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mardi 4 septembre 2012

Gaza - No Absolutes In Human Suffering





Gaza fait partie de ces groupes que j'ai eu la chance de découvrir en concert. Les américains ouvraient au Glaz'art pour une soirée de douceur en compagnie de Trap Them et Rotten Sound. Un vrai plaisir. Après un set très prometteur j'étais un peu resté sur ma faim en découvrant le versant studio du groupe. Difficile d'y retrouver la hargne du live, d'autant que la seule force brute de leur musique ne dissimulait que très mal le manque d'inspiration et le bourinage facile.

No Absolutes In Human Suffering marque très clairement un cap à ce niveau là. Beaucoup plus accrocheur, le bruit généré par le quatuor émerge du bordel bête des premiers efforts et tend vers un chaos dompté, marqué par une personnalité du groupe mieux définie et plus clairement affirmée.

Plus dense, plus sombre, Gaza balance au passage deux ou trois morceaux de bravoure comme This We Celebrate ou Not With All The Hope In The World (qui dépasse les 6 minutes), prouvant au passage qu'ils se démerdent plutôt bien dans un registre beaucoup plus lent (registre qu'ils exploraient plus auparavant, mais avec moins de bonheur qu'ici.)



C'est précis, ça cogne sec, et c'est sorti fin juillet chez Blackmarket Activities.


 

vendredi 8 juin 2012

Wreck and Reference - No Youth



En janvier j'étais revenu avec un peu de retard sur la première sortie bruyante de Wreck and Reference, Black Cassette, sortie que j'avais eu un peu de peine à placer sur le grand échiquier musical tant le son des californiens est riche et varié.

Le lo-fi electronic doom dont ils se réclament se manifeste dans les faits par une entité noise furieuse avec laquelle se débat le spoken word incantatoire d'un David Tibet et les hurlements black metal. Tout comme Black Cassette, Wreck and Reference erre dans un labyrinthe et nous perd totalement dans sa folie. J'avais évoqué Mount Eerie, une impression qui se confirme à l'écoute de No Youth, notamment par cette manière très proche de faire advenir le chaos, à coup de splash cymbal résonnantes et de guitares aigües lancinantes. À la seule différence que WaR a été nourri au metal, et que l'épaisseur de morceaux comme Inverted Soul injecte une menace et un danger étrangers à Phil Elverum.


On peut aussi penser au screamo moderne que peuvent fournir des groupes comme Beau Navire ou Loma Prieta, mais dépourvu de tout vernis, sali, torturé. No Youth est en fait une symphonie complexe qui vous demandera -c'est indispensable- plusieurs écoutes attentives pour en saisir toutes les subtilités.

Finalement, le mieux avec Wreck and Reference, c'est de l'écouter et de se taire.


samedi 10 mars 2012

Genocide Organ - Under Kontrakt




Ça fait maintenant 6 ans qu'on attendait du nouveau de la part de Genocide Organ, groupe majeur de la scène power electronics et adepte d'un death industrial des plus dérangeants. Ce projet mystérieux passé maître dans l'art de noyer l'horreur et l'angoisse dans les boucles masochistes indus et les nappes dark-ambient, revient avec Under Kontrakt, un concept-album dédié aux mercenaires de guerre.

Impossible de parler de GO sans évoquer cette petite réputation sympa de gros nazi para-militaires qui leur colle aux kampfstiefel. Eh bien oui, Genocide Organ est un groupe extrême, de musique extrême, terroriste du son, fasciné par la guerre, la violence, ce qui contamine à la fois leur paroles, leur image, mais aussi leur musique. Tout auditeur assez intelligent saura faire la part des choses et apprécier le jusqu'au-boutisme de leur musique sans pour autant y voir un quelconque manifeste idéologique. Et pour les derniers réticents, lisez donc cette profession de foi du groupe, clé de lecture de toute leur œuvre :  

« We never say what we think, and we never believe what we say, and if we tell the truth by accident, we hide it under so many lies that it is difficult to find out. »

