Stupeflip, charognard perché sur le cadavre de Peste Noire, gonflé et bleui, flottant sur un océan, même un tout petit océan, parce que y'en a marre. On va tous se retrouver pour cracher ensemble notre haine et nos viscères mais on reste coincés dans un fond tiède de pissotière et ça n'avance à rien. Diapsiquir c'est de la musique de soupeur, je vois pas en quoi on devrait se retenir. Lâche tes fluides et tes humeurs, A.N.T.I n'est que ça, un SIDA de grandiloquence bancale, de hip-hop de fin de race sous subutex, apeuré comme un chiard morveux et en colère parce qu'il ne sait pas pourquoi. Il veut faire illusion, te casser les dents, baiser ta soeur, mais au fond il se débat tout seul parce qu'il est déjà mort. Pas de morale, pas de limite, viol, violence, racisme. La crasse en icône vénérée comme chez Peste Noire, mais qui a tourné le dos au black metal musette pour embrasser le franchouillard-indus-metal et le désespoir imbibé de vieille bière et de vodka coupée à la soude. Le M.O reste le même, "dans les poubelles j'trouve des bijoux", de la crasse au sublime en léchant le béton des caves d'immeubles. Le parallèle avec l'univers de Gaspard Noé se fait de lui-même, misère sociale, désespoir omniprésent. Diapsiquir, metal banlieusard dépravé en haut de survêtement, déconseillé à tout le monde. Ça sert à rien, tout se répète, tout ce que t'aimes bien c'est dans ta tête.
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vendredi 27 janvier 2012
vendredi 9 décembre 2011
Blut Aus Nord - 777 / The Desanctification
On avait découvert le nouveau visage de Blut Aud Nord en avril dernier, avec l'entame d'une nouvelle trilogie ambitieuse qui pousserait plus loin encore le travail de décortication du black metal initié par Vindsval depuis plus de 15 ans. Le premier opus, 777 Sect(s), était celui de l'exploration franche et violente, de la synthèse rêche des multiples formes qu'avait pu prendre l'entité BAN depuis 1995, déclamée sous la forme d'un black metal industriel implacable qui laissait apercevoir cependant la possibilité d'une autre approche, plus atmosphérique et électronique.
The Desanctification s'inscrit en effet dans un tout autre registre. Les fulgurances belliqueuses laissent placent à des pistes plus courtes d'où disparaissent les attaques frontales du prédécesseur. Les guitares, socle imposant de Sect(s), sont encore une fois magistrales, d'autant qu'elles peuvent ici s'exprimer au premier plan, surnageant dans un engourdissement indus paradoxalement dansant. La faute sûrement à cette batterie de chirurgien fou, derniers restes d'un passé black metal. Moins violent cet opus central, mais loin d'être plus apaisé. La nausée se transmet ici comme une pâte acide refluant doucement des entrailles d'un monde rocailleux, strate après strate, jusqu'à se vautrer au ralenti dans un trip-hop réanimé d'entre les morts, dont les tentatives mélodiques et aériennes ne sont que passagères, ou trop lancinantes pour être honnêtes. On aperçoit au loin les spectres évanescents de Deathspell Omega et Virus mais lentement, très lentement remaniés dans un doom dissonant au decorum mystique para-religieux. La conclusion de cette sordide histoire arrive en mars 2012 mais ce serait un tort de rater les deux premiers chapitres.
vendredi 21 octobre 2011
Death Grips - Exmilitary
Bricolage hip-hop assemblé au scotch noir dans le mini-van d'un rôdeur des bas-côtés, la musique de Death Grips s'auto-mutile en serrant les dents, amaigrie par les privations, par la colère et la fièvre. L'avant -garde en treillis fracasse la FM en hurlant dans une boîte de conserve rouillée, appelle à la guerilla sale et pénible. Pensez à M.I.A régurgitée par un Saul Williams des township, ou peut-être à l'oncle pervers noir sous les ongles de Tyler, the Creator. Ça brait, chien, ça se parfume avec l'essence du punk et ça craque une allumette. Haine des flics, rituels antédiluviens, réflexions métaphysiques, tout se brasse et se recrache avec la même férocité. Hardcore insurmontable.
I AM THE BEAST I WORSHIP
En téléchargement ici.
L'écoute en streaming est dispo ici :
Death Grips - Exmilitary by deathgripslundi 18 janvier 2010
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