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mardi 2 octobre 2012
Down - Down IV, Part 1 – The Purple EP
Un nom à rallonge qui ne doit en aucun cas vous effaroucher tant la longueur du titre est inversement proportionnelle à celle du contenu proposé ici, à savoir 6 pistes et on remballe. 33 minutes et le quart d'une tétralogie dont les motivations ont été maintes fois expliquées dans les divers tripots musicaux de la toile : Anselmo et ses copains vouloir faire plus musique, plus vite mais pas le temps. Anselmo et ses copains dire d'accord, nous faire plusieurs petits au lieu d'un gros. Et voilà, le projet de Down IV était né.
Tout est prévu : le premier quart de ce monumental Down IV sera consacré à du Down pur jus, plus raw que les 2 précédents (cela est en partie dû à l'enregistrement maison, plus raw, mais pas dégueulasse, musculeux juste ce qu'il faut), le premier quart donc patauge dans les alluvions du Down de NOLA en y attenant un groove chauffé à blanc. Anselmo plus puissant que jamais revisite son chant, moins crachoir que Mastodonien, presque Osbournien. (Le très doomy Open Coffins et son refrain magique.)
Pas de surprises stylistiques même si chaque morceau s'attarde sur une facette différente de Down. Le fait que l'on ne dispose ici que de 6 titres est finalement un énorme atout : cet EP donne la dalle, il affame. On en veut plus, et en attendant les 3 autres quarts, on est condamnés à ressasser ces 6 merveilles.
Le second quart devrait évoluer dans un registre plus moderne (Down III), le troisième quant à lui abandonnerait le sludge pour des morceaux bluesy et acoustiques. Quant au dernier quart, Anselmo l'a promis, il sera « doom as fuck. Giant, bombastic, slow, bury-me-in-smoke type of things. Apocalyptic. »
Bouge-toi le cul Phil, on attend le quatre-quart. (En écoute ici.)
vendredi 20 janvier 2012
I Am A Lake Of Burning Orchids - Summer In My Veins - Morning / Hands - Innocence
Entité bien mystérieuse que I Am A Lake Of Burning Orchids. Trois sorties cette année, rien que ça, et un projet apparemment déjà avorté. Le (très jeune) homme derrière tout ça serait déjà passé à autre chose, et on va devoir digérer tout seul la somme que représentent Summer In My Veins, Morning / Hands, et Innocence.
Summer In My Veins
Première incursion et knockout immédiat avec Summer In My Veins. On a souvent parlé d'Amlux comme étant l'hommage au doom rendu par le pape du noise, Merzbow. On a aussi évoqué l'hommage au black metal qu'était Black One de Sunn O))). Ce schéma est aussi vrai pour SIMV qui peut être vu comme l'hommage noise rendu au screamo. D'ailleurs IAALOBO dit s'être principalement inspiré pour cet album de la musique de I Wrote Haikus About Cannibalism In Your Yearbook (dont certains membres jouent dans Beau Navire, la chronique précédente, tu vois, tout est réfléchi ici, on fait pas les choses à moitié.) Un album noise qui s'amuse à faire du screamo ça donne un shoegaze abrasif très bruyant et extrêmement riche, fourmillant de mélodies dream-pop qu'il faut savoir dénicher derrière le bruit blanc, et de hurlements que les fan de Fuck Buttons devraient apprécier. SIMV est une journée d'été caniculaire imprégnée d'une mélancolie adolescente, d'une nostalgie accentuée par les titres et les interludes parlés. Cet album est une déception amoureuse, un recueil de regrets et de larmes, un vrai trauma s'exprimant par la superposition de strates jusqu'à l'étouffement.
Morning / Hands
Morning / Hands change du tout au tout et nous propose 5 titres plus apaisés et ambient. Les séquelles de SiMV s'y traduisent par la présence de hurlements et du titre noise d'ouverture mais tout s'estompe très vite au profit de longues nappes electro beaucoup plus propres. Rien à voir avec le brasier des débuts, ici la nuit tombe doucement et la dream pop dissimulée jusqu'alors fait son apparition de manière plus franche. M/H est l'EP crépusculaire et aérien, (le bonhomme aux manettes le considère comme un album de voyage) et joue parfaitement son rôle de transition vers l'album nocturne qu'est Innocence.
