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samedi 23 juin 2012

HELLFEST 2012 - DAY THREE





Il fait très chaud dans Jérémy. Pour rappel Jérémy c'est le camping-car. Il est 10:30 et je suis le seul réveillé dans Jérémy. Hier il fallait préparer les sandwich au jambon alors on est arrivés sur le site à 16h, du coup aujourd'hui je la joue solo et c'est seul que j'entame le long trajet qui me mène vers le premier concert de la journée.

De ces 25 minutes de marche je retiendrai avant tout le plaisir de marcher de nouveau en Converse, ainsi qu'un magistral coup de soleil sur la nuque. Le soleil est revenu et cette dernière journée est de loin la plus agréable du week-end.





La boue plus ou moins sèche libère désormais des exhalaisons que mes 15 années passées en Sarthe profonde ne rendent pas étrangères mais bien familières : ça pue la bouse et l'urine. À défaut d'urine de bovin cependant, c'est plutôt de la bonne pisse tiède de metalhead qui ruisselle de chaque recoin du site.  Il n'est pas rare de croiser des mecs en cercle autour d'une flaque en plein milieu d'une allée se soulageant gaiement. C'est aussi ça le Hellfest : beaucoup d'amour.

Alcest


J'avais hâte de voir ce que donnait Alcest en live, tout en me demandant si Neige trouverait son public dans la masse chevelue plus prompte à chanter Reign in Blood que Percées de Lumières. Le groupe de post-rock/shoegaze teinté de black metal, responsable des magnifiques Souvenirs d'un autre monde ou Écailles de Lune s'est  fendu d'un nouvel album en janvier dernier, Les Voyages de l'Âme, accentuant encore plus l'aspect onirique et lumineux de ses compositions, les rares parties purement metal (cris, blast-beat) se faisant plus discrètes que sur le précédent opus. Le set d'Alcest est à n'en pas douter le plus calme de tout le festival mais on constate très vite que la très bonne réputation du groupe au sein de la scène metal se vérifie encore aujourd'hui. On part donc pour une quarantaine de minutes d'une musique atmosphérique et douce qui même quand elle monte en intensité conserve une poésie assez déconcertante après 2 jours de brutalité. Un bon moyen de commencer la journée.

Liturgy


Fiasco, flop, catastrophe. Le bide est total. Déjà pas bien convaincu de l'intérêt de ce groupe sur album, l'expérience du live aura fini de me convaincre. Enfin elle aura surtout fini par me faire partir, chassé par la boite à rythme hideuse recouvrant les trilili suraigus et les cri de deux mecs qui ont l'air de se faire autant chier que leur public clairsemé. Mets ton manteau on s'en va.




Forgotten Tomb


J'ai découvert Forgotten Tomb alors que la formation n'était pas encore un groupe de scène. L'album Springtime Depression tournait en boucle chez moi. J'adorais cette noirceur et cette tristesse pure, plus doom et cristalline que Darkthrone, plus épurée qu'Emperor, les seuls groupes de black que j'écoutais à l'époque. Encore une fois je suis un peu déçu par la tournure heavy prise par le groupe il y a quelques années, et qui se vérifie bien sur scène. C'est bien foutu, lourd comme il faut, mais ça ne me parle plus trop. Next.





Acid King


À vrai dire je n'ai pas vraiment vu Acid King, juste entendu. Comme pas mal de monde, on a décidé d'assister au concert au soleil, assis dans l'herbela terre. Et ça convenait parfaitement au stoner-doom psychédélique des San Franciscains.


Anaal Nathrakh


Le groupe le plus pipou de tout le fest à n'en pas douter. J'avais adoré In the Constellation of the Black Widow, qui mixait parfaitement l'ultraviolence du groupe anglais avec des refrains chantés épiques, mais j'étais resté sur ma faim avec son successeur, Passion. Cependant néanmoins en revanche, j'avais hâte de savoir si le talent du groupe à faire sonner le chaos en studio n'allait pas rendre une bouillie immonde en live. Résultat mitigé : niveau engagement et présence sur scène, le défi est relevé (sachant que le groupe ne tourne que très peu, uniquement en one-shot et refuse toujours de se lancer dans des vraies tournées), en terme de clarté c'est différent. Je parviens à apprécier les morceaux que je connais, pour le reste c'est un peu plus confus. On aura aussi droit à un extrait du prochain album.





Dying Fetus


On enchaîne directement avec un autre type de brutalité sourde : Dying Fetus. Je n'avais jamais vu ces légendes du death avec un line-up à ce point réduit mais jouer à 3 ne semble poser aucun problème au panzer qu'est Dying Fetus. Technique, brutal, excellent.


Pentagram


Vue l'énorme claque qu'a été le concert de Saint Vitus, j'ai décidé de ne rater aucune des formations doom/stoner/heavy/ qui se produirait sur la scène de la Valley. Avec Pentagram on n'est plus dans l'antique mais dans le néolithique. Les mecs font figure de précurseurs du doom, avec un heavy metal/stoner lourd à en décorner un bouc. Les douves de pisse bordant les abords de la scène ne nous empêche pas d'assister à un set bien rôdé au groove indéniable malgré la dégaine de grand-mère un peu folle du chanteur. À aucun moment on ne se dit que les mecs feraient mieux de rester dans leur hospice (ce qui est un peu moins vrai quand on regarde d'autres papy du fest, comme Axl, ou même le bon vieux Ozzy). Je vous laisse juger par vous-même.




