Affichage des articles dont le libellé est Zombi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Zombi. Afficher tous les articles

vendredi 28 septembre 2012

Nachtmystium - Silencing Machine





La voilà la petite surprise nasillarde qui fleure bon le coup de chance, l'inspiration soudaine, au bon moment au bon endroit. Comme si d'une caisse de jaja bouchonné sortait à l'improviste un Château d'Yquem plus vieux que ta grand-mère. Comme si leur black metal cendreux et attendu, bon mais pas affolant, trop appliqué pour dépasser les 2 écoutes, comme si ce black metal auquel nous avaient habitués les Américains s'était soudain retrouvé dans un petit jeu d'inspiration, une faille suffisante pour qu'ils s'y glissent sans se trahir, et qu'ils se révèlent enfin comme dignes d'un intérêt total, et notre écoute attentive et presque tendre. (Encore que, leur 3ème album Instinct: Decay avait su s'exprimer d'assez belle manière il y a jadis, en 2006, mais en demeurant loin de la réussite de l'album nous préoccupant aujourd'hui.)

Silencing Machine est un vieux roller-coaster bien rôdé qui grince entre les abysses de noirceur et d'oppression puis s'élance vers des grâces nébuleuses. C'est une machine ancienne qui semble (re)trouver une fraîcheur magique, laissant jaillir le rock et la new-wave fantomatique du black metal des origines, tout ça fourmillant de références et de poncifs rénovés.

Tendez un peu l'oreille sur le drôle d'amas qu'est Borrowed Hopes and Broken Dreams ou sur Silencing Machine et vous comprendrez. Vous comprendrez qu'ils ont enfin su capter l'essence de ce que doit être une bonne chanson, dans ses structures, ses rafles, ses embonpoints et ses recoins.

La conclusion, la voilà : Nachtmystium vient de sortir son meilleur album.

En écoute ici et dispo chez Century Media records.

vendredi 23 mars 2012

Circle of Ouroborus - The Lost Entrance of the Just




Il y a un peu moins d'un an, Circle of Ouroborus avait suscité pas mal d'engouement avec leur étrange Eleven Fingers, album trouble et vaporeux esquissant tout en retrait et en finesse un post-punk sombre et mélodique, sorte de pendant expérimental de la musique de Hateful Abandon.


The Lost Entrance of the Just marque d'entrée sa filiation avec son prédécesseur en filant sa production nébuleuse ce qui confère de nouveau à la musique du groupe une aura de dream-pop cauchemardesque et désarticulée. Post-punk et black metal sont désossés pour ne devenir qu'un drone lointain sur lequel s'acharne un chant filtré et distant. Ce chant clair quelques fois atonal dévie parfois en cris déchirés et vient parfaire le sombre tableau qu'est The Lost Entrance of the Just.

Malgré la sensation de distance et de repli sur soi que dégage la musique de CoO, il en émane une attirance mystique. Derrière le drone, on distingue des semblants de structures et de mélodies pop qui nous raccrochent au wagon, qui ouvrent la musique en creux sur les grands espaces, sur un black metal cosmique, mille fois ralenti.

Circle of Ouroborus est bien plus qu'un ersatz de Joy Division en corpsepaint. Leur musique séquestre l'ampleur céleste de Wolves In The Throne Room et la réduit, la contraint dans un cerveau comateux. Elle passe le chaos musical de Virus au filtre d'une transe froide et mécanique.

Le groupe parvient à éviter la redite sans pour autant trahir ses partis pris artistiques, en poursuivant une voie sauvage, inexplorée, et passionnante.




(Filez donc voir le travail monumental du label Handmade Birds qui nous donne en mini-exclu le morceau sus-embedded, et n'hésitez pas à leur acheter tout ce que vous y trouverez.)

jeudi 3 juin 2010

Nice Face - Immer Etwas


 Voilà voilà. Un énième groupe de punk retro, jouant la carte mitée du lo-fi, rajoutant de l'orgue et du synthé pour se toucher la nouille expérimentale, chantant dans une boîte de conserve, parce que ça fait plus sale. Sauf que cet album de Nice Face, au lieu de nous sortir un EP sympa-mais-qu'on-écoute-une-fois-faut-pas-déconner, ils nous sortent un album plein à craquer, comme un prisme bouffi et terni des late 60's avec ses orgues foutraques et futuristes (vous savez, ce futur tel qu'on se l'imaginait il y a 50 ans), avec ses basses entêtées, refusant de céder le moindre pouce de terrain aux guitares granuleuses. Le plus intéressant c'est peut-être cette affiliation garage qui pourrait être précisée, redéfinie : ici, en lieu et place de garage-rock, pensez cave-rock, qui pue le goth-rock sous les bras m'voyez? Les Beach Boys Undead meets The goth Sonics. Si tous les dance-floor du monde passaient ce truc...

C'est ici que ça se passe (je vous recommande Hard Time pour l'échauffement.)

vendredi 19 mars 2010

TV Ghost - Cold Fish


http://static.boomkat.com/images/251176/333.jpg


 Je pense sincèrement que les mecs de TV Ghost sont morts. Qu'ils ne jouent pas leur musique mais qu'ils la décomposent, qu'ils la bavent sans envie. Un mois que Cold Fish tourne, un mois que je me pose des questions : Comment une musique rythmée et soit-disant dansante peut-elle autant anesthésier et paralyser? Filtrant Jesus Lizard par les mailles d'un post-punk inquiet, le quatuor de Lafayette ne pourrait se limiter qu'à jouer les déconstructeurs no wave bruyants biberonnés à Suicide. Morts, ils le sont sûrement, sortes de pantins horror punk/psychobilly, le décalage et le sourire en moins. Les orgues et l'écho permanent accentue le ressac de surf rock gâté, avec toujours l'arrière-goût de vermine fielleuse type Clockcleaner. 10 titres, 25 petites minutes dissonantes faussement dansantes donc, qui comme les meilleurs cauchemars, parviennent à malmener nos repères. 25 petites minutes comme une catabase interminable.


dimanche 19 juillet 2009

Nekromantix - Brought Back To Life


Qui n'aime pas les zombies hein? Personne. Qui n'aime pas la gomina et le franc tremplin ébène? Personne. La contrebasse endiablée et les choeurs entraînants? No one. Les power trio danois sortis tout droit du cimetière? Personne bien entendu. Ca file, ça secoue, ça grimace et ça bave, toujours à 100 à l'heure dans une grosse Cadillac, entre rugosité punk et déhanchement rockabilly, on se prend presque à regretter d'être né si tard. Et puis franchement, un tel mélange d'eros mignonnet et de thanatos de série B, ça ne peut qu'être bon.