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mardi 31 juillet 2012
Mudbath - Red Desert Orgy
Énorme claque sludge/doom que ce court EP de Mudbath. Trois titres seulement pour s'extirper de la fange gluante et épaisse du doom et pour modeler dans la glaise un groove stoner apathique.
Les hurlements proches d'un Mike Williams (Eyehategod) sont encore plus efficaces quand ils alternent avec des aboiements hardcore braillards (Mudjahideen). C'est lent, c'est lourd, et les seules respirations prennent la forme de lead et de solo membrés comme des aurochs.
L'ombre enfumée d'Electric Wizard se fait très très opaque, notamment dans les larsen du dernier morceau (Smells Like Teen Cunt ) mais la comparaison s'arrête là. On retrouve plutôt chez Mudbath cet acharnement au groove gras qu'on dégustait la gueule en sang chez The Abominable Iron Sloth.
L'EP est dispo gratuitement sur le bandcamp des Avignonnais et en écoute juste en dessous. Pour les dates de concert, voyez ici.
samedi 5 mai 2012
Marilyn Manson - Born Villain
Je n'attends plus rien de Marilyn Manson. J'ai déjà reçu tout ce que je pouvais espérer de lui. Le malaise épais de Portrait of an American Family et Smells Like Children, la géniale trilogie Antichrist Superstar, Mechanical Animals, Holy Wood et même un revirement pop-rock réussi avec Eat Me, Drink Me. Je n'attends plus rien de Manson parce qu'une grande part de la fascination qu'il exerçait sur moi a disparu après Holy Wood, quand MM est devenu humain. Cet album est pour moi le véritable chef d'œuvre de Manson, le point final d'une carrière mouvementée qui a tué l'Antichrist et n'a laissé que cendres et poussière derrière lui.
Après la parenthèse entertainment The Golden Age of Grotesque où Manson assumait pleinement son rôle d'amuseur public et de bête de cirque, il avait réussi à se réinventer en dévoilant pour la première fois son véritable visage, celui de Brian Hugh Warner, dans le romantique Eat Me, Drink Me. Difficile à partir de là de concevoir une suite au projet Marilyn Manson. La perversité, la crasse et la provocation élaguées, il ne reste à Manson que son petit être, ses peines de cœur, ses craintes, celles d'un homme normal, au mieux d'une rockstar égocentrique. L'échec total qu'est The High End of Low a néanmoins le mérite de fermer la parenthèse romantico-Caroll-Burtonienne du plus mauvais goût et vient une fois de plus tuer Manson pour mieux le faire renaître. Le résultat de cette renaissance s'appelle Born Villain.
Je n'attends plus rien de Marilyn Manson car il n'est plus envisageable pour lui aujourd'hui de ressortir les brulôts du passés. Maintenant qu'il est redevenu un homme comme les autres, Manson doit se battre contre la tentation de la facilité et se démerder comme la rockstar qu'il est pour sortir des albums de qualité. Pas des chefs d'œuvre habités, hantés par un souffle mystique, non, juste de bons albums de rock, ce qu'il réussit plutôt bien avec Born Villain. On ne trouve pas de thèmes forts comme auparavant, pas de déguisement, on sent que MM a totalement assimilé la mort de ses avatars et que c'est maintenant lui qui se livre à l'auditeur. Ne reste que la musique.
Born Villain tire un trait sanglant sur la mauvaise pop de l'album précédent et ce dès l'entrée en matière, avec l'enragé Hey, Cruel World... doigt d'honneur toutes guitares dehors, comme une profession de foi, marquant le retour à une musique plus véhémente. Je me représente cet album comme un Mechanical Animals SM, brut, punk, moins ambitieux, mais efficace. On pense aux Stooges (The Gardener), à Killing Joke (Overneath the Path of Misery) et on s'attache vite à ces 14 pistes à la fois très simples mais accrocheuses. On retrouve aussi des morceaux comme Murderers Are Getting Prettier Every Day, pas le plus réussi mais bel exemple de la rage retrouvée et de l'envie d'en découdre du Révérend en 2012. Quant à Breaking The Same Old Ground elle remet au goût du jour les ballades d'Antichrist Superstar comme The Man That You Fear, mais passées au filtre du nouveau Manson rock découvert sur Eat Me, Drink Me.
