Affichage des articles dont le libellé est héliotropisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est héliotropisme. Afficher tous les articles
vendredi 2 novembre 2012
Title Fight - Floral Green
Bonne nouvelle emo-punk de l'année, le Floral Green de Title Fight n'est cependant pas totalement une surprise, Shed nous ayant bien prévenu l'année dernière qu'il y avait plus chez les Américains qu'un simple bouillon de hardcore mélodique.
Plus riche et patient que son prédécesseur, Floral Green se disperse aussi un peu plus, ce qui, à l'échelle de l'album relativement court (32 mn) ne pose pas trop de problèmes mais qui pourrait décourager les plus sueurs et belliqueux d'entre vous.
D'emo-punk il est toujours question ici, celui doux et nostalgique des années 90, franc comme il ne le sera plus jamais, auquel Title Fight injecte un shoegaze et une pop solaire qui rappellent parfois l'héliotropisme sautillant de Torche ou des derniers Baroness. (En mieux.)
Le premier quart d'heure est le plus réussi et justifie à lui seul l'écoute de l'album, tandis que la seconde moitié de Floral Green s'appesantit dans des mid-tempo et des ballades réussies certes mais bien moins indispensables.
Résultat, un album sur lequel on revient très souvent mais qu'on termine rarement. Rendez-vous service et écoutez Floral Green sur le bandcamp des jeunots.
vendredi 19 octobre 2012
Neurosis - Honor Found in Decay
Jamais un groupe n'aura su autant s'affranchir d'un style pour occuper une case entière dans le grand jeu des étiquettes : dans la grande famille du post-metal, Neurosis est Neurosis, point.
Si chacun se fabrique sa forteresse musicale, pierre par pierre, album par album, on peut sans conteste dire que Neurosis m'a fourni de solides fondations. J'ai suivi leur lente évolution, depuis les vagissements telluriques de Pain of Mind jusqu'au voyage introspectif de The Eye of Every Storm.
Pas facile d'imaginer ce à quoi pourrait ressembler Neurosis après cet album tant il semblait atteindre un but, toucher la perfection, l'équilibre entre la lourdeur et la légèreté, entre la glaise du sludge et les cieux post-rock. J'avais d'ailleurs été déçu par son successeur, Given to The Rising qui se livrait tant bien que mal à une synthèse des différentes mues du groupe américain avec un talent certain, mais sans la cohérence des précédents efforts.
Il manquait à Given to the Rising une âme, un souffle qui habitait chaque album avant lui, sans exception. La question, vous l'aurez compris, est la suivante : Honor Found in Decay parvient-il à surpasser son prédécesseur et à réinventer Neurosis ?
La réponse est malheureusement assez difficile à formuler. D'une part, cet album est plus réussi, plus abouti, sûrement parce que le groupe y a travaille depuis 5 ans. La synthèse de tout Neurosis s'effectue beaucoup plus naturellement. L'alternance entre calme et tempête, ce jeu même où se déploie tout le talent de Neurosis, est beaucoup plus maîtrisée ici et on retrouve enfin le désormais fameux supplément d'âme dont je vous ai tant parlé.
Malheureusement cela ne suffit pas. Comme si Neurosis était condamné, depuis The Eye of Every Storm, à puiser çà et là dans sa discographie pour créer un assemblage, en essayant de le rendre le plus convaincant possible. Rythmiques tribales d'un côté, arpèges pluvieux de l'autre, alternance entre cris gras et chuchotements occultes, c'est très bien, mais on connait déjà. La cornemuse on l'a déjà entendue. Plus chanceux ici qu'il y a 5 ans, ils ne se sont néanmoins pas réinventés, ils ne surprennent pas, ils déroulent.
Alors forcément, il est facile de crier au génie face à la maîtrise totale des mecs, qui balancent en une heure tout leur savoir-faire, avec au passage quelques moments de grâce qui ravivent de bons souvenirs, mais sur la durée, cet album ne restera pas, tout comme Given to the Rising ne restera pas. Pourquoi ? Parce que tant que Neurosis composera en regardant dans le rétro, il sera toujours plus plaisant de ressortir Enemy of the Sun ou The Eye of Every Storm.