The Obsessed


Le monde est bien fait. Après Saint Vitus et Pentagram, c'est au tour de The Obsessed de venir titiller notre fibre nostalgique. Pour ceux qui ne connaissent pas bien l'histoire du doom (et c'est un tort), Pentagram a été fondé en 1971, Saint Vitus en 1978 et The Obsessed en 1976. On retrouve donc sur scène Scott "Wino" Weinrich (qui avait quitté The Obsessed en 1986 pour rejoindre Saint Vitus avant de reformer les premiers sous la forme originelle en avril 2012). Bref, toute cette scène doom quelque peu incestueuse est réunie à Clisson, et on a encore droit à un excellent concert, certes un peu moins massif que les deux précédents, le groove de The Obsessed se joue dans une fibre sur rock'n'roll tout autant appréciable. Wino assure cette fois le chant et la guitare et j'headbang une dernière fois avant de me lancer dans ce qui sera mon dernier concert du festival : Sunn O)))




Sunn O)))


J'ai vu Sunn O))) pour la première fois en 2005, au moment de la sortie de Black One. La toute petite salle avait déjà été entièrement remplie d'un épais brouillard et Attila Csihar nous avait fait l'honneur de sa présence pour présenter les derniers morceaux du groupe. La seconde fois, à la Villette Sonique, le groupe était venu rejouer l'intégralité de ses Grimmrobe Demos, à savoir le Sunn originel, massif, au drone vibrant et implacable. Ce soir j'aurais droit à une synthèse parfaite entre les murs d'infrabasses que je chéris tant et les longues expérimentations tout aussi bruyantes mais beaucoup moins à mon goût. Attila scande, éructe, et j'ai même cru percevoir cette technique diphonique de chant de gorge courante en Asie et notamment au Tibet.



Après une longue intro instrumentale qui fait serrer les poings, (Orthodox Caveman ?) Attila entame un Aghartha puissant qui me fait totalement décrocher. Je ne sais pas trop ce que les mecs ont joué ensuite mais une fois encore je me suis laissé prendre par la puissance impitoyable du son incarné, des vibrations rendues palpables par le dispositif imposant du groupe. Peut-être pas mon concert préféré de Sunn mais définitivement une expérience nouvelle qui a apparemment marqué les esprits.


La pluie retombe depuis quelques minutes et nous décidons de rentrer retrouver Jérémy au pas de course pour reprendre la longue route qui nous ramène à Paris. Sur le trajet du retour, je fais un rapide bilan de ces 3 jours de concert (un bilan interrompu par une chouette kamikaze et des douaniers metalhead) et je me dis que le Hellfest c'est avant tout des gens vrais, humains, des rencontres humaines et beaucoup d'amourde la bière et du METAAAAAAAL.



jeudi 21 juin 2012

HELLFEST 2012 - DAY TWO




Le désavantage du camping-car c'est qu'on y dort vraiment bien. On se réveille donc tard et le temps d'aller acheter du kiri au Super , de parler metal avec la caissière et de se rendre sur le site, il est déjà 16h. Amen Ra ce sera donc pour une autre fois.

Il a plu toute la nuit et malgré des cieux plus engageants que la veille, c'est bien en bottes que nous nous postons face à la scène de la Valley, attendant de pieds fermes les italiens de Ufomammut.

Ufommamut


Le dernier Ufomammut sorti sur Neurot Recordings est bon du début à la fin. Ce qui tombe plutôt bien puisque le trio sludge-doom psychédélique a décidé de le jouer en entier. Comme à leur habitude, les mecs ne sont pas très bavards, mais comme à leur habitude, les mecs sont très sympas. On sent qu'ils sont heureux de jouer et les 50 mn du concert passent comme une longue transe heavy avant de terminer sur le massif Mindomine. Très bon concert.



Djerv

Djerv est un drôle de groupe. Premier point inquiétant : Djerv est un group de metal à chanteuse, et c'est rarement bon signe. COUCOU SHARON. Si je n'avais pas révisé un peu avant de venir, j'aurais sûrement raté ce groupe de norvégiens qui reste, je dois l'avouer, encore un mystère pour moi. Imaginez plutôt : du heavy, du rock, un soupçon de black metal (on est en Norvège après tout) tout ça avec un chant féminin oscillant entre lyrisme et cris punk. Et ça marche. Ça marche même très bien, et je ne sais toujours pas pourquoi. Le set couvre à peu près tout l'album et fini en beauté sur les deux chansons phares du groupe : Headstone et Madman.



Unsane


Malgré l'absence de Vinnie, le batteur habituel du trio, les new-yorkais ont livré un set parfait, intense. Je ne les avais jamais vus et pourtant j'avais l'impression de les revoir pour la centième fois (ou même LA MILLIÈME FOIS). Ils ont fait exactement ce qu'on peut attendre d'eux et de leur noise rock graisseux. Notons l'apparition sur scène de deux mecs masqués et torse nu : Big Business, facétieux camarades de tournée d'Unsane, eux aussi présents à l'affiche du Hellfest.

