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jeudi 18 octobre 2012
Cut Teeth - Televandalism
C'est comme si la verve basse et nauséeuse d'Unsane avait décidé de quitter New-York pour Chicago. Au passage elle a arrêté de bouffer, enfilant de surcroît les guenilles d'un vieux punk braillard. On n'est pas loin de la division pénible et sans retenue de Fugazi par These Arms Are Snakes, toujours avec la carne des guitares des New-Yorkais susnommés. Frontal, direct, le quatuor fait du punk-rock en choppant la pop au garrot pour la faire cracher ce qu'elle a de plus essentiel : ses tripes.
J'aurais pu vous balancer la longue liste de groupes auxquels appartiennent les mecs de Cut Teeth mais je n'en connais aucun. Tout ce que je sais c'est que vous ne devez en aucun cas passer à côté de cet EP sorti en juillet dernier chez Topshelf Records.
Vous pouvez l'écouter en intégralité sur leur bandcamp ou vous faire une petite idée juste en dessous :
mardi 15 mai 2012
Crocus - Our Memories Dress Me In A Dead Lust
Crocus joue le screamo que joueraient aujourd'hui les anciens membres d'Orchid s'ils étaient liés de manière incestueuse et un peu sale avec The Fall of Troy et Beau Navire. Le talent des premiers pour agréger ultra-violence et mélodie aiguisée dans un seul riff, confronté aux arpèges jazz des espiègles seconds, sans jamais se départir du flegme délicat des derniers.
J'avais longtemps cherché le frisson d'Orchid dans les nouveaux projets des anciens membres du groupe culte de la scène screamo, mais ni Ampere ni Panthers n'ont su retrouver ce que Crocus semble posséder sans effort, à savoir ce riffing aigu bien particulier et cette violence débridée qui entraîne chaque couplet dans une tempête de caisse claire.
Malgré les appels flagrants à Orchid ou Pg.99, les anglais savent marquer cet album d'une touche personnelle, et notamment par la richesse du jeu des guitares, la précision de la batterie malgré le chaos quasi-permanent, et un mix au poil qui laisse entrevoir la basse juste ce qu'il faut. Compact, maîtrisé, ça sort chez Holy Roar Records et ça s'écoute juste là :
Malgré les appels flagrants à Orchid ou Pg.99, les anglais savent marquer cet album d'une touche personnelle, et notamment par la richesse du jeu des guitares, la précision de la batterie malgré le chaos quasi-permanent, et un mix au poil qui laisse entrevoir la basse juste ce qu'il faut. Compact, maîtrisé, ça sort chez Holy Roar Records et ça s'écoute juste là :
jeudi 10 mai 2012
1=0 - Forteresse EP
Forteresse fait suite à l'excellent Sec, premier album des parisiens de 1=0. Et comme son prédécesseur, l'EP s'engage dans la veine sèche et coupante du rock français intelligent. A priori je pourrais vous refaire sensiblement la même chronique que pour l'album précédent : compositions recherchées, textes vifs et phrasé scandé, Diabologum et (Ex)périence en embuscade etc.
Quelques petites nuances cependant sont perceptibles sur les courtes 13 minutes de l'EP. Un chant clair plus classique fait son apparition sur Tue-le avec un morceau rock carré, moins fou que ce à quoi nous avait habitué 1=0 mais assez bien foutu pour mettre en avant la lourdeur et la puissance du groupe. Quatre morceaux qui jouent donc plus sur l'énergie et l'intensité rock que sur les expérimentations. Entêtant, cru, 1=0 est définitivement le visage du rock français actuel , en tout cas celui dont on aimerait se souvenir dans 30 ans.
Toutes les infos ici : www.unegalzero.com
mardi 20 mars 2012
Arms of Ra - Unamed
Premier véritable album des Parisiens d'Arms of Ra, Unamed fait pourtant déjà preuve de maturité. Sûrement parce que ça fait pas mal de temps maintenant que les mecs peaufinent leur style. C'est donc un AoR changé qui entre dans l'arène, moins charnu, moins rond, un AoR au régime qui a perdu en graisse sludge pour aiguiser un post-hardcore violent et sombre plus perçant.
La prod est limpide, le chant et les guitares gagnent en finesse et en acidité, avec juste ce qu'il faut de crasse pour faire ronronner la basse. Les compo en elles-même sont réfléchies et loin d'être linéaires. On est face à de longs morceaux riches en rebondissements qui ne tombent jamais dans la complexité gratuite. Disons simplement que les mecs ont travaillé leur metal pour nous sortir 6 titres de qualité égale, sans bâcler le cœur de l'ouvrage. C'est d'ailleurs sur l'avant dernier titre, alors qu'on pourrait commencer à un peu se faire chier, qu'Arms of Ra lâche un Write my name and forget it fiévreux (mon petit morceau préféré hihihi) qui bouleverse le metal du groupe en y injectant une dose de screamo fort à propos.