6 ans d'attente donc, pour arriver à un Under Kontrakt plus monotone que le précédent effort, In-Konflikt. Ici on serpente sur toute la gamme déjà bien maîtrisée par le groupe, entre expérimentations indus brutales de Throbbing Gristle et power electronics aux basses lancinantes que ne renierait pas un Haus Arafna dans ses jours les plus sombres. On perd au passage les rythmiques indus et métalliques présentes jusqu'à maintenant pour se lancer tête baissée dans les rouleaux grésillants et les incantations scandées ou murmurées. Le seul semblant de rythmique naît des pulsations sous-jacentes, larvées au creux des couches de sifflements suraigus. Paradoxe d'une musique répétitive et linéaire dans laquelle se passent énormément de choses. L'homme cynique et la machine implacable fondent et se défont dans un assaut perpétuel, une agression interrompue seulement par les oppressantes phases de dark-ambient que maîtrisent parfaitement les Allemands. En somme, Genocide Organ fait de la belle musique, ample, sauvage et libre.



mardi 24 janvier 2012

Wreck and Reference - Black Cassette



Black Cassette est un EP dangereux puisqu'il est extrêmement facile de passer ces 20 minutes la gueule dans le brouillard sans vraiment comprendre ce qui se passe. Les Californiens ne font d'ailleurs pas beaucoup d'efforts pour nous baliser le chemin. Au petit jeu des étiquettes ils se collent celle de "lo-fi electronic doom band", et je vais donc partir de ça pour vous expliquer au mieux Wreck And Reference.

Lo-fi ils le sont à n'en pas douter. Ode au fuzz perpétuel et au saint larsen, la musique de WaR est bruyante, encombrée. Et pourtant on ne peut s'empêcher de croire que ce chaos est impeccablement maîtrisé et que l'aspect garage est voulu et tenu en laisse courte. L'absence de guitare fait du groupe un projet électronique même si les synthétiseurs et les samples sont utilisés torturés de telle manière qu'on pourrait penser avoir à faire à un power-trio classique un peu en colère. Arrive alors l'aspect le plus épineux, celui du doom. Structurellement, Black Cassette peut être considéré comme EP de doom avec ses morceaux lents et cycliques, sa batterie lancinante et un chant clair vaporeux rappelant parfois certain groupes de traditional doom. Mais la comparaison s'arrête ici : les morceaux ne dépassent jamais les 5 minutes, et l'ambiance oppressante du doom passe ici avant tout par les expérimentations noise. Le chant polymorphe me fait parfois penser aux incantations de David Tibet, ou à certains morceaux de Mount Eerie, avant de muter en un chant metal plus classique. WaR est donc un groupe de post-quelque chose. Post-metal, post-doom, post-noise, ça reste à voir, mais leur posture marginale, à savoir "faire du metal sans guitare" est bien plus qu'un simple artifice tant le défi est relevé avec talent. Ceci n'est qu'une démo,  mais les balbutiements de WaR font d'eux un groupe à suivre de très près.

La démo est dispo gratuitement ici.


mercredi 18 janvier 2012

Beau Navire - Life Moves (2011)



Salut la meute, on repart pour une année 2012 très chargée puisqu'il faut que je vous parle de TOUT ce que je n'ai pas chroniqué en 2011. Fort heureusement cette année, fœtusfœtus recrute et le mercato d'hiver a été un succès. Le petit nouveau se présentera bientôt, soyez sympa avec lui. Cette année a vu aussi le nombre de lecteurs EXPLOSER puisque maintenant vous êtes presque des millions à venir chaque jour lire avec avidité les nouvelles chroniques ajoutées de manière régulière ici bas. On commence donc 2012 avec Beau Navire et son screamo des profondeurs : 


Dans Beau Navire il y a des membres de Loma Prieta. Et Loma Prieta on va très vite en reparler. Dans Beau Navire il y a du screamo d'antan, celui honnête et déchiré des 90's avec son chant malade. Dans Beau Navire il y a une violence emo heurtée et abrupte aux structures tumultueuses et il va falloir apprendre à démêler tout ça pour atteindre le noyau d'émotion, le cœur à vif de sa musique. Si on y arrive, on se retrouve face à un album chaotique certes, mais foncièrement poétique. On ne pense pas à un seul instant à l'aspect technique et aux échafaudages alambiqués de leur musique et c'est là le signe que Life Moves est une réussite. Pensez Ampere, Louise Cyphre, Raein, et pensez surtout à ne pas passer à côté.