Shining


Contrairement à beaucoup de mes confrères, je suis passé totalement à côté du set de Shining. Plusieurs raisons à cela : leur passage au Trabendo il y a quelques années m'avait totalement réconcilié avec les passage les plus folk du groupes et je m'étais même fait à l'idée que les solo heavy trilili avaient leur place dans la musique du groupe. Et puis est arrivé VII - Född förlorare, dernier album en date auquel je n'ai pas accroché du tout. Premier problème. Vient ensuite la dimension de la scène, beaucoup trop grande à mon avis pour la musique de Shining. Leur black metal a beau s'enfler de heavy, je ne pense pas qu'il soit fait pour ce genre de grande scène, qui éclate leur son et le disperse un peu trop. Et puis j'avais faim. Pas un bon souvenir donc.


Saint Vitus

Tout simplement mon meilleur concert du week-end. Je m'attendais à du lourd, j'ai été plus que servi. Principalement axé sur leur tout dernier album Lillie : F-65, le set des doomeux cultes et occultes n'en oublie pas pour autant d'aller faire un tour vers les classiques d'antan comme I Bleed Black ou Mystic Lady. Le son de guitare est impressionnant de lourdeur et de clarté et Dave Chandler s'amuse comme un gosse. Seul bémol à apporter à cette heure de headbang ininterrompu, l'absence totale de morceaux tirés de Die Healing, un des meilleurs albums du groupe.



Enslaved


Ça faisait longtemps que je voulais revoir Enslaved. J'en gardais le souvenir d'un concert très sombre, bien plus oppressant que sur album. Mais entre temps Enslaved a bien changé. Des éléments progressifs ont fait leur apparition dans les compo des norvégiens et ils ne cachent plus leur velléités rock. Contrairement à celle de Shining, qui jouait tout à l'heure sur la même scène, la musique d'Enslaved s'adapte parfaitement aux grandes scènes et les mecs donnent un vrai show. Le set s'axe principalement sur Axioma Ethica Odini, le dernier album en date du groupe. Grutle Kjellson s'adresse à la foule « You always say you want some old stuff ? Is 1970 old enough for you ? » avant de se lancer dans une reprise d'Immigrant Song de Led Zeppelin. Les albums antérieurs à 2006 sont totalement ignorés à l'exception d'une très bonne surprise quand résonnent les premières notes de Allfǫðr Oðinn, morceau de 1993 présent sur le tout premier EP du groupe, Hordanes Land.

Entombed


Death'n'roll putain de merde. Une heure de tubes gras, de solo flabistouflants, Petrov se donne comme jamais et on ressort avec les cervicales défaites. 


À ce point de la journée, la boue est plus molle que jamais, les averses reviennent et il commence à faire froid. C'est donc le moment idéal pour aller s'enfermer dans la moiteur de la Warzone pour voir un concert très attendu : Refused




Refused


Seize ans que les petits prodiges du hardcore-punk suédois ne s'étaient pas produits en France. Reformés en janvier après 14 ans de séparation, Refused renforce là son aura de groupe culte avec une série de concerts à travers le monde. Le set fait la part belle aux deux derniers albums du groupes, Dennis Lyxzén n'a rien perdu de son charisme et il glisse sur scène comme un Mick Jagger félin. L'énergie de ces petits rouges venus du nord est toujours là, et le sol spongieux de la Warzone se transforme vite en flaque de glaise géante sous les coups de boutoirs de Rather Be Dead ou The Deadly Rythm. Malgré la fatigue et le froid, les fan sont là et la fosse chante en choeur les hymnes qui se succèdent à un rythme effréné. On n'échappera évidemment pas à New Noise ni au rappel, Tannhaüser/Derivè. Lyxzèn rend plusieurs fois hommage au public, nous remercie encore et encore et nous dit que c'est grâce à nous s'ils sont de retour. Il nous dit aussi de rester sauvage. Et de nous habiller comme on veut. Sisi.


La deuxième journée se termine, et c'est avec un bonheur non dissimulé que nous retrouvons Jérémy, notre fidèle camping-car, qui nous attend avec des bières presque fraîches et des sandwich au salami. Merci Jérémy. 


Demain, troisième et dernier jour au Hellfest, ou comment prendre 3 coups de soleil en 20 minutes.

mercredi 20 juin 2012

HELLFEST 2012 - DAY ONE





Je ne suis pas un passionné de live-report. Je n'en écris que très peu et je n'en lis jamais. Je n'en vois pas vraiment l'intérêt si ce n'est confronter son point de vue avec d'autres personnes présentes au dit concert.     Comme plusieurs personnes me l'ont demandé en disant le mot magique, voilà tout de même le petit report, minimum syndical indispensable. Pour connaître le détail des setlist, cliquez sur le nom du groupe. Et merci à Linda pour les photos.

Arrivés de nuit le jeudi, on trouve une place pour le camping-car de location flambant neuf qui nous servira de QG pour les 3 jours à venir. Oui, le camping-car. Nous n'aurons pas la chance de participer aux combats de boue et aux joutes en charriots du camping cette année, y préférant le confort d'une véritable couchette et le calme des abords du Super-U clissonais. 

JOUR 1 : LET IT RAIN


Après une petite vingtaine de minutes de marche le long d'une route transformée le temps du festival en immense parking à metalhead, on arrive sur le site sous un ciel couvert confirmant les dires de Joël Collado : la pluie pourrait s'inviter dès le premier jour.