Le groupe Marilyn Manson n'a rien perdu de son talent pour composer de bons morceaux et on est donc face à un bon album de rock. Reste à savoir si MM plaira autant à ses fan de la première heure maintenant que sa musique à repris une taille humaine, maintenant le supplément d'âme dont je parle souvent a disparu, maintenant que Manson fait du rock, rien que du rock.
dimanche 20 novembre 2011
Sarabante - Remnants
On se demande où s'arrêtera l'appétit de Southern Lord pour les formations crust-hardcore. Tant qu'ils trouveront des groupes du niveau de Sarabante, sans doute. La recette est toujours la même, hardcore pas content, crust à la glaviouse bien acide, tout ça plongé dans la tourbe. Les athéniens se forgent leurs armes et se démarquent par leur sens de la mélodie sépulcrale et mélancolique ainsi qu'avec un chant hurlé brûlant qui trouve à peine le temps de s'écorcher les cordes vocales sur les courtes décharges brutales que sont les 11 morceaux de Remnants. Plus propres que leurs aïeux de Tragedy, les Grecs parsèment leurs attaques de guitares lead et de phases instrumentales qui sapent un peu l'intensité de Remnants mais permettant de varier un peu les déplaisirs.
Όλα χαλάζι Ελλάδα
À partir de maintenant, vous trouverez un lien bien pratique dans les commentaires. De rien les lapins.
Black September - The Forbidden Gates Beyond
Paradoxalement, foetusfoetus est resté bien muet en novembre, alors que derrière grouille un amas d'immondices qui n'attendent qu'une chose : se déverser en ces pages. Trop occupé à rattraper mon retard avant que ne soit venue l'heure des impossibles bilans, j'en ai oublié le principal : LE PARTAGE. La première offrande qui étrenne ses pages de novembre sera donc the Forbidden Gates Beyond, des américains de Black September.
Tout droit venu de Chicago sur son destrier fou, Black September crache en 36 minutes une belle petite horreur, furieuse et bien fuselée. Les deathsters vernisse leur death suédois d'un feeling necro relativement clean (on est loin des prod USBM) en maniant avec un panache un poil insolent l'art du riff qui fait mouche. Épique comme une course de lévriers enragés, TFGB tatane avec intelligence en évitant les surenchères de blast-beat et l'étourdissement de violence pour privilégier mélodie et efficacité. La basse en fer forgé et le chant féminin surnagent dans cette mélasse noire et marquent un peu plus l'identité de ce jeune groupe qui nous pond ici un effort un peu court mais indéniablement réussi.
vendredi 18 février 2011
Virus - The Agent that Shapes the Desert
Music in a silent universe
Il y a cette basse potelée, plastique, qui coule et rebondit. C'est elle qui décide. Derrière elle se débattent dans la rouille et l'acide, des guitares d'acier, sûrement pas désaccordées, mais dissonantes. Elles s'enroulent autour de la Basse originelle, l'enserrent, la cisaillent, et répètent à l'infini leurs riffs alien, pour lui voler le premier rôle, s'imposer comme le squelette de ce baladin des enfers.
Il y a cet étrange désert rouge, martien, veiné de torrents de poix noire, fleuves léthargiques, coulants telle une lave fatiguée. Cette musique est née dans le soufre et le feu, hasardeuse et pourtant implacable. Au milieu des étendues stériles chante l'histrion, lyrique, enflammé, fou. Il chante seul, prêcheur abandonné de tous, et raconte les villes en ruines, le soleil cuisant, les reflets mouillés sur le sol desséché.
Ça y est, tu le tiens le véritable jazz noir, la soul empoisonnée.
dimanche 21 mars 2010
Young Widows - Old Wounds
Je sais pas si un son de guitare m'avait autant bastonné que ça depuis ma découverte d'Unsane. Old Wounds est un hymne aux basses sadiques, aux guitares masochistes, aux futs secs et méchants. Les Young Widows ont ça dans le sang, "they got addicted at an early age", addict aux rythmiques pesantes comme un vieux bluesman, aux riffs vrillés et lancinants de Clockcleaner, aux délires vocaux plein d'écume de David Yow.