Si on avait pour habitude de mettre des notes sur ce blog de merde, Honor Found in Decay obtiendrait un 6/10. S'il s'était agi d'un autre groupe que ces putain de génies, il aurait sûrement frôlé les 9/10.
vendredi 20 janvier 2012
I Am A Lake Of Burning Orchids - Summer In My Veins - Morning / Hands - Innocence
Entité bien mystérieuse que I Am A Lake Of Burning Orchids. Trois sorties cette année, rien que ça, et un projet apparemment déjà avorté. Le (très jeune) homme derrière tout ça serait déjà passé à autre chose, et on va devoir digérer tout seul la somme que représentent Summer In My Veins, Morning / Hands, et Innocence.
Summer In My Veins
Première incursion et knockout immédiat avec Summer In My Veins. On a souvent parlé d'Amlux comme étant l'hommage au doom rendu par le pape du noise, Merzbow. On a aussi évoqué l'hommage au black metal qu'était Black One de Sunn O))). Ce schéma est aussi vrai pour SIMV qui peut être vu comme l'hommage noise rendu au screamo. D'ailleurs IAALOBO dit s'être principalement inspiré pour cet album de la musique de I Wrote Haikus About Cannibalism In Your Yearbook (dont certains membres jouent dans Beau Navire, la chronique précédente, tu vois, tout est réfléchi ici, on fait pas les choses à moitié.) Un album noise qui s'amuse à faire du screamo ça donne un shoegaze abrasif très bruyant et extrêmement riche, fourmillant de mélodies dream-pop qu'il faut savoir dénicher derrière le bruit blanc, et de hurlements que les fan de Fuck Buttons devraient apprécier. SIMV est une journée d'été caniculaire imprégnée d'une mélancolie adolescente, d'une nostalgie accentuée par les titres et les interludes parlés. Cet album est une déception amoureuse, un recueil de regrets et de larmes, un vrai trauma s'exprimant par la superposition de strates jusqu'à l'étouffement.
Morning / Hands
Morning / Hands change du tout au tout et nous propose 5 titres plus apaisés et ambient. Les séquelles de SiMV s'y traduisent par la présence de hurlements et du titre noise d'ouverture mais tout s'estompe très vite au profit de longues nappes electro beaucoup plus propres. Rien à voir avec le brasier des débuts, ici la nuit tombe doucement et la dream pop dissimulée jusqu'alors fait son apparition de manière plus franche. M/H est l'EP crépusculaire et aérien, (le bonhomme aux manettes le considère comme un album de voyage) et joue parfaitement son rôle de transition vers l'album nocturne qu'est Innocence.
Innocence
Cette dernière offrande de IAALOBO est, sinon la plus violente, tout du moins la plus sombre. Le compositeur y retranscrit une période trouble de sa vie, un épais brouillard de drogues et de night clubs froids où le noise se pare d'atours techno démembrés et de glitch irréguliers. On oublie la dream-pop et le noise solaire, Innocence est un massacre, une boucherie mécanique qui recrache la musique de club, la passe au filtre de ses horreurs, de ses cris, de ses chuchotements. Le romantisme des deux premiers opus cède sous les coups de boutoir d'une boite à rythme impétueuse qui cherche un peu moins à plaire, et oeuvre dans le chaos le plus total. Musique de machine qui tente de te faire croire que tu vas danser mais qui s'écrase la seconde d'après dans un amalgame d'acier et de néons cassés. Innocence signe l'arrêt de mort de la techno et clôt avec force une des expériences musicales la plus passionnante de 2011.
Si vous ne deviez en retenir qu'un, je vous engage à écouter Summer in My Veins, à la fois l'album le plus éprouvant mais aussi le plus riche. Mais il n'y a vraiment aucune raison pour que vous n'en reteniez qu'un. Aucune.
Les deux premiers albums sont disponibles gratuitement ici, pour le dernier, tu le trouveras où tu sais.
Les deux premiers albums sont disponibles gratuitement ici, pour le dernier, tu le trouveras où tu sais.
jeudi 21 avril 2011
Kvelertak - Kvelertak
Il est l'heure de reparler du phénomène. Si tu m'aimes beaucoup et que tu as décidé de relire tous les articles de ce blog depuis le commencement, tu te souviens sûrement d'un post sur Kvelertak, il y a un peu moins de 2 ans. À l'époque malheureusement, pas d'album à me mettre sous la dent, j'avais juste évoqué le "black metal- and thrash-inspired punk rock, with a pop-oriented approach" (c'est eux qui le disent) des norvégiens, en espérant avoir rapidement quelque chose de concret. C'est fait aujourd'hui, et bien fait. Pas de surprises, c'est bien le groupe qu'on avait laissé il y a 2 ans : fondations hardcore-punk, revêtement black metal et laque rock'n'roll. Le tout produit, une fois n'est pas coutume, par Kurt Ballou.