Je n'étais pas retourné au Hellfest depuis 2005. À l'époque ça se déroulait au Mans, et ça s'appelait Fury Fest. C'était mon tout premier festival et j'avais aimé l'ambiance bon enfant d'un fest qui malgré une prog couillue parvenait à garder une échelle humaine. D'échelle humaine il n'est ici plus question puisque le Hellfest est devenu une énorme machine rutilante, aux scènes imposantes et multiples : 2 Mainstage côte à côte alternant les plus grosses têtes d'affiche, un immense chapiteau regroupant The Altar (death/grind) et The Temple (black metal) ainsi que deux scènes couvertes plus petites, la Warzone (hardcore/punk/crust) et la Valley (stoner/doom).

Un site immense donc mais qui s'avère en fait très bien foutu et qui nous fait très vite nous sentir comme à la maison. Parmi les multiples stands de bouffe et les nombreux bars, on notera notamment le petit bois planqué derrière la Warzone, sorte de cimetière des éléphants saouls qui cache en son sein un bar à vin, des jambons braisés et un putain de bar à huîtres.


Côté déco, les lampes de bureau géantes côtoient des brasiers rouillés et d'immenses structures de métal pour un rendu Mad Max vraiment sympa. La pluie n'étant pas au rendez-vous, on profite des premiers concerts de la journée en dégustant les premiers pichets de bière.

Pas le temps de s'échauffer, on commence par le black metal des allemands d'Endstille. Une chose est sûre, les mecs n'ont pas cédé aux tentations d'indus, de post-rock ou de shoegaze à la mode ces dernières années. Le set compact balance 6 morceaux de black metal old school très proche de ce qu'a pu faire Marduk à une époque. Un peu chiant (comme sur album), on notera quand même un très bon World Aflame pour clôturer le set, sublimé par la croix inversée géante illuminant la Temple.


Gorod

Endstille à peine terminé, les bordelais de Gorod prennent le relais sur la scène d'à côté. N'étant pas un grand fan de death metal technique, je suis le set efficace d'une oreille en préparant mon petit planning de la journée.

Premier grand nom à croiser ma route ce week-end, les anglais de Discharge, papes du D-beat et un des groupes les plus influents dans le milieu du metal. Crust, death, black, rock, nombreux sont les groupes à se revendiquer de Discharge, qui malgré l'âge avancé des protagonistes propose un set enragé principalement axé sur les 2 premiers albums du groupe. Culte.

Voir Orange Goblin c'est un peu comme voir le père Noël, enfin j'imagine. Les anglais ont fait exactement ce que j'attendais d'eux en puisant dans leur large répertoire stoner, alternant quelques morceaux de leur dernier album avec des standards comme They Come Back. Un premier concert sous le chapiteau de The Valley et une bonne surprise en terme de clarté du son, souvent le gros défaut en festival.

Taake

Le dernier album de Taake, Noregs, Vaapen, est une des meilleures choses qui soient arrivées au black metal en 2011. J'attendais avec impatience de voir ce que Hoest pourrait nous proposer en concert. Puissant et épique, le set est à l'image du dernier album. Le son est chaotique juste ce qu'il faut et Hoest assure le show : arrivé comme à son habitude drapé dans le drapeau norvégien, il nous gratifie même d'une reprise de Die When You Die de GG Allin.




Et là catastrophe : la pluie débarque. Le sol de terre et de paille étonnamment mou par endroit se transforme en une jolie boue collante, Turbonegro enflamme la Mainstage et le premier kebab acheté sur place a le goût amer de la défaite. On se réfugie au bar VIP où de jolies teen habillées comme des putesteen distribuent des shot glacés de Jägermeister, ce qui sera suffisant pour nous réchauffer. On remet le nez dehors pour aller voir un des meilleurs concerts de tout le fest :

Cannibal Corpse

Ce qui est bien avec le death metal de Cannibal Corpse, c'est que c'est à la fois clinique, drôle, ultra-violent et aussi totalement dansant. Ma photographe attitrée, plutôt habituée à du Bon Iver, se jette en avant dans la fosse sourire aux lèvres, fascinée par le headbang ventilateur de George Fisher. On sautille, on headbang et les soixante minutes du set filent à la vitesse du blast de Paul Mazurkiewicz. Ravi je suis car les mecs ont décidé de jouer mes deux morceaux préférés : le cultissime Hammer Smashed Face ainsi que le très doux I Cum Blood




Satyricon

22:25, Cannibal Corpse s'arrête. 22:30, Satyricon commence. J'adore Satyricon. D'ailleurs je les avais déjà vus à Paris avec Shining et j'avais adoré. Mais là grosse déception. Je ne saurais pas dire s'il s'agit du son plat, de la setlist attendue ou de la paresse générale du groupe, mais pas de quoi s'attarder sur les norvégiens. Notons quand même un beau Mother North qui s'arrache de la torpeur générale, c'est déjà ça.

La journée se termine un peu froidement, mais Amon Amarth, groupe de death viking habitué du Hellfest est là pour réchauffer un peu tout ça. Tous les classiques y passent : Death In Fire accompagné de flammes immenses dignes d'une entrée du Stade Français, Fate Of Norns, Pursuit of the Vikings, jusqu'à un final pyrotechnique épique. Fouettés de toute part par les cheveux longs et humide d'une hordes d'apprentis-viking, je me souviens du premier concert d'Amon Amarth au Fury Fest en 2005 dans une petite salle étouffante et je me dis que si ce festival à bien changé, il est resté fondamentalement le même. Après avoir versé une larme dans ma bière, on décide de rentrer voir Jérémy, notre camping-car, pour un débrief de la journée.

