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jeudi 13 septembre 2012
Vilipend - Inamorata
Sans doute les plus taquins d'entre-vous y verront une énième tentative de promotion d'un label qui semble recouvrir ces pages un peu plus chaque mois mais je peux vous assurer que je n'ai pas de billes dans A389 Recordings et que la tendance outrageante qu'a ce label à ne sortir que des bonnes choses m'insupporte moi aussi puisqu'il m'empêche de vous faire part des sorties d'autres labels presque aussi constants. Il aurait fallu pour ça que j'embauchasse un stagiaire à la rentrée, ce que je n'ai pas fait, trop occupé que j'étais à écouter les nouveaux King Dude et Cult of Youth, qui devraient être chroniqués ici relativement assez vite.
À part ça, les Vilipend viennent de Toronto et font du hardcore dissonant et metallique avec la hargne idoine, nous permettant de marmonner en baissant un peu les yeux qu'il s'agit bien ici de metalcore. Mais pas du metalcore à paillettes que tu as écouté comme tout le monde avant de te réveiller un jour hébété face à tant d'immondice musicale. Non. Là on parle du metalcore de grand frère des années 90, droit comme Turmoil, fier comme Disembodied. Le noeud de l'affaire se joue dans l'épaisse couche de sludge qui recouvre Inamorata, ainsi que dans l'influence très claire des premiers Dillinger Espace Plan. La comparaison avec Converge est aussi pertinente mais il faut alors admettre qu'elle l'est pour tous les groupes de hardcore fondés après 2002, et donc peu utile.
Premier album ambitieux qui ravira les petits comme les grands, Inamorata s'écoute en intégralité ici.
vendredi 9 décembre 2011
Blut Aus Nord - 777 / The Desanctification
On avait découvert le nouveau visage de Blut Aud Nord en avril dernier, avec l'entame d'une nouvelle trilogie ambitieuse qui pousserait plus loin encore le travail de décortication du black metal initié par Vindsval depuis plus de 15 ans. Le premier opus, 777 Sect(s), était celui de l'exploration franche et violente, de la synthèse rêche des multiples formes qu'avait pu prendre l'entité BAN depuis 1995, déclamée sous la forme d'un black metal industriel implacable qui laissait apercevoir cependant la possibilité d'une autre approche, plus atmosphérique et électronique.
The Desanctification s'inscrit en effet dans un tout autre registre. Les fulgurances belliqueuses laissent placent à des pistes plus courtes d'où disparaissent les attaques frontales du prédécesseur. Les guitares, socle imposant de Sect(s), sont encore une fois magistrales, d'autant qu'elles peuvent ici s'exprimer au premier plan, surnageant dans un engourdissement indus paradoxalement dansant. La faute sûrement à cette batterie de chirurgien fou, derniers restes d'un passé black metal. Moins violent cet opus central, mais loin d'être plus apaisé. La nausée se transmet ici comme une pâte acide refluant doucement des entrailles d'un monde rocailleux, strate après strate, jusqu'à se vautrer au ralenti dans un trip-hop réanimé d'entre les morts, dont les tentatives mélodiques et aériennes ne sont que passagères, ou trop lancinantes pour être honnêtes. On aperçoit au loin les spectres évanescents de Deathspell Omega et Virus mais lentement, très lentement remaniés dans un doom dissonant au decorum mystique para-religieux. La conclusion de cette sordide histoire arrive en mars 2012 mais ce serait un tort de rater les deux premiers chapitres.
jeudi 3 février 2011
Mitochondrion - Parasignosis
Mitochondrion. Bouffer de la glaise. S'injecter de la boue charbonneuse par où tu veux. S'agenouiller à poil dans la terre, le nez en sang. Dommage que #sludge soit déjà pris, car Parasignosis est un bassin de merde, de fange, plongé dans l'obscurité la plus épaisse. Ce ne sont pas que des images, je n'essaye pas de te faire comprendre quoi que ce soit. Occulte Mitochondrion. Ils s'appellent MITOCHONDRION. Et tu voudrais que je décrivent leur musique? J'en suis incapable. Ah si, remarque, t'as déjà entendu la fin de tout? La plaie, les furoncles, la peste et tout ce qui suinte. De la musique malade, fondamentalement malsaine, ample et grasseyante. Ils s'appellent MITOCHONDRION bordel, ils osent te sortir du tapping sur-grave désarticulé, noyé dans un cloaque de scabiose. Ils sont venus te prévenir, te dire que la fin du monde c'est un peu plus tôt que prévu. Tu connais peut-être les autres messagers? Les 3 autres Cavaliers de l'Apocalypse, Diocletian, Portal et Weapon? Voilà le dernier.
mercredi 9 septembre 2009
Black Kronstadt - The Free Spirit
Au Canada ils ont Neil Young, du post-rock godspeed-you-mount-zion, et Terrence & Phillip.
Ils ont aussi une belle troupe d'anarcho-punk bien énervés contre tout un tas de choses (le gouvernement, l'armée, les fachos, le FMI...) et qui ont décidé de canaliser toute cette haine dans un hardcore-crust crasseux ultra-engagé. On fait ce qu'on veut du discours (souvent simpliste dans ce genre de groupe, même si les gaziers semblent ici plutôt bien documentés), il n'empêche que leur bordel grésillant alternant aboiements masculins et chant féminin hurlé est du meilleur effet. (De quoi vous faire ressortir un bon vieux Anomie, d'autant que la belle Danielle utilise souvent le spoken word). Si l'étiquette revendiquée de "blackened-crust" n'est pas forcément évidente (elle le sera beaucoup plus par la suite, avec le groupe Iskra) on perçoit dans le riffing, dans les blasts et dans la production stridente bien sale, une bonne dose d'inspiration black metal.
Pas assez long pour qu'on s'ennuie, assez intense pour qu'on y revienne. Go get some.
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