Innocence
Cette dernière offrande de IAALOBO est, sinon la plus violente, tout du moins la plus sombre. Le compositeur y retranscrit une période trouble de sa vie, un épais brouillard de drogues et de night clubs froids où le noise se pare d'atours techno démembrés et de glitch irréguliers. On oublie la dream-pop et le noise solaire, Innocence est un massacre, une boucherie mécanique qui recrache la musique de club, la passe au filtre de ses horreurs, de ses cris, de ses chuchotements. Le romantisme des deux premiers opus cède sous les coups de boutoir d'une boite à rythme impétueuse qui cherche un peu moins à plaire, et oeuvre dans le chaos le plus total. Musique de machine qui tente de te faire croire que tu vas danser mais qui s'écrase la seconde d'après dans un amalgame d'acier et de néons cassés. Innocence signe l'arrêt de mort de la techno et clôt avec force une des expériences musicales la plus passionnante de 2011.
Si vous ne deviez en retenir qu'un, je vous engage à écouter Summer in My Veins, à la fois l'album le plus éprouvant mais aussi le plus riche. Mais il n'y a vraiment aucune raison pour que vous n'en reteniez qu'un. Aucune.
Les deux premiers albums sont disponibles gratuitement ici, pour le dernier, tu le trouveras où tu sais.
Les deux premiers albums sont disponibles gratuitement ici, pour le dernier, tu le trouveras où tu sais.
dimanche 20 novembre 2011
Sarabante - Remnants
On se demande où s'arrêtera l'appétit de Southern Lord pour les formations crust-hardcore. Tant qu'ils trouveront des groupes du niveau de Sarabante, sans doute. La recette est toujours la même, hardcore pas content, crust à la glaviouse bien acide, tout ça plongé dans la tourbe. Les athéniens se forgent leurs armes et se démarquent par leur sens de la mélodie sépulcrale et mélancolique ainsi qu'avec un chant hurlé brûlant qui trouve à peine le temps de s'écorcher les cordes vocales sur les courtes décharges brutales que sont les 11 morceaux de Remnants. Plus propres que leurs aïeux de Tragedy, les Grecs parsèment leurs attaques de guitares lead et de phases instrumentales qui sapent un peu l'intensité de Remnants mais permettant de varier un peu les déplaisirs.
Όλα χαλάζι Ελλάδα
À partir de maintenant, vous trouverez un lien bien pratique dans les commentaires. De rien les lapins.
vendredi 30 septembre 2011
Youth Avoiders - Demo (2010)
C'est fini. Tu n'es plus un enfant. Maintenant tu cherches du taff, tu t'inscris à la CPAM, la baguette augmente et les clopes aussi. Ta première meuf est enceinte et bientôt mariée à un Kévin juste gentil, pompier volontaire, gros con de père en fils. #seriousbusiness comme disent certains américains moyens. Maintenant et jusqu'à ce que, sur les rotules, tu décides de partir en retraite anticipée, tu vas te lever, aller bosser, boire une bière avec des gens gentils mais que tu ne connais pas vraiment, et puis tu vas rentrer chez toi, acheter un chat et mourir. Je crois que le plan se résume à ça.
Et pour supporter ce long trajet tu as la démo de Youth Avoiders. Tout simplement. D'après les experts on serait face à un garage punk revisitant avec brio le hardcore des années 80, pour ma part j'y entends une bonne alternative au déferlement de hardcore de routier à grosses bouliches trustant mes charts last.fm ces derniers mois. Dépouillée, la musique des Parisiens s'appuie sur un chant crié sans artifice et sur des guitares claires qui alignent de très bons riffs mélodiques. L'absence de toute distorsion n'est en rien une lacune et éclaire tout ce bordel d'une pureté accrocheuse qui te permettra de passer ça en soirée sans te faire insulter. De la musique d'ado pour petits adultes, de la musique d'adultes pour grands enfants, bref, si Fonzy se faisait un tatouage sur le torse, ce serait sûrement "Youth Avoiders". Tu l'as ?
Avant d'écouter les 2 tueries, juste en dessous, sache que les YA sortiront en novembre un EP sur Build Me A Bomb records et Destructure records.
Youth Avoiders by thelightcarrier
jeudi 30 juin 2011
Touché Amoré - Parting the Sea Between Brightness and Me
C'est en rôdant à visage masqué dans des recoins peu glorieux de tumblr (à savoir la zone contrôlée par des hordes à frange d'emo-teen US) que je suis tombé sur des extraits du nouveau Touché Amoré. Il semblerait que le lyrisme teinté de désespoir du groupe de hardcore/screamo touche particulièrement les adolescentes habituellement occupées à poster leurs seins via Instagram.