Hellfest is back, et demain je mets mes bottes.

samedi 30 octobre 2010

Electric Wizard & Moss @ le Nouveau Casino - 29-10-2010




Voilà, le 100ème post de ce blog est là. Diable, que ça ne passe pas vite. Pour l'occasion revenons sur le passage remarqué à Paris (Nouveau Casino complet) d'Electric Wizard. Mini-évènement en soi puisque ces potheadz se font rare dans notre beau pays.


Le ticket disait 18:30. Heureusement que les pintes à 3,50 (la vie est belle parfois, sisi) nous permettent de tenir jusqu'à 20h, et de chercher dans la longue queue des têtes connues. 20h donc, heure à laquelle commencent de jouer Moss, un trio sludge/doom/drone capable, en studio, du meilleur comme du pire. À savoir se complaire sur un seul riff pendant 10 minutes et emmerder tout le monde, et ensuite se complaire sur un riff pendant 10 minutes en étant accrocheurs et efficaces. Le premier morceau joué hier rentre dans la première catégorie, trop linéaire, lourd comme il faut, lent comme il faut, mais mortellement barbifiant. Le chant hurlé est bon mais c'est au chant clair, sur le second morceau qu'il se révèle plus efficace. Moss nous livre aussi un morceau du LP (EP?) à venir, pas déplaisant.


 

Après une courte pause apparaissent sur l'écran derrière la scène les images d'un film 70's franco-belge dans laquelle une mignonnette brune, nue et apeurée, sanglée à une croix en bois, se fait gentillemment fouetter par une Domina blonde, nue et bien gaulée. Le public apprécie. J'oublie de préciser que tout ça se passe dans une cave. Ensuite, un rituel banal, une décapitation de colombe, Blonde fait boire le sang à Brune, Brune devient elle aussi une sorcière, et pendant tout le concert Brune tente de se taper tout ce qui bouge (j'ai essayé de comprendre, mais avec le groupe devant c'était un petit peu incommode). 
Après la décapitation de colombe (qui plaît encore plus au public) le Sorcier rentre en scène et nous livre un set court et efficace. Witchcult Today, dernier album en date (d'ailleurs, point de Black Masses en vente au merch, certains se rabattront de dépit sur les t-shirt Electric Wizard rose fluo), Witchcult Today donc, est bien représenté, avec le titre éponyme ou Satanic Rites of Drugula. Le son est massif mais raisonnablement fort et on apprécie (sans trop de mal) les soli psyché de Jus Oborn.
En milieu de set, le (très bon) nouveau titre Black Masses ainsi que l'inévitable Funeralopolis, réveillent un peu un public peu motivé, ou peut-être haut comme un cerf-volant. 
Le set très court se termine brutalement et le rappel n'aura pas lieu. Le public ne semble pas plus chaud que ça. Sauf un type derrière moi qui hurle SATURNINE mais je crois qu'il était un peu fou. 
Ce brusque retour à la réalité laisse un goût amer à un concert bon mais pas exceptionnel. Forcément, la joie de pouvoir headbanguer en live sur des titres qui nous bercent depuis un bout de temps est agréable, et la clique british assure, mais le tout manque un peu de matière, de carne... Ni totalement défoncé, ni totalement pachydermique, on aurait aimé plus, plus fort et plus longtemps.

Une bonne idée cependant, a germée dans nos têtes bouillonnantes : bientôt sur le marché, un t-shirt rose fluo avec le logo de Darkthrone dessus. Ouais Guillaume, ça va marcher, c'est SÛR.



vendredi 10 septembre 2010

Fever Ray, Zola Jesus @ l'Olympia - 09/09/10



Initialement prévu à La Cigale, le concert de Fever Ray s'est vu déplacé dans une salle plus grande. La faute à une demande bien plus importante que prévue du public parisien qui s'était déplacé en masse hier soir. Un concert court mais complet, spectacle son et lumière, grand messe, on était tous un peu secoués en remontant à la surface.

Pour les non-initiés au culte de Fever Ray, l'histoire est assez simple. Fever Ray est la moitié de The Knife, ce duo/fratrie electro que leur antépénultième album (cc @GuiOhm ) avait révélé au grand public grâce, notamment, à un titre repris par José Gonzalez lui-même utilisé dans une réclame pour poste de télévision à grand écran plat. Fever Ray c'est donc un side-project hanté, sorti en mars 2009, et acclamé tant par le public que par la critique. Imaginez donc les synthétiseurs et les samples cheap de The Knife sublimés par une myriade de percussion de bois,  d'instruments fragiles, le tout beaucoup plus sombre et inquiétant. Pour faire court, imaginez une bande originale au Black Hole de Charles Burns.



Le concert était fermement attendu donc, car la réputation de Karin Dreijer Andersson et de ses prestations scéniques la précède. On passe donc rapidement sur une première partie courte et un peu répétitive de Zola Jesus. La faute à une inexpérience certaine qui ne gâche en rien le potentiel de la jeune (19 ans) américaine aux fort relents Siouxsiens. (Ce qui nous sera confirmé après le  concert par la tenancière d'un bar en t-shirt Motörhead ayant décidé de passer le dernier album en date de Zola Jesus, Stridulum II ).