(Want more : dirige toi gentiment vers les commentaires et tout se passera bien)

dimanche 20 novembre 2011

Sarabante - Remnants



On se demande où s'arrêtera l'appétit de Southern Lord pour les formations crust-hardcore. Tant qu'ils trouveront des groupes du niveau de Sarabante, sans doute. La recette est toujours la même, hardcore pas content, crust à la glaviouse bien acide, tout ça plongé dans la tourbe. Les athéniens se forgent leurs armes et se démarquent par leur sens de la mélodie sépulcrale et mélancolique ainsi qu'avec un chant hurlé brûlant qui trouve à peine le temps de s'écorcher les cordes vocales sur les courtes décharges brutales que sont les 11 morceaux de Remnants. Plus propres que leurs aïeux de Tragedy, les Grecs parsèment leurs attaques de guitares lead et de phases instrumentales qui sapent un peu l'intensité de Remnants mais permettant de varier un peu les déplaisirs.

Όλα χαλάζι Ελλάδα







À partir de maintenant, vous trouverez un lien bien pratique dans les commentaires. De rien les lapins.

mardi 6 septembre 2011

New Lows - Harvest of the Carcass



Même ma grand-mère est au courant : le hardcore sombre et très énervé est à la mode. Vous avez pu le lire ici comme partout ailleurs, Southern Lord en a fait son nouveau destrier de bataille, et chaque jour apporte son lot de mecs tatoués braillards, pas vraiment tough guy mais puisant dans le metal (death ou black ou autres) des atmosphères et une inspiration enfiellée. Ce que ne sait pas ma grand-mère, c'est que la plupart du temps, cet engouement est vite démenti par la qualité des-dits groupes. All Pigs Must Die (tout frais signé sur le label de Greg Anderson), malgré un emballage de premier choix, sonne creux et déçoit. Oathbreaker a beau se débattre avec un certain panache, on s'emmerde sec passées 3 écoutes. Et puis il y a New Lows, une tribu de bostoniens qui a décidé de faire cruiser son hardcore, prenant à contre-pied les délires de vieux grind dont souffrent leurs compères de Nails. C'est la même musique qu'ils jouent tous les deux, mais quand l'un opte pour le chaos et la vitesse, l'autre va s'ingénier à tirer les rênes pour mieux baver des breakdown burnés que je ne vous ferai pas l'affront de nommer pachydermiques car ce mot est interdit. Pensez Trap Them et Nails donc, puis oubliez tout et pensez Bolt Thrower, et Discharge. Tout l'album est une punition, une lapidation en règle avec en lieu et place de gros galets des riffs aux dents longues, qui littéralement ne volent pas haut. Le Saint Groove sort de terre, noueux plus que de raison, et je vois dans mon jeu de tarot que tu vas bouger la tête en remerciant tes parents de t'avoir doté d'oreilles.



mercredi 18 mai 2011

Aosoth - III



Gloire au Porteur de Lumière mes amis, il leur a montré le chemin, il a creusé pour eux l'Infâme, il les a traînés vers les profondeurs, et il a vu que c'était extraordinairement bon. Oui mes chers petits, encore du black metal, et encore un groupe français. Oui mes chères boules de vice, c'est d'Aosoth dont je vous parle.