20 minutes et 13 titres qui m'ont très vite réconcilié avec le screamo. (Oui vous savez, on était un peu fâchés lui et moi depuis qu'Envy joue du Joe Dassin) Très court donc, PtSBBaM se doit de compenser en intensité, ce qu'il fait sans mal, grâce à une production très propre, des titres hardcore mélodiques ardents et surtout ce chant (parfois un peu monotone) qui mène la barque Touché Amoré avec emphase et une certaine affliction assez poignante.
On retrouve en fait deux recettes ici : le passage en force d'une part (chaotique mais pas dénué d'émotions pour autant) et des titres plus calmes de l'autre, où le tempo ralenti permet de faire entrer en scène un piano, des arpèges plus fins et de peaufiner le feeling très sombre de l'album. C'est en cela que Touché Amoré est un groupe sortant du lot des coreux tristes, en parvenant à caser des dizaines d'idées et d'émotions dans des morceaux ne dépassant que rarement les 2 minutes sans que cela soit étouffant ou bancal. Une réussite sans aucun doute.
mercredi 18 mai 2011
Peste Noire - Ballade cuntre lo Anemi francor
Pour patienter avant un nouvel album à l'artwork ( http://bit.ly/iE3ZDO ) prometteur, revenons un peu sur le dernier effort en date de Peste Noire (ou Kommando Peste Noire), Ballade cuntre lo Anemi francor, sorti en 2009. Peste Noire est avant tout le projet d'un homme, La sale Famine de Valfunde. Pas mal de noms intéressants sont passés par là comme Neige (Amesoeurs, Alcest) ou Sainte Audrey-Yolande de la Molteverge (Amesoeurs) mais Famine reste seul maître à bord de cette triste galère.
Ballade... est l'album le plus à vif de K.P.N, et le plus riche. Certes La Sanie des siècles - Panégyrique de la dégénérescence, le premier album, était un excellent album de black metal français, mais ici on vient se vautrer dans une toute autre fange. La production s'en ressent d'ailleurs puisqu'on est face à l'album le plus crassouille des trois. Crassouille te dis-je.
AU SUBLIME PAR LE PUTRIDE, AU SPIRITUEL PAR L’IMMONDICE
Telle est la devise du groupe, un horizon d'attente que leur musique comble parfaitement. Amalgamant ce qu'il y a de plus laid et de plus bas chez l'homme, Famine fait émerger une étrange beauté. Pourtant il est puant cet album, à la fois médiéval et urbain, paramilitaire et poétique, avec sa musique brunâtre détournant les chants nationalistes ou royalistes dans une sorte de grande farce masquée de la France d'Oïl. Un black metal rance habité par une folie punk bien sale sous les ongles, mais fier et fort malgré la fièvre. Le malin est ici laissé en arrière-plan, en creux, en cœur, au profit d'un nationalisme oldschool (mais alors vraiment oldschool). Peste Noire n'est pas un groupe NS, loin de là, mais un groupe extrême considérant le retour à la terre, l'intégrisme et les préceptes nationalistes comme continuité logique du black metal français. Ce délire malade s'enroule dans un folk cru et érudit.
Ballade est encore une fois un album très littéraire, reprenant un poème de François Villon ou un texte de Verlaine magistralement mis en musique.
L'identité de Peste Noire n'est plus à trouver, Famine a parfaitement su restituer tous les démons qui l'habitent, toutes ses peurs, ses convictions, sa hargne, en en gardant un peu on l'espère, pour l'album à venir.
jeudi 18 novembre 2010
Deathspell Omega - Paracletus
Groupe phare de la scène black metal française, Deathspell Omega frappe un grand coup avec Paracletus. Troisième album des poitevins, il marque la fin d'un cycle et clôt la trilogie entamée en 2004 avec Si monumentum requires, circumspice. Un dernier sacrifice, une dernière offrande comme point d'orgue, comme la sacralisation et la consécration de toute une attitude, toute une démarche d'expérimentation qui a produit certaines des plus belles pièces de black metal des 10 dernières années.
