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lundi 21 mai 2012

Occultation - Three & Seven




Witchcraft le chante depuis assez longtemps, plus récemment c'est Ghost ou Sabbath Assembly qui nous avait prévenus, la mode est au revival 70's. Black Sabbath en tête de cortège des influences, Occultation s'inscrit totalement dans cette mode poussée à l'extrême, ce mimétisme bardé d'encens et de mystique à capuche en balançant un retro-metal qui tape à la fois dans le doom à la papa, le gothic-rock #d4rk et le psychédélisme gavé de reverb.

La reverb omniprésente est sûrement ce qui va d'ailleurs décourager un grand nombre d'entre-vous. Ça et le fait que la production tente de reproduire un brillant effet de grotte immergée qui repousse les guitares vers des profondeurs abyssales, loin sous des couches d'ondulations qui amollissent l'ensemble et peuvent, au début en tout cas, laisser perplexe.

Three and Seven s'avère en fait être non pas aérien mais aquatique. La force des 2 chants féminins compense le manque de hargne et de lourdeur des cordes et si par malheur on se laisser ferrer par ce chant des sirènes, on peut très vite être entraîné vers des abîmes où il ne fait pas bien chaud. C'est tout le mal que je vous souhaite.



vendredi 4 mai 2012

Extra Life - Dream Seeds





Il y a 2 ans, à l'occasion de la sortie de Made Flesh, deuxième album d'Extra Life, je m'étais fendu d'une chronique mathématique où j'essayais de schématiser au mieux la musique du quatuor (aujourd'hui trio) de  Brooklyn. J'en étais arrivé à l'équation suivante :


EXTRA LIFE = (Maynard. J. Keenan + the Shaggs) x (Chevreuil+Battles/Current 93)


Si ce schéma convient à Made Flesh, il va falloir que je trouve mieux pour le concept-album qu'est Dream Seeds, même si les bases sont toujours là. Les sept titres évoluent tous autour d'un thème double, à savoir le rêve et l'enfance, que le groupe malmène et distord en y insufflant cette ambiance mélancolique et sombre, ici encore plus travaillée que sur le précédent opus.

Cette fausse sérénité, cette simplicité enfantine doucement contaminée par une menace sourde, est palpable dès l'ouverture de l'album. La contine acoustique qu'est No Dreams Tonight est vite interrompue par la basse lancinante et les roulements de toms de Righteous Seed, morceau énergique et tendu marquant une direction forte sur ce dernier album, à savoir une posture pop bien plus présente qu'auparavant. Arrive  Little One, un morceau charnière qui malgré une entame classique de ballade piano/voix s'enrichit progressivement d'arrangements de cordes sublimes et offre une fin tout simplement magistrale. 

Là, l'album franchit un cap et Extra Life se pare de sa plus belle pop tout en revenant aux basiques qui ont fait leur succès (et leur identité), dissonances, syncopes, basses agressives et chant lyrique et médiéval improbable. First Song est une pépite de songwriting, les mélodies complexes ne nous ont jamais autant parues naturelles et l'intensité des dialogues entre guitares, synthé et cordes est éblouissante. 

Cette tendance pop (tout du moins dans les structures et les recherches mélodiques) se fait plus discrète sur les deux derniers titres. Blinded Beast, pièce massive d'un quart d'heure est à mon avis le meilleur morceau de l'album. La pop laisse la place à un math-rock asthmatique infecté par des synthés, du clavecin, et marquée par un refrain aux harmonies de voix parfaites. 

Ten Year Teardrop clôt l'album et prouve encore une fois le talent d'Extra Life pour instaurer couche après couche une tension et un malaise, mêlant bruit pur et lyrisme cristallin. 


Un des meilleurs albums de 2012 à n'en pas douter.



jeudi 3 février 2011

Mitochondrion - Parasignosis



Mitochondrion. Bouffer de la glaise. S'injecter de la boue charbonneuse par où tu veux. S'agenouiller à poil dans la terre, le nez en sang. Dommage que #sludge soit déjà pris, car Parasignosis est un bassin de merde, de fange, plongé dans l'obscurité la plus épaisse. Ce ne sont pas que des images, je n'essaye pas de te faire comprendre quoi que ce soit. Occulte Mitochondrion. Ils s'appellent MITOCHONDRION. Et tu voudrais que je décrivent leur musique? J'en suis incapable. Ah si, remarque, t'as déjà entendu la fin de tout? La plaie, les furoncles, la peste et tout ce qui suinte. De la musique malade, fondamentalement malsaine, ample et grasseyante. Ils s'appellent MITOCHONDRION bordel, ils osent te sortir du tapping sur-grave désarticulé, noyé dans un cloaque de scabiose. Ils sont venus te prévenir, te dire que la fin du monde c'est un peu plus tôt que prévu. Tu connais peut-être les autres messagers? Les 3 autres Cavaliers de l'Apocalypse, Diocletian, Portal et Weapon? Voilà le dernier.


dimanche 27 septembre 2009

Der Blutharsch : First (1996)





S’il s’agit ici des premières expérimentations en solitaire d’Albin Julius, First s’inscrit dans la droite lignée des précédents travaux de l’autrichien avec The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud. A savoir un entremêlement sinueux de samples militaires, d’ambiances martiales et symphoniques morbides, tout du moins extrêmement sombres. Pas un titre ne surnage dans ces frimas de violons indus crépitant et de percussions guerrières et l’on s’abandonne dans les plages d’ambient rythmées par des discours de militaires enflammés. Le propos est maîtrisé et Julius torture l’auditeur avec précision et lenteur en misant sur la répétition de boucles lancinantes, cependant il manque encore une identité propre à ce side-project qui ne devait être qu’une expérience unique.