On les connaît déjà, oui, on s'est déjà fait malmener sévèrement par les 2 précédents albums, ces murs de bruit noir ultraviolents. Comme moi, mes ouailles inverties, vous n'avez peut-être pas vraiment accroché, à cause d'un manque d'originalité, d'une brutalité vaine, d'un decorum caricatural? C'est possible, tout cela est possible. Ou plutôt était possible. Il faut dire qu'on avait la tête ailleurs, entre Blut Aus Nord et Deathspell Omega... Aosoth ne m'avait jamais paru digne de venir se tenir dans la cour des grands. Et puis III est arrivé. Comme une vilaine bête galeuse, III mord, et ne relâche jamais son emprise. Rien d'excitant, rien d'entraînant, pas de soupirs, pas de dandinement. III est monotone, lent, asphyxié. L'image de la catabase n'a jamais été aussi juste : on creuse perpétuellement, dans une terre noire avec un certain abandon mais sans jamais trouver de poche d'air, de sursis. On croit être arrivé au bout du voyage, mais on se trompe, rien n'est fait, rien n'est joué et les guitares lacèrent un peu plus ce qu'il te reste d'ouïe.

Oui, Gloire au Porteur de Lumière, il leur a montré le chemin, et Aosoth s'est défait de ses gonds, emmenant dans sa fuite le meilleur de ces illustres confrères.



mercredi 1 décembre 2010

Matt K. Shrugg - Gone Ashtray


Matt K. Shrugg - Hallow Scene by thelightcarrier


La petite vermine qu'il te faut avoir écoutée avant que ta panse n'explose, tant quand le froid piquant te tient encore éveillé, avant que tu ne te baffres dans les restes du festin enguirlandé. On va dans la joie et la bonne humeur, se cisailler la commissure des lèvres avec une corde de Mi, possible, car pour une fois ça pue vraiment le garage. On t'introduit le bordel dans une oreille et l'arrache par l'autre côté. On bouffe le cendrier en mâchant bien chaque mégot. Peut-être peux-tu encore danser, profites-en. Le bal de fin d'année se joue dans une cave polluée, saturée de fumigènes. Ah ça, on gigote, c'est bancal mais on se trémousse les dents serrées, et c'est Chuck Berry lo-fi fini à la pisse qui se la joue free skull music en éventrant le saxophone.

mardi 11 mai 2010

Mayyors - Marines dot com/Morgan's LOLZ/Dead

 Pas grand chose à se mettre sous la dent avec Mayyors. Alors on se passe en boucle le peu qu'on a, et on danse. Oui. Mayyors c'est un groupe fait pour danser, pour swinguer en piétinant son voisin, pour s'arracher le tympan avec une cuillère et le catapulter droit dans l'espace. Tourbillon de fuzz souillé par la vermine, skull music ivre de merde et de licornes, on pourrait presque patauger dans le grain de guitare, dans la tourbe de la basse, et hurler n'importe quoi en bavant, comme le chanteur enfermé dans sa boîte de conserve rouillée. Musique d'apache, undo it yourself, oublie le lo-fi, ici c'est no-fi, rien, alors crame en silence.

dimanche 21 mars 2010

Young Widows - Old Wounds

http://syrfox.files.wordpress.com/2008/12/young-widows-old-wounds.jpg 


Je sais pas si un son de guitare m'avait autant bastonné que ça depuis ma découverte d'Unsane. Old Wounds est un hymne aux basses sadiques, aux guitares masochistes, aux futs secs et méchants. Les Young Widows ont ça dans le sang, "they got addicted at an early age", addict aux rythmiques pesantes comme un vieux bluesman, aux riffs vrillés et lancinants de Clockcleaner, aux délires vocaux plein d'écume de David Yow. 
Le camarade Ballou, pour enregistrer cet album, à suivi le groupe en tournée, piochant ici et là dans leurs prestations live et mélangeant le tout à des prises studio, pour arriver à un résultat très très très vilain. Un gros son live donc, plus ample que la plus ample de tes copines, qui sait se montrer véloce et plombé à la fois, sorte de Fugazi culturiste et enragé, en chemise de bucheron s'il vous plaît. Rarement au dessus de 3:00, les 11 titres de l'album raclent sèchement pour tailler dans le roc une masse noise rock éprouvante, véritable otoscopie au burin.


re-up involontaire, sorry

samedi 20 mars 2010

Homostupids - The Load

 http://www.goner-records.com/cart/images/homostupidsload.jpg

Ils sont sales.
Ils jouent fort.
Ils jouent dans leur garage.
Ils s'enregistrent avec un recorder playskool.
Leur dernier méfait est sorti sur le label de Lightning Bolt et Clockcleaner.
Ils ont un nom absurde.
Des artworks rivalisant d'absurdité avec leur nom.
Leur style, c'est du shitgaze.