C'est avec Si Monumentum... que Deathspell Omega franchi un premier cap et pose la première pierre de son trône. Extrêmement violent, il laisse toutefois la part belle à des plages plus progressives, redéfinissant totalement la musique du groupe. Ambitieux, malsain, il lacère sur plus de 70 minutes tous les acquis de D.O, jusqu'à maintenant adeptes d'un black metal classique, de bonne facture mais pas folichon.
Son contrepoint, Fas - Ite, maledicti, in ignem aeternum, pousse encore plus loin les limites de la musique extrême en offrant l'album le plus possédé jamais produit par le groupe. Là où Si Monumentum explorait le rapport de l'homme à Dieu, Fas explore celui au Diable. Metal d'avant-garde, black metal expérimental, Fas a fait couler beaucoup d'encre et a mis en émoi un bon nombre de metalheadz obtus qui ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait. Pourtant, le message était très clair : D.O s'éloigne du black metal, D.O s'éloigne de la sclérose de la fin des années 90's pour révolutionner, à l'instar d'autres hordes gauloises telles Spektr ou Blut Aus Nord, la musique extrême.
Après plusieurs EP et collaborations diverses, Deathspell Omega revient en 2010 avec Paracletus, synthèse et dépassement des deux premiers opus. Synthèse puisqu'on y retrouve la hargne dévastatrice et franche de Si Monumentum et le chaos incontrôlable de Fas. Dépassement car on sent une maîtrise dans les compositions, dans les structures, dans la production même, qui font de Paracletus une évidence, et ce dès la première écoute. Première constatation : les parties les plus ambient de Fas ont disparues. Le D.O nouveau est plus consistant et cohérent que son prédécesseur. Paracletus s'écoute d'ailleurs comme une seule pièce, certaines pistes se faisant écho tout au long de l'album.
La production chaude et ample assimile parfaitement le fléau brutal mais varié de la batterie (ajoutant aux blast furieux des relents presque jazz fins et ouvragés) avec des guitares cristallines et des arpèges malsains rappelant les dernières saillies de Virus. Le riffing brille par son intelligence et sa finesse, en faisant un des atouts majeurs de l'album, sûrement le plus mélodique du groupe. La basse, prédominante, repousse encore un peu plus le spectre du black metal traditionnel, et confère à l'album une étrange chaleur malade et fiévreuse.
Les syncopes et soubresauts épileptiques de Fas sont amalgamés, absorbés dans un mouvement ample et naturel permettant de passer d'instant purement carnassiers et linéaires à des mid-tempo rompus sans perturber le moins du monde.
Le chant quant à lui joue sur la puissance d'évocation des hurlements typiquements black metal et d'un spoken-word français âpre et théâtral, seyant parfaitement à l'atmosphère de l'album.
Il souffle sur ce disque un vent de folie et de détresse encore jamais atteint par Deathspell Omega. Plongée à l'aveugle dans des profondeurs perverses, Paracletus parachève une trilogie de manière majestueuse, faisant du groupe français un jalon, un groupe charnière, crucial dans l'histoire de la musique extrême.
mardi 26 octobre 2010
The Third Eye Foundation - The Dark / 2010
S'il était un song-writer à retenir de ses dernières années, ce serait conteste Matt Elliott, qui a su, en l'espace d'une trilogie (Drinking Songs, Failing Songs et Howling Songs) redéfinir la folk en s'ancrant profondément dans les musiques traditionnelles européennes, italienne, grecque ou slave. Expérimentateur de génie, Matt Elliott est cependant avant tout l'homme d'un projet électronique, the Third Eye Foundation, plus ou moins léthargique depuis 10 ans et son génial Little Lost Soul. Aujourd'hui, tTEF revient avec The Dark, un album plus mélodique que les précédents, et fortement influencé par la folk hantée du Bristolien. Encore une fois, il a fait appel à Uncle Vania pour un artwork splendide qui assure une cohérence et une continuité avec l'esprit des ses travaux folk.
The Dark se construit autour de 5 mouvements (entre 4 et 12 minutes) aux atmosphères très denses, presque chargées, encombrées de boucles spectrales, de chœurs des cavernes, de cordes des catacombes, triturées, résonnantes. Elliott égratigne le drum'n'bass en le noyant, maniant avec toujours autant de talent la sculpture du bruit audible, de l'harmonie dans le chaos. L'identité et le style particulier de tTEF sont toujours là, avec ces mélodies classiques relativement lentes et ce goût pour les ascensions sonores, en palimpseste, jusqu'à l'implosion, mais Elliott fait mûrir son projet, forcément plus sombre, définitivement hanté (bis) et intemporel.