Après un court entracte, la salle est plongée dans un clair obscur glacé et noyée dans un nuage de fumée. Sur scène on distingue des dizaines de vieux abats-jour. Les premières notes de If I Had A Heart résonnent, des rais de lumières traversent la salle, les lampes s'allument en rythme, comme un battement de cœur, et la scène se met doucement à vivre. Elle arrive alors, gracieuse, dans son accoutrement de grande prêtresse from outer space, accompagnée de quatre musiciens grimés, sortes de tuxedo-troll envoutés, bizarres chamans brandissant des sceptres de gourou rapiécé.



Visuellement, le dispositif est impressionnant, la fumée noie la scène et confère une aura mystique à une musique qui, seule, est déjà chargée de mystère. Les jeux de lumières fascinent le public et l'on voit de nombreuses têtes levées, admirant les jeux de couleurs, un sourire béat en travers du visage.
J'ai l'impression d'être descendu sous terre, dans cette grande salle en bois, cachée du reste du monde, j'ai l'impression d'assister à une drôle de messe, à un opéra préhistorique, à la fois animiste, terrestre et irrémédiablement cosmique. Vous vous souvenez de cette cantatrice dans le 5ème Élément ? J'avais l'impression de vivre un de ces moments de grâce, un moment autre, face à une entité organique supérieure.



L'album entier est reproduit, avec en sus deux ou trois inédits. Le show est donc assez court mais l'absence de rappel ne semble pas gêner plus que ça les fidèles qui sortent doucement et en silence du lieu de culte. Depuis quand un alien, une divinité, se livre-t-elle à un rappel? Impressionnante, la faculté de ce groupe à s'imposer, sans un mot à son public, à instaurer une ambiance de communion sans s'adresser une seule fois à la foule, mais en étant pourtant très proche de cette dernière.
Fever Ray est le culte qu'il nous fallait, la religion tellurique et forestière que l'on attendait tous, le dogme magique de post-adolescents flippés que la musique rassure et rassérène.

mardi 8 juin 2010

Wolf Eyes, Om, Acid Mother Temples @ Cabaret Sauvage / 03-06-10



Si je devais être honnête, je vous dirais que quoi qu'il arrive, mon report de ce concert se devait d'être enthousiaste, pour la bonne raison que le duo basse-batterie incantatoire né sur les cendres de Sleep est un des groupes ayant marqué mon apprentissage musical. Il y a eu Nostromo, Orchid, Neurosis ou plus tard Der Blutharsch, et il y a eu Om. Je suis d'ailleurs incapable de chroniquer le moindre album de ces derniers tant leur musique se joue "ailleurs".  Ajoutez à cette fanitude sans borne, la rareté de leurs passages dans l'Hexagone et vous comprenez pourquoi j'attendais avec beaucoup d'impatience le 03 juin, brûlant de l'encens et des cierges pour remercier les organisateurs du festival Villette Sonique.

Dans l'ambiance tamisée du Cabaret Sauvage, c'est le groupe bruitiste expérimental Wolf Eyes qui ouvre littéralement les hostilités. Les premières minutes sont effrayantes de nullité. Aucun souffle, aucune âme à cette succession de bidouillages faciles, qui, au lieu de participer d'une déconstruction ne s'amoncellent que sur du rien. Des introductions indus que ne renieraient pas les mecs de Neurosis, mais sans le morceau qui vient derrière. L'angoisse. Et puis, avec le second morceau, le set se lance sur une toute autre voie, sans pour autant céder à la rythmique régulière, les samples de percussions inversées viennent insuffler quelques basses cruellement manquantes au trio (chant/machines/guitare). Les cris saturés du chanteur luttent pour se faire un chemin entre les bignous (excusez mon inculture en instrument à vent :/ ) et les flûtes hurlantes, couvertes de delay et de crachins d'ondes. Malgré l'inconstance et le flot aléatoire de leur musique, le public commence à hocher la tête, en non-cadence, yeux fermés, crispés...et le set s'arrête. Interrompu pour des questions de temps, ce qui semble pas mal frustrer les trois du Michigan. Sentiment partagé donc, entre simple bruit et pur chaos, entre facilité bruitiste et vacarme intelligent.

Mes partenaires de concert semblent eux moins convaincus, l'un en perd ses cheveux, l'autre en casse une table. C'est ce moment que choisis l'un des rares lecteurs de ces pages pour nous retrouver, juste avant qu'Om ne se lance, laissant finalement la tête d'affiche aux Acid  Mother Temples.



On m'avait prévenu, je l'avais lu un peu partout, Om en live aujourd'hui c'est nul : morceaux tronqués, son moisi, jemenfoutisme exagéré, bref, j'appréhendais un peu le passage live d'un groupe qui sur cd ne m'a jamais déçu. (eh oui, même le dernier en date, God is Good, figure pour moi dans le top 10 de l'année dernière). Alors qu'en est-il exactement? Il faut savoir que ce soir là, et contrairement à certaines dates récentes, les mecs ne sont que deux, pas d'indiens au tampura, pas de sitar, pas de flûte, juste une basse et une batterie. Cette configuration les oblige donc à se focaliser sur des titres plus anciens, ou a "assécher" les derniers titres qui, en studio, étaient pourvus d'arrangements beaucoup plus riches.
Le set démarre plutôt mal puisque Cisneros s'interrompt dès le premier morceau pour des problèmes d'ampli. Après quelques minutes, le premier morceau est joué en intégralité mais le set  est de nouveau interrompu. A ce point du concert, des mecs commencent un peu à gueuler, d'autant que le groupe quitte la scène et que le Cabaret Sauvage repasse en mode "musique d'attente". Pour ruiner un concert qui se veut incantatoire, presque mystique, c'est juste parfait. (Là, je peux le dire, je commençais un peu flipper ma chienne de race.)