Ça donne pas envie?

vendredi 19 mars 2010

TV Ghost - Cold Fish


http://static.boomkat.com/images/251176/333.jpg


 Je pense sincèrement que les mecs de TV Ghost sont morts. Qu'ils ne jouent pas leur musique mais qu'ils la décomposent, qu'ils la bavent sans envie. Un mois que Cold Fish tourne, un mois que je me pose des questions : Comment une musique rythmée et soit-disant dansante peut-elle autant anesthésier et paralyser? Filtrant Jesus Lizard par les mailles d'un post-punk inquiet, le quatuor de Lafayette ne pourrait se limiter qu'à jouer les déconstructeurs no wave bruyants biberonnés à Suicide. Morts, ils le sont sûrement, sortes de pantins horror punk/psychobilly, le décalage et le sourire en moins. Les orgues et l'écho permanent accentue le ressac de surf rock gâté, avec toujours l'arrière-goût de vermine fielleuse type Clockcleaner. 10 titres, 25 petites minutes dissonantes faussement dansantes donc, qui comme les meilleurs cauchemars, parviennent à malmener nos repères. 25 petites minutes comme une catabase interminable.


jeudi 21 janvier 2010

A Place to Bury Strangers - Exploding Head




Voilà typiquement le genre de groupe que j'aime. Des mecs qui se jouent des contraintes pour explorer de nouveaux interstices. Ici, cintrés dans un carcan pop au format FM plus que convenu, APTBS concentre un bouquet d'étiquettes et de références. Définitivement dansant, inévitablement bruyant, on oscille entre post-punk New Orderien énervé, shoegaze abrasif et cold-wave hantée. Un des larrons étant spécialisé dans la fabrication de pédales d'effets, il n'est pas surprenant de voir à quel point les textures et les distorsions de guitares sont travaillées: on entre dans une sorte de voie interstellaire crasseuse et noisy où chaque aspérité devient une montagne, chaque note une comète. La bonne surprise se trouve par ailleurs dans ces résurgences sixties fiévreuses (le titre final en est un parfait exemple) où la basse - comment on dit déjà, ah oui - pachydermique vrille les tympans sans retenue aucune. Très vite on se retrouve à faire la danse de la mouche en saignant des oreilles. Le pied.

mercredi 9 septembre 2009

Black Kronstadt - The Free Spirit





Au Canada ils ont Neil Young, du post-rock godspeed-you-mount-zion, et Terrence & Phillip.
Ils ont aussi une belle troupe d'anarcho-punk bien énervés contre tout un tas de choses (le gouvernement, l'armée, les fachos, le FMI...) et qui ont décidé de canaliser toute cette haine dans un hardcore-crust crasseux ultra-engagé. On fait ce qu'on veut du discours (souvent simpliste dans ce genre de groupe, même si les gaziers semblent ici plutôt bien documentés), il n'empêche que leur bordel grésillant alternant aboiements masculins et chant féminin hurlé est du meilleur effet. (De quoi vous faire ressortir un bon vieux Anomie, d'autant que la belle Danielle utilise souvent le spoken word). Si l'étiquette revendiquée de "blackened-crust" n'est pas forcément évidente (elle le sera beaucoup plus par la suite, avec le groupe Iskra) on perçoit dans le riffing, dans les blasts et dans la production stridente bien sale, une bonne dose d'inspiration black metal.
Pas assez long pour qu'on s'ennuie, assez intense pour qu'on y revienne. Go get some.