Tout l'intérêt de cette musique est ici, dans cette bipolarité, entre les beat nerveux et dansants et l'ampleur symphonique des strates de boucles.
Malgré tout cela, on ne peut s'empêcher de rechercher en vain la sensibilité, la puissance d'évocation des différents Songs préférant à la tempête électronique, l'intimité acoustique et les arrangements éthyliques d'Elliott et de ses albums folk.
Sortie le 8 novembre, dispo en pré-commande ici : http://www.icidailleurs.com/
jeudi 9 septembre 2010
1=0 - sec
C'est pas vraiment une nouveauté mais c'est un putain de coup de poing. On commence à avoir l'habitude pourtant, de tomber sur du rock français de qualité. Ça va pas être facile de pas cracher sur les groupes en carton qui sont censé être la relève du rock fr (coucou BB Brunes) tant l'autre versant du rock français, vif et acéré, rivalise d'inventivité et de hargne.
1=0 joue dans la cour des bons, la cour de feu-Diabologum, la cour des expérimentations de Michniak, la cour de la détresse galopante de Michel Cloup et d'Experience. J'avais envie de vous dire que les instru étaient le point fort de 1=0 tant la production est tranchée, tant les guitares te coupent comme une A4 entre l'index et le majeur, tant les mecs essaient d'inventer, de syncoper, de changer. L'émotion véhiculée par les compos rappellent parfois les plus fougueux morceaux du Kaolin des débuts ou le talent d'orfèvre d'Agora Fidelio. Je pourrais vous dire que les instru sont le point fort mais ce serait mentir. Le chant d' 1=0 innove et marque encore plus que la musique. Un chant qu'on peut rapprocher des spoken-words emballés de Diabologum, mais avec une scansion encore plus hachée et crue. Ouais, ça peut déstabiliser un peu au début mais il n'y a pas plus adapté que ce chant contraint, retenu, parfois maladroit. Détresse/urgence/violence, moi je signe et j'en redemande.
Vous trouverez de l'audio et des dates des concerts à venir ici : http://www.myspace.com/unegalzero
Produit
1 = 0 | MySpace Music Videos
jeudi 27 mai 2010
These New Puritans - Hidden
Je me souviens d'un mec qui avait qualifié les puritains de "redoutablement inoffensifs". Il faut dire que Beat Pyramid, leur premier effort n'arrive pas à la cheville de l'album chroniqué ici. Toujours est-il que votre serviteur avait su y déceler un potentiel monstrueux, déroulé ici avec brio.
Hidden c'est quelques centaines de personnes, entre 20 et 30 ans. Ils sont de taille moyenne, tous cintrés dans leurs uniformes gris. Pâles, inexpressifs, ils se tiennent en ligne, droits et fiers, mais de cette fierté éteinte, presque passée. Dans cette grande pièce sombre, ils vont essayer de danser, dance-floor fasciste, engoncés, gênés par leurs bras maigres et leurs bottes cirées trop étroites. Sur quoi peuvent-ils danser? Sur quoi peuvent-ils danser? Sur quoi peuvent-il danser? Sur un squelette de musique, un rock orchestral famélique et militaire raclant les débris industriels pour assembler d'éphémères structures dubstep auxquelles on ne croit pas. Comme des machines essayant d'imiter des humains, des rouages imitant de la chair. Ils sont portés vers un déhanchement mécanique, robotique et froid qui transpire une sueur glacée et amère. Des auréoles se forment sous leurs bras et leurs mèches blondes brunissent en balayant leur front, alors que des chœurs hantés essayent de nous faire croire à un semblant d'âme. Les dagues sont dégainées dans cette transe morbide, lacèrent les étoffes rugueuses, et du sang jailli soudain, noir, épais. En sombrant dans ses harmonies classiques, aux sons doux des hautbois, ces pantins souillés de sueur, de salive et de sang glacé font jaillir une chaleur presque animale, et parviennent, au prix d'un effort laborieux, à atteindre un semblant de grâce.
