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lundi 10 septembre 2012

Hexvessel - No Holier Temple






J'aurais pu l'année dernière chroniquer le premier album de Hexvessel, Dawnbearer. Aveuglé par le Malin, j'avais préféré garder pour moi cet album qui était malheureusement passé à la trappe. Un tort que je vais tenter de rattraper ici avec No Holier Temple, nouvel album du groupe finlandais tout aussi réussi que son prédécesseur. 

Hexvessel est un projet de neofolk psychédélique mené par le plus finlandais des britons, Mathew "Kvohst" McNerney, qu'on connait mieux pour le poste de chanteur qu'il occupe au sein du groupe de black metal avant-gardiste Dødheimsgard. La musique de son nouveau projet est à l'image de son line-up fourni (ils sont 8) et il est bien délicat de dessiner les contours d'Hexvessel d'une ligne claire. 

Le socle premier du groupe est taillé dans un folk primitif et ésotérique duquel poussent de longues excroissances psyche. Première constatation, ces excroissances ont bien poussées et l'orgue se joint aux guitares pour consolider la facette rock du groupe. D'ici, No Holier Temple erre vers le doom, la country, le blues, sans jamais se départir de sa grâce et de son homogénéité. 

La richesse et le foisonnement de l'album ne gâtent en rien sa subtilité. Une belle réussite tant les détails foisonnent, et tant cet album aurait pu s'apparenter à un amas étouffant et bordélique. À la manière de Matt Elliott, Hexvessel parvient à fondre dans sa cérémonie animiste les mélancolies slaves, italiennes et américaines, toutes tendant vers le folk électrifié des Finlandais. 

Les arrangements et les chœurs, extrêmement travaillés, restent naturels et évidents. On ne sort jamais de cette beauté de brindilles et de mousses, où la perfection et la maîtrise semblent bricolés. Un sentiment qui tient sûrement au fait que la prod organique fait écho aux prod rock 70's.

Autre point fort pour Hexvessel, la voix de Mc Nerney. C'est le dénominateur commun qui balise le sentier (un peu surprenant parfois) qu'est No Holier Temple et une belle démonstration du talent protéiforme de Kvohst.

Ce second album est une église à ciel ouvert, un temple vert dressé au cœur de la forêt, qui méritera sûrement plus qu'une écoute distraite pour livrer tous ses secrets.

Sortie prévue chez Svart Records le 14 septembre. En attendant, l'album s'écoute ici.


mercredi 29 février 2012

S/V\R - Perdue/Abattue ∙ Preterite - Pillars Of Winds


Salutations, je suis François, le petit nouveau, celui que vous pouvez insulter et houspiller sans retenue. N'hésitez pas, c'est sur ma fiche de fonction. Mieux encore, le sympathique taulier me file un bonus sur salaire à chaque fois que vous me faites chialer.

 Je commence ici avec un post sur mon pays d'adoption, le Québec. Qui rivalise easy avec la Norvège en termes de bêtes sauvages et de paysages glacés. Vous avez déjà campé dans la nuit polaire  avec les loups qui hurlent pas très loin? Ça vous forge un peuple. La Belle Province donc, avec des groupes qui se taillent peu à peu la part du lion dans la scène obscure mondiale. Ensorcelor, Forteresse et Akitsa, déjà, pour ne citer qu'eux. Et puis Menace Ruine, duo au parcours impeccable, bâtissant sans relâche des tourelles de bruit blanc et d’incantations mystiques. Depuis Union Of Irreconcilables, on a pu croiser Steven de la Moth et Genevieve Beaulieu au sein de leurs side-projects respectifs, explorations passionnantes hors des sentiers de fureur tracés par Menace Ruine.





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D'un côté S/V\R, entité synthétique avec déjà deux tapes au compteur, la dernière en date sur Handmade Birds Records (Der Blutharsch, Circle Of Ouroborus, Blut Aus Nord). L’histoire de la lutte entre l’homme et la machine qui se perpétue sur la bande magnétique. Leur son s’équilibre sur le rapport de force et de soumission, c'est à qui cédera le premier. Chanoine et Futur S. ont revêtu des gants d’acier, histoire d’envoyer valser quelques touches de claviers au passage et de se faire sauter les molaires. Pour la beauté du geste. Ça cogne dur, très dur, on encaisse les chocs avec eux, silencieusement. On crache dans un seau, on remonte sur le ring, avec la discipline et l’entêtement du combattant. Passés les décharges de violence pure, reste cette synthwave baisée, pour ceux qui ont toujours préférés les caves aux discothèques. Et qui de tout de façon, n’ont jamais vraiment su danser.




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Preterite s’envisage comme une ramification organique des expérimentations de Menace Ruine. Ici, James Hamilton taille des paysages droniques à la serpe rouillée, avec une préférence marquée pour les consonances traditionnelles. Les fameux pilliers de vent, brassés depuis un harmonium indien et d’un kemençe grinçant, tracent les limites d’un territoire où l’ascétisme et la lenteur font figure d’autorité. Il faut faire le vide pour laisser les imprécations hypnotiques de Geneviève Beaulieu emplir l’espace. L’appel de la sirène vers une terre promise pour tous les clébards damnés rêvant de cérémonie paiennes. De rites ancestraux où nous vomirons ensemble les restes de notre vie moderne pour revenir au primitif, à la vérité près de l’os et de la terre.