's (fourmillant de formations adeptes d'un crust-punk emballé) on ralenti sensiblement le rythme (bon, ça défouraille sec une bonne partie du temps mais c'est important de le noter). Avec une bonne assise hardcore-punk d'où jaillissent des samples indus glacés et des guitares métalliques heavy as fuck on touche du doigt le mélange parfait. Counterblast c'est aussi une dose de death bien vilain sans oublier les incursions instrumentales jazzy et pas mal de petites touches Neurosiennes ( pour les nostalgiques des grondements d'Edwardson, jettez une oreille au doux Disembodied, ça marche aussi pour ceux regrettant les samples tribaux de la bande à Von Till ou ceux se touchant sur les gros barbus).
Sweden owns yeh.