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vendredi 19 mars 2010

Appollonia - Blank Solstice



Ils n'ont pas beaucoup de chance les mecs d'Appollonia. Déjà parce qu'ils ne rentrent dans une aucune case. Ou plutôt parce qu'ils essayent de rentrer dans toutes. Du coup on les retrouve généralement labellisés post-hardcore, souvent screamo. De temps à autres un barbu les affuble de l'étiquette sludge. Depuis Blank Solstice on peut aussi rajouter pop. Vous voyez un peu le topo, la liste de noms désormais bien rabâchés est inévitable : on pense énormément à Impure Wilhelmina, puisque comme les Suisses, les bordelais atteignent des sommets de mélodie tout en restant dans une violence et un matraquage parfois bovin (les premières secondes de Iota). Si tant est qu'il en existe une, Appollonia s'inscrit dans cette école Française métissant tout un panel de musique violente, screamo, hardcore, sludge etc.(de Celeste à Daïtro en passant par Aussitôt Mort, Time to Burn, Tang, voire même les plus hargneux Amen Ra) (oui, nous aurons bientôt annexé la Belgique).
 Les trois lascars savent donc faire bouger des cervicales, de manière presque primaire (To nameless sons, Acrobat, A Landscape of its Own) puis, c'est un peu leur patte, caler entre deux hurlements des passages à la guitare claire, souvent incendiés par un spoken word déchirant. On pouvait leur reprocher des envolées lyriques trop factices qui venaient ternir la fougue de leur musique (vous êtes des coreux, tabassez et arrêtez de chouiner) mais on sent aujourd'hui qu'un véritable travail a été fait pour rendre plus fluides leurs compositions. On aime ou pas leur côté pop, pas toujours pertinent (Chalk Outlines me fait penser à du bon Mickey 3D, à vous de voir) mais on ne peut nier la véritable identité que ce sont créé les mecs au fil des ans. (Un manque d'identité que votre serviteur critiquait avec grande sévérité il y à de ça 5 ans.)

Blank Solstice marque l'entrée de ces juppéistes chevronnés dans la cour des grands, on espère juste que la suite osera plus, repoussera plus de limites et sera un peu plus malsaine. Faites nous mal s'il vous plaît.


Dispo chez MusicFearSatan pour les curieux.

samedi 29 août 2009

Kickback - No Surrender



J'ai jamais trop fais gaffe à Kickback. Les 150 passions... , on me l'avait offert, je devais avoir 12/13 ans, je ne connaissais ni le hardcore, ni l'histoire des gaziers, mais le cd est revenu régulièrement lacérer ma platine depuis 10 ans, mine de rien. Alors les retrouver avec du son frais, c'est un peu comme retomber en enfance. Aujourd'hui comme il y à 10 ans, la réputation des mecs je m'en tape un peu. J'écoute bien des hippies, des satanistes et les Arctic Monkeys alors...

No surrender est massif. Massif de par sa haine, sa crasse, ses glaires, ses tripes. Massif parce qu'il grésille, qu'il larsen, qu'il assomme. Il se lance à corps perdu dans la violence sans se faire chier à respecter la moindre étiquette. Le riffing, mis en avant par une production d'enculé (écoutez-le, je ne pense pas trouver de terme plus juste), est réfléchi, toujours pertinent. Les compositions évoluent, se développent et s'étendent jusqu'à l'implosion. Rien n'est basique ou gratuit ici, et tant mélodiquement que dans sa structure, l'album est ciselé, abouti. On ressent la hargne primaire d'Arkangel, la fuite en avant de Converge, le grain de voix d'Integrity mais toujours dilué dans une masse compacte propre au groupe parisien.

En cela, cet album est bien plus que le simple glaviot de merdeux enragés. Il balafre méchamment le paysage musical actuel et marque l'année 2009 du sceau de sa haine.

I hate you motherfuckers.