On pouvait espérer une empreinte black metal plus marquée que ça, notamment à l'écoute des premières démos, mais on gagne ici en efficacité ce qu'on perd en violence. Kvelertak est un groupe solaire, à l'image de Baroness ou Torche, qui tabasse avec le sourire, bonne ambiance, tsé. On fait du metal entre potes, en famille. On retrouve d'ailleurs Hoest (Taake) et Ryan McKenney (Trap Them) derrière le micro.
On préféra mettre de côté l'étiquette de necro'n'roll pour leurs comparses de Lydia Laska (dont le premier album sorti l'année dernière chez Duplicate Records ne m'est toujours pas parvenu, mais qui fera à coup sûr l'objet d'une chronique) y préférant celle d'un blackened hardcore rutilant.
mardi 19 avril 2011
Young Widows - In And Out Of Youth and Lightness
Oh tu risques de le trouver long et apathique ce nouveau Young Widows, surtout si t'avais suivi les conseils du Foetus en écoutant le précédent. Pourtant, je t'assure qu'ils n'ont pas tant changé que ça. Ils ont juste décidé de continuer de creuser. Passés le noise aiguisé, la terre meuble et le sable, ça devient plus difficile d'avancer, plus laborieux. On ramène d'autres outils qu'une simple pelle, on arrange, on réfléchi. Vous suivez la métaphore de la mine? Non? Disons qu'après la plaine, voilà la montagne. On marche moins facilement, ça grimpe sec, mais au final, la vue est bien meilleure quand on est en haut.
Toujours pas? Bon.
In And Out Of Youth and Lightness est un album élégant mais las, colérique mais désespéré. Il faut avancer doucement dans ce dédale de ronces pour en découvrir la richesse, les arrangements, les nuances dans la voix, dans les gammes blues des guitares. Ce n'est pas facile, ce n'est pas agréable, et ce labyrinthe te révèlera autant de squelettes jaunis que d'explosions solaires.
Après t'avoir appris à faire du noise, les mecs te montrent comment le défaire. Avec brio.
samedi 15 mai 2010
Medications - Completely Removed
Beau petit objet que ce Completely Removed, qui vient donner une belle leçon de rock intelligent à toute une scène post-punk indie noyée dans les gloubiboulga disco-africains ratés. Ici les influences africaines (Long Day) sont diluées dans un rock ensoleillé et mélodique très fins. Le chant rappel parfois Phoenix, et les expérimentations liées à leurs origines math-rock ne dissimulent que très peu les vélléités pop du trio. Ce qui est agréable avec Medications, c'est cette impression d'écouter de la pop sans avoir l'impression qu'on se fout de notre gueule. Le talent de songwriting certain nous incite dès la deuxième écoute à fredonner certains titres comme si on les écoutait depuis des années. Sûrement un signe.
mardi 9 mars 2010
The Souljazz Orchestra - Rising Sun
Diantre qu'il est bon ce Rising Sun! Fichtrement langoureux, diablement dansant ce quatrième album des TSO. Savant dosage d'afro-beat fébrile (référence aux Egypt 80 et à la famille Kuti inévitable), d'ethio-jazz exalté (certains titres portent l'empreinte de Mahmoud Ahmed) et d'une larme de muzak lounge flirtant avec le kitsch. La contrebasse entêtée s'accroche à ses trois notes qu'elle va répéter jusqu'à la démence, les cuivres magistraux brament puis chuchotent, soutenus par une myriades de percussions tropicales qui finissent de nous perdre. On ne sait plus trop où on est, hagard en plein jet lag entre Addis-Abeba et Rio, avec James Brown dans la soute et Mulatu Astatke en steward. Rising Sun est d'autant plus appréciable qu'il est empreint d'un mysticisme forcément afro, animiste et radieux qui doit faire des concerts de l'orchestre de véritables cérémonies hypnothiques. Les mecs de Nova doivent être priapiques depuis un mois et ils ont raison. Ah tu voulais du easy listenning sans corpsepaint? En voilà!
vendredi 8 janvier 2010
Dinosaur Jr - Farm
Ces mecs sont en avance, c'est sûrement pour ça qu'ils semblent constamment prendre leur temps.
Inscription à :
Articles (Atom)