Et puis ils reviennent. Meditation is the practice of Death et ses roulements de toms fous, et je m'y perds, je ne reconnais plus les morceaux ("de toute façon, avec Om c'est un peu toujours le même morceau" me glisse mon voisin de droite.). Le headbang se fait de plus en plus fort, et je comprends que le live nuageux, méditatif et introspectif ce n'est pas pour ce soir. Om semble revenir à ses premières amours, aux basses plus fortes que jamais, à la répétition assourdissante. Lors d'une accalmie, Miss Frange et moi tentons une reconstitution vocale des premières notes d'At Giza, et, comme par magie, elles retentissent soudain dans la salle. 25 minutes d'une transe violente et suante, baignée dans les spots bleus, je ne peux m'empêcher de jouer de la air-basse, air-batterie, air-shaman. Je n'ai pratiquement pas vu Om. Je n'ai presque pas vu la scène. Les yeux fermés, j'ai essayé de vivre au maximum cette expérience musicale et physique. Là où l'année dernière, Sunn O))) s'était attaqué de front aux infrabasses avec l'intégralité de leurs Grimrobes Demos, Om s'insinue plus subtilement, en mêlant un jeu de batterie riche et puissant (très bon Amos même si l'absence de la finesse dont Hakius faisait preuve -en live notamment- se fait parfois sentir) et mantras monocordes que plusieurs personnes reprennent en chœur. Après ce morceau de bravoure, les deux enfoncent le clou avec deux ou trois autres pièces, modelées, remodelées, de plus en plus puissantes dont un Bhima's Theme étendu sur plus de 15 mn et le désormais inévitable Rays Of The Sun/To The Shrinebuilder. Et "shrinebuilder" ils le sont vraiment ce soir, constructeurs de temples, se laissant eux-même piéger par la ferveur de leurs adorateurs. 


Si le début de set râleur et la nonchalance de Cisneros en a gêné plus d'un, le duo a prouvé qu'il restait un des groupes les plus passionnants de ces dernières années, à la fois serein et enragé, tellurique et céleste.


Après quelques minutes de récupérations, nous tombons tous d'accord. Tant pis pour les Acid Mother Temples, on en restera là, et chacun rentre chez soi sur son petit nuage. Heureusement, afin d'assurer une certaine constance à ce blog, on m'a promis un report d'AMT à venir pour bientôt. (attention, je lui mets la pression)



merci à Robert Gil pour les photos.

mardi 4 mai 2010

Dérouillons-nous gaiement

Après un mois d'avril relativement muet et avant une nouvelle bordées de minichroniques, je me retrouve en ces lieux avec plein de choses très intéressantes à vous raconter.




En avril j'ai fait la connaissance de Membrane. C'est accompagné de Frangie et de mon anarchiste préféré que je rentre pour la première fois (*émotion*) au Glaz'art, qui sous ses airs de bunker paumé dans les friches de Pristina, se révèlent être une chouette salle. Les pauvres garçons ouvraient pour les soporifiques Mouth of the Architect, qui, déjà loin d'être passionnants sur galette, ne s'en sortent pas mieux en live. Ce qui m'a donné l'occasion de découvrir le Glaz'art et son arrière-cour/terrasse pleine de rats gros comme l'organe de Peter Steele. Membrane donc, un power-trio from Vesoul qui se démène dans un magma heavy carré et efficace très inspiré d'Unsane. Le batteur est fou et tente d'hypnotiser le public, et je crois que ça a un peu fonctionné. Après avoir fuit Mouth of the Architect je me rapplique vers le merch pour deviser comme il se doit avec les haut-saônois. Une discussion rapidement interrompue par le staff du Glaz'art. Tout le monde dehors. Il est 22h30, faut pas déconner. La soirée se termine dans un bar non loin du Glazart, tenu par le sosie de Keith Richards. Le bar s'appelle Les Pierres qui Roulent. Le groupe à l'intérieur joue des reprises des Rolling Stones.




 Trois jours après, toujours accompagné de Frangie et de l'Anar, je me rends à la Maroquinerie pour voir Shrinebuilder, Kylesa et Dark Castle. Pas de supergroupe du doom pour cause d'Eyjafjallajokul. Rien de très grave, au vu de l'album moisi de ces derniers. Je vous passe le sempiternel bière/clope/barbus pré-concert pour vous parler du premier groupe à se produire sur scène : le duo Dark Castle. J'étais persuadé de n'avoir jamais entendu le son de ce couple batterie/guitare mais je comprends vite que je les connais et qu'ils sont un peu chiants. Du sludge/doom sans grand intérêt. Bon, une fille qui éructe en jouant de la guitare reste une des plus belles choses qu'il m'ait été donnée à voir (ça et la vidéo des marmottes qui se tiennent la main), mais connaissant sa collègue de Kylesa, on ne peut trouver Dark Castle que passable.
Kylesa, que-j'avais-prévu-de-voir-cet-été-avec-Converge-mais-qu'en-fait-j'ai-gagné-une-place-donc-jsuis-venu, livrent un set intense faisant la part belle au dernier album. Le son est énorme, les guitares parviennent à rivaliser de bruit avec les deux batteurs parfaitement synchrones, le seul défaut restant les voix, trop en retrait. L'anar, plutôt habitué aux concerts de punk, et que j'emmenais à son premier concert de vrai metal burné, me tend très vite ses lunettes pour se jeter à corps perdu dans une fosse chahutante mais courtoise. Le set de 45 mn est trop court (l'annulation de Shrinebuilder laissait espérer une setlist un poil plus étoffée) mais l'énergie du combo de Savannah nous comble malgré tout et c'est en sifflotant les riffs épiques de Kylesa que nous avalons un excellent kebab de Gambetta.
  