Le camarade Ballou, pour enregistrer cet album, à suivi le groupe en tournée, piochant ici et là dans leurs prestations live et mélangeant le tout à des prises studio, pour arriver à un résultat très très très vilain. Un gros son live donc, plus ample que la plus ample de tes copines, qui sait se montrer véloce et plombé à la fois, sorte de Fugazi culturiste et enragé, en chemise de bucheron s'il vous plaît. Rarement au dessus de 3:00, les 11 titres de l'album raclent sèchement pour tailler dans le roc une masse noise rock éprouvante, véritable otoscopie au burin.
re-up involontaire, sorry
re-up involontaire, sorry
vendredi 19 mars 2010
Appollonia - Blank Solstice
Ils n'ont pas beaucoup de chance les mecs d'Appollonia. Déjà parce qu'ils ne rentrent dans une aucune case. Ou plutôt parce qu'ils essayent de rentrer dans toutes. Du coup on les retrouve généralement labellisés post-hardcore, souvent screamo. De temps à autres un barbu les affuble de l'étiquette sludge. Depuis Blank Solstice on peut aussi rajouter pop. Vous voyez un peu le topo, la liste de noms désormais bien rabâchés est inévitable : on pense énormément à Impure Wilhelmina, puisque comme les Suisses, les bordelais atteignent des sommets de mélodie tout en restant dans une violence et un matraquage parfois bovin (les premières secondes de Iota). Si tant est qu'il en existe une, Appollonia s'inscrit dans cette école Française métissant tout un panel de musique violente, screamo, hardcore, sludge etc.(de Celeste à Daïtro en passant par Aussitôt Mort, Time to Burn, Tang, voire même les plus hargneux Amen Ra) (oui, nous aurons bientôt annexé la Belgique).
Les trois lascars savent donc faire bouger des cervicales, de manière presque primaire (To nameless sons, Acrobat, A Landscape of its Own) puis, c'est un peu leur patte, caler entre deux hurlements des passages à la guitare claire, souvent incendiés par un spoken word déchirant. On pouvait leur reprocher des envolées lyriques trop factices qui venaient ternir la fougue de leur musique (vous êtes des coreux, tabassez et arrêtez de chouiner) mais on sent aujourd'hui qu'un véritable travail a été fait pour rendre plus fluides leurs compositions. On aime ou pas leur côté pop, pas toujours pertinent (Chalk Outlines me fait penser à du bon Mickey 3D, à vous de voir) mais on ne peut nier la véritable identité que ce sont créé les mecs au fil des ans. (Un manque d'identité que votre serviteur critiquait avec grande sévérité il y à de ça 5 ans.)
Blank Solstice marque l'entrée de ces juppéistes chevronnés dans la cour des grands, on espère juste que la suite osera plus, repoussera plus de limites et sera un peu plus malsaine. Faites nous mal s'il vous plaît.
Dispo chez MusicFearSatan pour les curieux.
dimanche 27 septembre 2009
Der Blutharsch : Der Sieg des Lichtes ist des lebens heil ! (1998)
Pièce maîtresse de Julius, considérée par beaucoup comme son chef d’œuvre, Der Sieg continue d’explorer les sombres sentiers d’un indus martial épique teinté de dark ambient. Ce nouvel effort de DB se démarque de son prédécesseur par un engagement beaucoup plus marqué de la musique. Plus diversifié, Der Sieg met l’accent sur des compositions volontaires et franches. Les percussions martiales prennent une place encore plus importante, conférant à l’album une dynamique bien plus tranchante, parfois emballée, restituant parfaitement une ambiance guerrière et mélancolique. Julius utilise toujours les sample de discours militaire, mais là encore, l’apparition de chants rituels quasi-mystiques permet à la musique de Der Blutharsch d’étendre son spectre et de véritablement se déployer.
L’artwork guerrier retranscrit parfaitement l’atmosphère de l’album qui, il me semble, s’ancre cependant plus dans le conflit de la 2nde Guerre Mondiale que dans les luttes antiques ou médiévales. Il suffit pour cela d’écouter la première piste de l’album, reprenant le morceau Lily Marleen, fort populaire auprès des troupes de la Wehrmacht et que le régime Nazi avait tenté d’interdire. Premier véritable album de Der Blutharsch (les morceaux de First ayant été composés, à l’origine pour The Moon Lay Hidden…), Der Sieg est un coup de maître, un album rempli jusqu’à la gueule, exigeant et passionnant.
Der Blutharsch : First (1996)
S’il s’agit ici des premières expérimentations en solitaire d’Albin Julius, First s’inscrit dans la droite lignée des précédents travaux de l’autrichien avec The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud. A savoir un entremêlement sinueux de samples militaires, d’ambiances martiales et symphoniques morbides, tout du moins extrêmement sombres. Pas un titre ne surnage dans ces frimas de violons indus crépitant et de percussions guerrières et l’on s’abandonne dans les plages d’ambient rythmées par des discours de militaires enflammés. Le propos est maîtrisé et Julius torture l’auditeur avec précision et lenteur en misant sur la répétition de boucles lancinantes, cependant il manque encore une identité propre à ce side-project qui ne devait être qu’une expérience unique.
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