J'ai longtemps cherché un défaut à Unamed, et je pense avoir trouvé. Paradoxalement, ce petit bémol est aussi ce qui fait de ce disque une réussite : il est tourné de trois-quarts vers le passé. Je pense parfois à Unsane, à la fin des 90, au screamo et au hardcore du début des années 2000, sincère, intelligent, mais aujourd'hui noyé par la vague noire de groupes ronflants baignés dans le black metal. Arms of Ra, en maintenant un cap quelque peu désuet, parvient en fait à sortir du lot et à se faire remarquer. Me gusta.
Ça sort sur Swarm of Nails et ça s'écoute/achète/télécharge gratuitement :
jeudi 17 mars 2011
Trap Them - Darker Handcraft
Vous vous souvenez de Black Breath, dont l'album Heavy Breathing a été salué unanimement l'année dernière, tant par de farouches metalheads, que par des webzine hipster pas mécontents de s'acoquiner un peu avec le Malin. Il y avait de quoi, car le crossover hardcore/thrash/death du groupe nous offrait un des albums les plus groovy de l'année. Certes, on aurait tout aussi bien pu se réécouter tout Entombed, mais la prod graisseuse de Kurt Ballou apportait le petit plus qui faisait sortir les américains du lot.
Trap Them fraye à peu de choses près dans les mêmes eaux sombres que Black Breath. D'ailleurs Kurt Ballou est encore aux manettes. Autre point commun, Southern Lord, qui semble bien décidé à mosher un peu. Au programme, un hardcore chaotique et schizophrène, à la fois proche de Converge (polyrythmie, syncopes) et d'Entombed (son de guitare, riff cendreux et chant) , emmêlé dans un D-beat instable et vengeur. Les mecs se sortent de ce foutoir grâce à leur attitude presque stoner, rock'n'roll, adolescente. Plus violent que Heavy Breathing, Darker Handcraft va même taquiner le grindcore avant de repartir dans un toukatougouda rassurant. Le batteur est monstrueux et la prod de Ballou est...la prod de Ballou. On peut ne pas apprécier ce côté très clean mais on doit lui reconnaître un don au moins : celui d'avoir une patte, et de la poser bien en évidence sur chaque disque qu'il produit.
mardi 15 février 2011
De Magia Veterum - The Divine Antithesis
J'ai lu chez des confrères fort peu recommandables que The Divine Antithesis était un album de black metal insecte. Et je pense qu'ils ont tout à fait raison.
Si par insecte, ils entendent se faire violer les oreilles par des vers de farine de 43cm de long, alors oui, c'est vraiment pertinent, black metal insecte.
lundi 20 juillet 2009
Next Life - The Lost Age
Sur le papier, le trio norvégien a de quoi interpeller : "electronic progressive & superviolent", moi ça me fait frétiller. Et de fait la recette marche plutôt bien : guitares stridentes et saccadées, syncopes à la D.E.P, synthétiseurs ROLAND au bord de l'implosion (ils citent Jarre en influence), triturations analogiques, blasts, hurlements, bref les bases sont là. On pense à Converge, Battles, Genghis Tron et bien d'autres, mais putain que cet album est frustrant. 16 pistes ne dépassant que très rarement les 2:00, ça passerait si tous les morceaux étaient en effet "electronic progressive & superviolent" malheureusement on reste assez souvent sur sa faim. Des bonnes idées il y en a à foison, là n'est pas le problème, mais elles gagneraient à être développées, étirées, poussées à l'extrême. Ici tout reste toujours trop sage, on voudrait plus de hurlements, plus de blasts, plus de basses, plus de crissements qui font mal. Digimetal, noise electro ouais ouais, mais c'est bien trop gentil tout ça. Alors oui, parfois on dépasse les 2:00, et Next Life déploie réellement son potentiel mélodique, et un souffle épique assez bluffant (l'excellent Towards Divinity), mais ces sorties sont bien trop rares. B-, non mais. jeudi 16 juillet 2009
Antigua y Barbuda - Try Future

Je vais pas vous ressortir l'éculé coup de la chronique/recette (une larme de stoner, un torrent de crust, un sucre, une olive et un bout de ficelle). C'est pas l'envie qui m'en manque pourtant. Try Future est un vrai bouillon de culture musicale, déstabilisant et extrêmement addictif : Une base metal burnée comme la plus barbue des groupies de Mastodon (blasts à tout va, riffs blackisants et heavy as fuck) à laquelle s'ajoute un chant haut perché (inévitable comparaison avec le Mars Voltien Cedric Bixler-Zavala), et des relents psychédéliques marécageux bataillant avec des nappes de synthé analogiques (on pense à Kylesa, Gengis Tron...) Voilà très grossièrement la bête. (Bête d'ailleurs mixée par Kurt Ballou en personne.) Certains y entendent un peu de Muse (mouais) d'autres du Envy (zzzz), les Ibères se sont vu étiquettés "Math-Rock Psyché", bref, osef: voilà de la vraie musique inspirée, épique, et jouissive.
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