samedi 15 mai 2010
Medications - Completely Removed
Beau petit objet que ce Completely Removed, qui vient donner une belle leçon de rock intelligent à toute une scène post-punk indie noyée dans les gloubiboulga disco-africains ratés. Ici les influences africaines (Long Day) sont diluées dans un rock ensoleillé et mélodique très fins. Le chant rappel parfois Phoenix, et les expérimentations liées à leurs origines math-rock ne dissimulent que très peu les vélléités pop du trio. Ce qui est agréable avec Medications, c'est cette impression d'écouter de la pop sans avoir l'impression qu'on se fout de notre gueule. Le talent de songwriting certain nous incite dès la deuxième écoute à fredonner certains titres comme si on les écoutait depuis des années. Sûrement un signe.
mardi 11 mai 2010
Deftones - Diamond Eyes
Je vous avoue qu'il m'a fait un peur ce nouveau Deftones. J'ai bien cru que pour la deuxième fois je serais déçu. Si l'éponyme m'avait surpris, il s'était très vite montré à la hauteur de ses prédécesseurs, ce qui n'est pas le cas pour Saturday Night Wrist qui, malgré de très bon morceaux, ne parvenait pas à trouver cette cohérence propres aux autres albums. Diamond Eyes a failli me décevoir mais il n'en est rien. On parle partout de "retour en arrière", et ce n'est pas faux, les premières écoutes sont sabordées par la production monstrueuse mettant en avant des riffs simples, ultra-plombés, mais rappelant plus la violence teenage basique de Bored ou 7 Words que la finesse des derniers albums. Après deux écoutes j'ai d'ailleurs reposé Diamond Eyes, avec la sensation de tenir entre les mains un disque bâclé (la faute ou pas aux difficultés rencontrées par le groupe sans son bassiste de toujours etc.)
Et puis je l'ai repris ce disque, quelques semaines plus tard, pour constater que derrière ses guitares de bûcherons se cachaient des arrangements ciselés et, surtout, un retour en force de Moreno et de ses lignes de chant poignantes. On ne peut pas nier un certain ralentissement dans l'évolution de Deftones, Diamond Eyes se démarquant des derniers albums par un éclat brut, direct et hargneux. Ce que j'avais pris comme un défaut lors des premières écoutes n'en est pas un. Deftones retrouve ici une cohérence que n'avait pas Saturday Night Wrist. On sent l'album habité par une présence, une aura, beaucoup plus franche que sur son prédécesseur, lui un peu trop éparpillé pour être honnête.
Coucou
Coucou
Coucou hibou coucou, vivement la suite.
Si tu ne l'as toujours pas écouté (MER IL ET FOU) voilà un petit aperçu :
mardi 9 mars 2010
The Souljazz Orchestra - Rising Sun
Diantre qu'il est bon ce Rising Sun! Fichtrement langoureux, diablement dansant ce quatrième album des TSO. Savant dosage d'afro-beat fébrile (référence aux Egypt 80 et à la famille Kuti inévitable), d'ethio-jazz exalté (certains titres portent l'empreinte de Mahmoud Ahmed) et d'une larme de muzak lounge flirtant avec le kitsch. La contrebasse entêtée s'accroche à ses trois notes qu'elle va répéter jusqu'à la démence, les cuivres magistraux brament puis chuchotent, soutenus par une myriades de percussions tropicales qui finissent de nous perdre. On ne sait plus trop où on est, hagard en plein jet lag entre Addis-Abeba et Rio, avec James Brown dans la soute et Mulatu Astatke en steward. Rising Sun est d'autant plus appréciable qu'il est empreint d'un mysticisme forcément afro, animiste et radieux qui doit faire des concerts de l'orchestre de véritables cérémonies hypnothiques. Les mecs de Nova doivent être priapiques depuis un mois et ils ont raison. Ah tu voulais du easy listenning sans corpsepaint? En voilà!
dimanche 27 septembre 2009
Der Blutharsch : Der Sieg des Lichtes ist des lebens heil ! (1998)
Pièce maîtresse de Julius, considérée par beaucoup comme son chef d’œuvre, Der Sieg continue d’explorer les sombres sentiers d’un indus martial épique teinté de dark ambient. Ce nouvel effort de DB se démarque de son prédécesseur par un engagement beaucoup plus marqué de la musique. Plus diversifié, Der Sieg met l’accent sur des compositions volontaires et franches. Les percussions martiales prennent une place encore plus importante, conférant à l’album une dynamique bien plus tranchante, parfois emballée, restituant parfaitement une ambiance guerrière et mélancolique. Julius utilise toujours les sample de discours militaire, mais là encore, l’apparition de chants rituels quasi-mystiques permet à la musique de Der Blutharsch d’étendre son spectre et de véritablement se déployer.