Notons au passage les efforts de Kongfuzi qui se sont bien sortis les doigts pour maintenir le concert menacé par la cendre islandaise.



Enfin le #liveFAIL de la semaine c'est ce petit concert passé inaperçu. Je me démène pour arriver à temps à la Taverne de Dickens pour apprendre, qu'en plus du temps de merde, Quartier Rouge (le groupe qui m'avait motivé à traverser tout paname) a déjà joué. 4 morceaux. Stoppés car ils faisaient trop de bruit. Ahah. Devant ma mine déconfite de chiot orphelin, les mecs me proposent de venir les voir en répèt' le lendemain à Argenteuil. J'ai bien évidemment perdu l'adresse. (si vous passez par là les gaziers, il me manque le nom de la rue).
La Taverne de Dickens c'est donc un bar. Petit avec ça. Tenu par un gentil grand-père qui est soit sourd, soit un peu fou. Accueillir Quartier Rouge, tout le monde aurait pas les bollocks de le faire. En parlant de bollocks, je me retrouve donc devant les épileptiques et bien-nommés lyonnais de Burne, les seuls n'ayant pas encore joué. Nom au singulier pour un duo basse/batterie fan de néons. Après leur très court set, passablement sourd, j'avais en tête l'image d'un groupe fougueux et bruyant entre le martèlement de Duracell et la fougue de Lightning Bolt. Il s'avère qu'en studio, le bordel grésillant du live se transforme en math-rock noisy plus mélodique que je ne le pensais mais toujours aussi rageur. Une bonne découverte donc, malgré le ratage Quartier Rouge.


Au programme des chroniques à venir : du néo-metal qui n'en fut jamais, de la skull music qui sent la cave, des bordelais sans voix et du post-rock instrumental pas chiant



bOnUs InUtIle : Mon Iphone est devenu sourd.  Par Burne.


 

mardi 22 septembre 2009

Der Blutharsch, Deutsch Nepal, Bain Wolfkind @ Zèbre de Belleville, 21/09/09


                                                                                                               WKN

Les vilains nazis autrichiens n'ayant pas pu jouer au Glaz'art, c'est dans "le plus petit cabaret d'europe" qu'a lieu ce concert à l'affiche priapique. L'occasion de découvrir les nouvelles compo de Der Blutharsch et de savourer les bidouillages du Général Andersson.

Bain Wolfkind

On passe rapidement sur la prestation soporifique et graisseuse de BW qui se présente lui-même comme le "King of Karaoke Show". Le crooner poilu du torse râle son amour vicelard sur des instru de surf-rock bluesy ralenties. Derrière lui défilent sur un écran une ribambelle de bimbo Vixen, relativement divertissantes au début m'enfin on s'en lasse vite des gros seins.

Deutsch Nepal 

Encore un mec tout seul. Sauf que lui a du talent. Lina der Baby Doll construit en 45 minutes un set intense et bruitiste loin des prestations éthyliques sabordées dont il a apparemment l'habitude. N'étant pas docteur ès DN, je ne reconnais aucun titre mais me retrouve transporté par sa diction, les entremêlements de samples, les roulements de caisse claire martiaux. Jusqu'à un final grandiose où le général, véritable chef d'orchestre s'agitant sur son estrade, fini de nous assommer en laissant libre cour à sa voix, soutenue par des nappes répétitives et glauques à souhait.

Der Blutharsch

Comment vous expliquer clairement Der Blutharsch sans passer pour une groupie. (que je suis). Déjà en vous disant que Der Blutharsch est le rock'n'roll. Ce feeling nouveau que l'on ressent sur les albums s'incarne avec force sur scène. De quoi décevoir, il est vrai,  les fans hardline de l'indus d'un Der Sieg. Oui, Albin Julius fait du rock. Avec tout ce que ça implique. Des compositions simples, directes, mais sur lesquelles planent toujours ce spectre des origines, cette menace trouble qui fait tout le charisme et l'intérêt du groupe. Comment vous expliquer clairement Der Blutharsch en concert sans évoquer l'entremêlement des chants masculins et féminins, les incantations répétitives d'un Om, les riffs plombés au Sabbath mais noyés dans le brouillard fuzzy et le wah-wah, les percussions tribales neurosiennes... Julius semble cependant suivre deux chemins divergents, entre la scène et le studio. Si les derniers albums diluent un peu plus leur rock psychédélique dans des expérimentations électroniques moins directes, le live semble lui se consacrer uniquement à l'énergie rock quitte à délaisser (malheureusement) une approche martiale et folk, pourtant partie intégrante de l'identité du groupe. On peut donc légitimement être déçu par la facilité de la prestation, ou bien l'on peut se laisser aller dans cette masse enfumée et savourer une setlist judicieuse, accroché à son ballon de baudruche noir, en regardant, rêveur, Albin Julius distribuer des roses blanches aux damoiselles de l'assemblée.

Time is thee enemy