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mercredi 12 octobre 2011

Kamni - A.T.O.M.

La conquête de l'espace par l'U.R.S.S ne s'est peut-être pas déroulée comme prévue mais si en 2011 tu veux faire une virée en zero-g, c'est bien chez les russes de Kamni qu'il faut aller voir.
A.T.O.M. s'ouvre en effet sur un des morceaux les plus moelleux jamais composé depuis le Thebes de Om sur God is Good. Comme pour ce dernier, une introduction mystique joue sur les instru indiennes avant d'ouvrir le circuit fermé d'un stoner chill-out plus proche de Sleep que de High on Fire. Ce long instrumental mène vers un morceau de stoner-doom plus classique, Lysergic General, qui semble tout droit sorti du cerveau embrumé de Jus Osborn. Le rappel à Electric Wizard est presque trop évident mais se démarque par des lead un peu plus inspirés et virtuoses que ceux des Anglais. Sur Collapse, le stoner-doom se fait plus flottant encore avec ses lead fuzzés et son mono-riff bien senti qui s'étoffent jusqu'à noyer le chant hurlé dans des frimas opiacés. Un morceau trop court qui chute brutalement sur un instrumental de 15 minutes clôturant l'album comme il l'avait ouvert, avec des mantras chantés s'effaçant derrière le drone d'un tampura et la mélodie lumineuse de cette flûte Bansurî.
Un peu trop court pour se faire un avis définitif sur Kamni, A.T.O.M. est néanmoins assez riche pour nous montrer l'étendue du talent des russes qui, espérons-le, parviendront à trouver leur voie dans cet amalgame d'influences diverses.



mardi 2 novembre 2010

Electric Wizard - Black Masses / 2010

 
Comme le disaient fort justement les connards de Beyond the Noize , Electric Wizard depuis Dopethrone n'a plus grand chose à dire, si ce n'est pousser à son paroxysme cet univers Weed, Necroporn & Witchcraft en enchaînant avec une certaine aisance et une facilité presque paresseuse des hymnes enfumés. L'esprit 70's analogique un peu crado, déjà présent sur le précédent effort Witchcult Today, se fait ici sentir encore plus vigoureusement. Les guitares massives sont défoncées au fuzz et le chant bien particulier de Jus Oborn nous parvient des profondeurs les plus inquiétantes de la Crypte de Drugula. Pourtant EW évolue, à son rythme certes, le rythme pesant d'une bande de doomeux, mais les anglais avancent. Black Masses est nettement plus emballé, plus vif et EW affine son art du groove heavy as fuck. Le riffing, bien que toujours simpliste semble plus réfléchi et les soli sont techniquement plus élaborés qu'avant. On peut regretter l'époque bénie des hymnes de 15 minutes, plus lents et lourds que jamais (encore qu'une des meilleures pistes de cet album, Satyr IX, n'ait pas à rougir face à ses glorieuses aïeules) mais ce serait nier l'évidence : Electric Wizard a creusé son propre chemin, celui qui mène au panthéon du metal. Massif.


samedi 30 octobre 2010

Electric Wizard & Moss @ le Nouveau Casino - 29-10-2010




Voilà, le 100ème post de ce blog est là. Diable, que ça ne passe pas vite. Pour l'occasion revenons sur le passage remarqué à Paris (Nouveau Casino complet) d'Electric Wizard. Mini-évènement en soi puisque ces potheadz se font rare dans notre beau pays.


Le ticket disait 18:30. Heureusement que les pintes à 3,50 (la vie est belle parfois, sisi) nous permettent de tenir jusqu'à 20h, et de chercher dans la longue queue des têtes connues. 20h donc, heure à laquelle commencent de jouer Moss, un trio sludge/doom/drone capable, en studio, du meilleur comme du pire. À savoir se complaire sur un seul riff pendant 10 minutes et emmerder tout le monde, et ensuite se complaire sur un riff pendant 10 minutes en étant accrocheurs et efficaces. Le premier morceau joué hier rentre dans la première catégorie, trop linéaire, lourd comme il faut, lent comme il faut, mais mortellement barbifiant. Le chant hurlé est bon mais c'est au chant clair, sur le second morceau qu'il se révèle plus efficace. Moss nous livre aussi un morceau du LP (EP?) à venir, pas déplaisant.


 

Après une courte pause apparaissent sur l'écran derrière la scène les images d'un film 70's franco-belge dans laquelle une mignonnette brune, nue et apeurée, sanglée à une croix en bois, se fait gentillemment fouetter par une Domina blonde, nue et bien gaulée. Le public apprécie. J'oublie de préciser que tout ça se passe dans une cave. Ensuite, un rituel banal, une décapitation de colombe, Blonde fait boire le sang à Brune, Brune devient elle aussi une sorcière, et pendant tout le concert Brune tente de se taper tout ce qui bouge (j'ai essayé de comprendre, mais avec le groupe devant c'était un petit peu incommode). 
Après la décapitation de colombe (qui plaît encore plus au public) le Sorcier rentre en scène et nous livre un set court et efficace. Witchcult Today, dernier album en date (d'ailleurs, point de Black Masses en vente au merch, certains se rabattront de dépit sur les t-shirt Electric Wizard rose fluo), Witchcult Today donc, est bien représenté, avec le titre éponyme ou Satanic Rites of Drugula. Le son est massif mais raisonnablement fort et on apprécie (sans trop de mal) les soli psyché de Jus Oborn.
En milieu de set, le (très bon) nouveau titre Black Masses ainsi que l'inévitable Funeralopolis, réveillent un peu un public peu motivé, ou peut-être haut comme un cerf-volant. 
Le set très court se termine brutalement et le rappel n'aura pas lieu. Le public ne semble pas plus chaud que ça. Sauf un type derrière moi qui hurle SATURNINE mais je crois qu'il était un peu fou. 
Ce brusque retour à la réalité laisse un goût amer à un concert bon mais pas exceptionnel. Forcément, la joie de pouvoir headbanguer en live sur des titres qui nous bercent depuis un bout de temps est agréable, et la clique british assure, mais le tout manque un peu de matière, de carne... Ni totalement défoncé, ni totalement pachydermique, on aurait aimé plus, plus fort et plus longtemps.

Une bonne idée cependant, a germée dans nos têtes bouillonnantes : bientôt sur le marché, un t-shirt rose fluo avec le logo de Darkthrone dessus. Ouais Guillaume, ça va marcher, c'est SÛR.