L’artwork guerrier retranscrit parfaitement l’atmosphère de l’album qui, il me semble, s’ancre cependant plus dans le conflit de la 2nde Guerre Mondiale que dans les luttes antiques ou médiévales. Il suffit pour cela d’écouter la première piste de l’album, reprenant le morceau Lily Marleen, fort populaire auprès des troupes de la Wehrmacht et que le régime Nazi avait tenté d’interdire. Premier véritable album de Der Blutharsch (les morceaux de First ayant été composés, à l’origine pour The Moon Lay Hidden…), Der Sieg est un coup de maître, un album rempli jusqu’à la gueule, exigeant et passionnant.
jeudi 10 septembre 2009
Counterblast - Balance of Pain
Il suffit de l'intro pour se faire prendre au piège. Trois accords simplistes, et des cris féminins à te foutre la chair de poule. C'est tout ce dont ce cd à besoin pour te chopper par les couilles et ne pas te lâcher. Ici, on a beau appartenir à la scène suédoise mid-90's (fourmillant de formations adeptes d'un crust-punk emballé) on ralenti sensiblement le rythme (bon, ça défouraille sec une bonne partie du temps mais c'est important de le noter). Avec une bonne assise hardcore-punk d'où jaillissent des samples indus glacés et des guitares métalliques heavy as fuck on touche du doigt le mélange parfait. Counterblast c'est aussi une dose de death bien vilain sans oublier les incursions instrumentales jazzy et pas mal de petites touches Neurosiennes ( pour les nostalgiques des grondements d'Edwardson, jettez une oreille au doux Disembodied, ça marche aussi pour ceux regrettant les samples tribaux de la bande à Von Till ou ceux se touchant sur les gros barbus).
Sweden owns yeh.
vendredi 28 août 2009
Arctic Monkeys - Humbug
Le premier album des minets/lads from Sheffield était dansant. Point. Rien de bien folichon, de la fougue boutonneuse, quelques ballades neuneu, bref, pour l'originalité on repassera.
Leur second album m'avait un peu fait tendre l'oreille. Un peu, puisqu'à quelques détails prêt, la recette était la même. Nos pauvres britons du nord exploitaient à grand coup de brit-rock énervé-mais-gentil le filon (plus que rentable) qui les avait vu intronisés relève du rock'n'roll par une presse unanime et toute mouillée. Un peu comme les Strokes, sauf que leur premier album était bon (un détail qui compte).
Et puis il y a ce troisième album. Humbug. Et là, la donne n'est plus du tout la même. Fini la grisaille emmerdante de Sheffield, on embarque pour les Amériques et on va composer dans le désert chez notre pote/producteur/rouquin préféré : Josh Homme. On laisse pousser les cheveux et la barbe, on enfile notre plus beau t-shirt du Sabbath et surtout, on arrête les morceaux de retardés pour dance floor. Les Arctic Monkeys ne vous feront pas danser cette année et c'est tant mieux. La cadence se ralenti sérieusement, le chanteur, s'il conserve son accent poisseux, ne crie plus en permanence et se permet de judicieuses descentes dans les graves.
Derrière la console, Josh fait des miracles : il donne une épaisseur, une âme au son des singes. Les guitares fantomatiques habillent une base rythmique basique mais pertinente, les chœurs discrets (Homme pousse quelques gémissements de temps à autres) enrichissent des compositions plus alambiquées qu'avant (attention hein, ça reste pretty easy listenning, faut pas déconner) et les orgues hypnotiques finissent le boulot en nous emmenant décidément bien loin des briques rouges d'une suburb anglaise.
A l'exception d'un titre emballé digne des premiers albums (heureusement rattrapé par un pont instrumental d'une lourdeur jouissive) le reste de l'album tend vers un rock désertique aux relents de QotSA, de ballades hantées qui sentent le grenier et la poussière.
Cet album est loin d'être une complète réussite. Il arrive qu'on s'ennuie, qu'on grimace (le chant est parfois imblairable, notamment sur DANGEROUS) mais Humbug recèle aussi plusieurs petites pépites qui se dévoileront progressivement et qui ont le mérite de mettre à jour un nouveau visage des Arctic Monkeys, un peu moins putassier, un peu moins facile, bien plus intéressant.
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